RDC : l'artiste Emmanuel Botalatala estime que "L'art peut contribuer à sauver la République démocratique du Congo"

"L'art peut contribuer à sauver la République démocratique du Congo", estime l'artiste plasticien kinnois Emmanuel Botalatala, qui est arrivé en Belgique pour la sortie du documentaire que lui a consacré le réalisateur belge Quentin Noirfalisse. Les oeuvres de celui qui se fait appeler le "Ministre des Poubelles", en référence aux déchets qu'il utilise pour composer ses reliefs, seront exposées au Kuumba, à Ixelles, jusqu'au 7 juillet.
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Emmanuel Botalatala est né en 1951 à Yalisingo, dans la forêt tropicale. Atteint de la polio dès son plus jeune âge, il a découvert la couture et le bricolage à l'école primaire. Parti vers 20 ans à Kinshasa pour étudier, il travaillera ensuite dans l'enseignement et le secteur bancaire.

Durant une période d'inactivité, il entreprend de décorer son appartement avec des objets de récupération. Au début des années 90, avec la libération de la parole à la suite de la Conférence nationale souveraine, Botalatala entame la création de tableaux à messages politiques et part à Kisangani pour étudier l'art didactique.

Coincé par les guerres qui se sont succédé dans la région, il ne retrouve la capitale qu'en 2004. Il reprend sa carrière artistique et commence à se faire connaître en Europe, notamment en Belgique et aux Pays-Bas, où il expose ses oeuvres, respectivement en 2007 et 2009. En 2013, il participe, à Londres, à la scénographie de la pièce "A Season in Congo", une adaptation de l'oeuvre d'Aimé Césaire.

A son retour, Botalatala traverse une période difficile liée tant à sa situation personnelle qu'à celle de son pays. C'est alors qu'il cherche un nouveau souffle pour réaliser des oeuvres plus politiques et rêve d'une structure culturelle pour accueillir ses créations qu'il rencontre le réalisateur belge Quentin Noirfalisse, qui s'était penché sur le milieu artistique congolais lors d'un stage au quotidien Le Souverain, à Bukavu.

"J'ai débarqué à Kinshasa en février 2014", se remémore le Verviétois, qui a été, dès sa découverte de l'artiste, "marqué par l'imaginaire qu'il développait", selon ses propres termes. "Les personnages caractéristiques, les couleurs très vives et surtout la frontalité de la critique présente dans les tableaux. On est toujours frappé par l'acuité et l'actualité du message qu'ils comportent. Les titres, écrits à l'instar des devantures de magasins de Kinshasa, jouent aussi ce rôle d'appât invitant à se plonger dans l'oeuvre."
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La bouillonnante capitale congolaise "est devenue la poubelle, avec des ordures partout", explique de son côté le personnage central du film. "Or nous vivons dans un siècle de rejet. Dès le début de ma carrière artistique, j'ai voulu dialoguer avec la poubelle, redonner une utilité, une fonction à ces déchets et proposer un regard interrogateur à une période où le climat, l'environnement se détériorent. Il faut tout recycler: l'homme, et en premier lieu les décisions politiques. En mettant en scène une décision, une loi, un travers, je contribue à amener ma vision, une solution qui émane de la masse."

L'artiste estime que l'art "peut donner l'étincelle aux pouvoirs publics" et leur faire comprendre qu'"un peuple se développe à partir de sa culture". "Il faut profiter de la vigueur des jeunes artistes actuels pour sauver le Congo."

Le "ministre" sera présent mardi au Vendôme, à Ixelles, pour l'avant-première du film. Durant tout le mois de juin, il donne des ateliers artistiques dans des écoles francophones. Il réalisera également une oeuvre d'art en direct à Forest, dimanche 11 juin, sur base des déchets du festival "Supermouche".

Toutes les informations et dates de projections sont disponibles sur www.leministredespoubelles.be. Deux soirées spéciales sont prévues au Quai 10 à Charleroi jeudi et le lendemain au Cinescope à Louvain-la-Neuve.

Belga

"L'art peut contribuer à sauver la République démocratique du Congo", estime l'artiste plasticien kinnois Emmanuel Botalatala, qui est arrivé en Belgique pour la sortie du documentaire que lui a consacré le réalisateur belge Quentin Noirfalisse. Les oeuvres de celui qui se fait appeler le "Ministre des Poubelles", en référence aux déchets qu'il utilise pour composer ses reliefs, seront exposées au Kuumba, à Ixelles, jusqu'au 7 juillet.