Mgr Fridolin Ambongo: le dialogue sert à certains de tremplin pour se maintenir au pouvoir

Le vice-président de la CENCO, Monseigneur Fridolin Ambongo réfute l’idée d’engager à nouveau les Évêques dans une nouvelle forme de dialogue à l’objectif du 31 décembre 2017.

Dans une interview exclusive accordée à ACTUALITE.CD, le vice président de la Cenco s’est montré très critique à l’endroit de la majorité dont il a jugé les intentions de maintien au pouvoir comme les seules motivations des dialogues à répétition.

Pour lui, la mission de la Cenco par rapport au dialogue du Centre interdiocésain n’a pas été terminée à cause des visées de maintien au pouvoir.

« On ne peut terminer une mission avec des gens qui ne se servent du Dialogue que comme tremplin pour se maintenir au pouvoir”, a clairement dit le prélat.

Pour Monseigneur Fridolin Ambongo, dans l’état actuel de la situation, il n’y a visiblement aucune volonté d’aller aux élections.

« La Cenco s’est embarqué dans le dialogue parce qu’elle croyait que le dialogue était l’unique voie qui pouvait aider le pays à sortir de la crise. On termine un dialogue, mais on ne pense pas à sa mise en application (…) Nous ne regretterons jamais de nous être engagée pour la cause de notre peuple et nous continuerons à le faire ,nous regrettons l’irresponsabilité , l’insouciance de la classe politique par rapport à la crise que vit le peuple. On dirait qu’il flottent sur une autre planète”

Un 3ème dialogue n’a aucune utilité pour la Cenco, soutient Fridolin Ambongo. L’accord du 31 décembre est pour lui suffisant et ne souffre que de son application effective.

“La Cenco est une institution sérieuse . Elle n’a aucune intention d’aller se balader dans une assemblée ou de toute façon on sait qu’elle n’aboutira à rien. Qu’il y ait 3e ou 4e dialogue, cela n’aboutira à rien. La Cenco n’est pas disposée à se prêter à un jeu de cette nature. A moins qu’il y ait un autre type d’échange mais qui ne soit pas exactement ce qu’on a connu jusqu’à aujourd’hui. Mais pour le moment nous ne proposons même un autre type de dialogue parce que nous sommes convaincus que l’accord de la Saint Sylvestre reste d’actualité il suffit de l’appliquer”, a-t-il déclaré.

La Cenco n’a pas vocation à mener le peuple à la révolte

« La Cenco est entrain de réveiller le peuple mais ce n’est pas notre vocation de demander aux congolais de se révolter de façon désordonnée. Mais elle (Cenco) peut encourager tout ce qui est fait pour donner au peuple un peu plus de la dignité et de respectabilité du peuple sur la scène internationale« , Précise Fridolin Ambongo.

Pour lui, la Cenco avait cru à la bonne volonté des politiques

« Si nous avions eu le moindre doute de la mauvaise volonté des politiciens de ne pas aller aux élections la Cenco n’allait pas partir à ce dialogue. Elle y est allée par souci de la recherche de l’inclusivité”

L’archevêque de Mbandaka Bikoro a insisté sur la mission prophétique de la Cenco. Ce qui explique qu’elle ne va pas auprès des uns et des autres, mais poursuit néanmoins les contacts informels dans le but de trouver des solutions à la crise actuelle.

Rachel Kitsita

Le vice-président de la CENCO, Monseigneur Fridolin Ambongo réfute l’idée d’engager à nouveau les Évêques dans une nouvelle forme de dialogue à l’objectif du 31 décembre 2017.