Moïse Katumbi : « Il y a un temps pour tout et notamment un temps pour partir et quitter le pouvoir ! »

Dans un entretien accordé à France 24, Moïse Katumbi, figure de l'opposition congolaise, affirme que si le président Joseph Kabila n’organise pas une élection présidentielle d’ici au 31 décembre 2017, comme il s’y est engagé, il sera contraint au départ par la pression populaire. L'ex-gouverneur du Katanga, qui vit en exil, est lui-même candidat à la présidence de la République démocratique du Congo.

Si une élection présidentielle n’est pas organisée d'ici au 31 décembre 2017, Moïse Katumbi, l’un des principaux opposants congolais, promet de « faire appel à la rue » pour évincer le président Joseph Kabila. « Nous allons le chasser, nous allons faire appel à la rue car la Constitution le permet », affirme-il sur France 24, dénonçant un « coup d’État constitutionnel » en cours.

Avant d’ajouter : « Si le président Kabila n’organise pas des élections au 31 décembre, il y aura une transition sans Kabila. Nous allons faire appel officiellement au peuple congolais pour chasser le président Kabila », a-t-il martelé. L’ex-gouverneur du Katanga et richissime homme d’affaires passé à l’opposition en septembre 2015 a argumenté sa menace en citant l’article 64 de la Constitution stipulant que « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ». « Ce n'est pas une insurrection mais un droit constitutionnel », a-t-il tenu a précisé.

Concernant le discours du chef de l'Etat à l'ONU, l'opposant considère tout d’abord qu'il s'agissait « d'un discours vide » mais espère cependant voir, ne fusse que cette fois-ci, « le président respecté sa parole. » Au sujet de la non-ingérence étrangère dans les affaires de la RDC invoqué par le Président, l'ex-Gouverneur de l'ancienne province du Katanga juge cela incongru car d’après lui, « A quoi bon allez à New York pour demander le respect de notre constitution alors que lui-même ne respect pas la Constitution... » 

Au sujet d'un 3ème dialogue, le représentant du G7 reconnaît que lors de l'Accord de la Saint Sylvestre ils ont suivi « les conseils et mots d'ordre de la Communauté Internationale et de la France » et « privilégier l'intérêt du pays » bien que l'opposition n'était pas d'accord avec cette transition d'un an. Désormais, ils ne veulent plus des « distractions » du président de la République ni accepter que Joseph Kabila reste au pouvoir pour un jour de plus.

« Je ne suis pas d'accord avec le fait que l'on puisse poursuivre un ancien président »
Pour Moïse Katumbi, « Il est temps pour Kabila de partir parce que le Congo n'a plus besoin de dictature ». En outre, la Communauté Internationale, lors de la rencontre à huis clos sur la RDC, a été très claire là-dessus en appelant au respect de l'Accord de la Saint Sylvestre et l'organisation des élections dans les délais. Ce qui l'amène à la reflexion qu'il y a un temps pour tout et notamment « un temps pour partir et quitter le pouvoir ! »

L'opposant congolais estime néanmoins que si Joseph Kabila accepte de quitter le pouvoir, il faudra lui accorder l'immunité :« S’il part, je ne suis pas d’accord qu’on puisse poursuivre un ancien président et son entourage », a par ailleurs affirmé Moïse Katumbi. « S’il décide de partir, le président Kabila va rester au pays, il est sénateur à vie, et le président va continuer avec ses affaires », a encore précisé l’opposant.

Moïse Katumbi, qui est lui-même candidat à la présidence de la République démocratique du Congo,  a de nouveau annoncé que son retour au pays était « imminent ». « Je suis en train de préparer mon retour, c’est un devoir pour moi d’aller sauver un peuple qui est en train de souffrir », affirme-t-il.

Le contexte politique de la RDC ne cesse de se tendre à mesure qu’approche l’ultimatum de l’opposition, qui réclame le départ de Joseph Kabila d’ici à la fin de cette année et l’organisation de la présidentielle avant le 31 décembre 2017, comme le prévoit un accord politique conclu le 31 décembre 2016.

L'interview dans son intégralité :
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Marc Perelman
France24 / JA / MCN

Dans un entretien accordé à France 24, Moïse Katumbi, figure de l'opposition congolaise, affirme que si le président Joseph Kabila n’organise pas une élection présidentielle d’ici au 31 décembre 2017, comme il s’y est engagé, il sera contraint au départ par la pression populaire. L'ex-gouverneur du Katanga, qui vit en exil, est lui-même candidat à la présidence de la République démocratique du Congo.