Le duel opposition-pouvoir dans les coulisses de l’ONU à New York

La lutte entre l’opposition et le pouvoir congolais s’étend à New York, où a lieu la 72ème Assemblée générale de l’ONU cette semaine. 

Léonard She Okitundu, encore lui, est arrivé dimanche à New York. Le chef de la diplomatie congolaise y représente ou précède le président Joseph Kabila, qui doit entre-temps officier la conférence pour la paix dans le Kasaï. On ignore si le Président congolais effectuera le déplacement pour les Etats-Unis, mais la présence du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères suffit à elle seule pour expliquer les enjeux de cette Assemblée.

En effet, le pouvoir congolais n’organisera pas les élections cette année comme prévu par l’accord du 31 décembre. Alors que la Communauté internationale fait pression sur Kinshasa, Joseph Kabila bat de son côté une campagne diplomatique “pour expliquer la situation“. Mais le Pouvoir congolais n’est pas seul à sillonner les couloirs des Nations Unies. De l’autre côté, l’opposition congolaise, emmenée par Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi, marque de très près les hommes de Kabila.

She Okitundu occupe cependant les devants de la scène. Le ministre congolais a sauté sur la première occasion pour s’afficher aux côtés de Didier Reynders, son homologue belge qui est à la tête de la ligue internationale anti-Kabila. Un tête-à-tête d’environ une heure a lieu hier. Rien n’a toutefois filtré. Néanmoins, la Belgique, comme la France, ont ouvertement fait savoir qu’elles plaideraient pour la publication du calendrier électoral, une pression supplémentaire contre Kinshasa.

Il y a également le dossier des experts de l’ONU assassinés en mars dernier dans le Kasaï. Les familles de deux victimes réclament une enquête internationale indépendante, alors que Kinshasa s’y oppose. La situation tendue dans cette région du centre de la République démocratique du Congo préoccupe tout autant la Communauté internationale.

Du côté de Moïse Katumbi, aucune rencontre officielle n’a été enregistrée. Pour occuper l’espace médiatique, les opposants ont publié ce mardi un communiqué reprenant grosso modo les griefs habituels contre le régime de Kinshasa. Et alors que le pouvoir laisse entendre que la publication d’un calendrier pourrait intervenir “dans les jours à venir”, la coalition de circonstance, entre les deux cadres du Rassemblement et ceux de la Société civile, signataires du Manifeste Citoyen, a fait clairement savoir qu’elle n’accepterait aucun calendrier électoral allant “au-delà de décembre 2017”.

Entre-temps, la semaine risque d’être longue à New York où tous les regards des Congolais sont braqués, dans l’attente d’un dénouement qui devrait soit donner du crédit au prochain report des élections en RDC, ou une nouvelle pression contre le régime Kinshasa, susceptible de requinquer l’opposition qui prévoit des “actions de terrain” dès la semaine prochaine.

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La lutte entre l’opposition et le pouvoir congolais s’étend à New York, où a lieu la 72ème Assemblée générale de l’ONU cette semaine.