Passeportgate : Le journaliste Botowamungu Kalome « démonte les mensonges du gouvernement »

Sur la toile, les Congolais sont vent debout suite à la décision du gouvernement d’invalider et de retirer de la circulation, quasiment sans délai, les passeports dits semi-biométriques. La  décision annoncée par un simple communiqué a été, ensuite, défendue par un deuxième  communiqué qui reprenait les arguments justifiant la décision. Des arguments « démontés » point par point par le journaliste Botowamungu Kalome installé en France.

Vous aviez été incrédule quand le communiqué relatif à l’invalidation des passeports semi-biométriques a été publié sur le  net, vous aviez même parlé d’un faux grossier…

C’était la réaction typique d’une personne qui surprend un père de famille en train de faire les poches de son épouse et de ses enfants.

Vous assimilez cela à un vol ?

Il existe le principe des droits acquis. Le passeport reste, comme partout, la propriété de l’Etat, cependant le gouvernement ne peut écourter sa validité sans dédommagement, sans contrepartie car il s’agit d’un droit acquis moyennant finances. Un contrat, on le respecte. L’Etat doit être juste et exemplaire et ne pas se comporter en gangster.

Le gouvernement met en avant la circulation simultanée des deux types de passeports qui poserait problème…

Un gouvernement avec un minimum de scrupules n’aurait pas recouru à un mensonge aussi ridicule. Faites le tour des chancelleries, vous ne trouverez pas une seule qui refuserait d’apposer un visa sur un passeport dit semi-biométrique. Aucune. En France, trois types de passeport circulent simultanément et sont tous acceptés partout y compris  aux Etats-Unis où ils sont très exigeants : passeport à lecture optique, passeport électronique et passeport biométrique. Les derniers passeports à lecture optique doivent être arrivés à terme récemment. Depuis la sortie du passeport électronique puis du passeport biométrique, les Français pouvaient demander le changement de leurs passeports à lecture optique par un passeport électronique ou biométrique. Ce changement était gratuit et le nouveau passeport reprenait la durée de validité restante du passeport remplacé.

Le passeport semi-biométrique ne serait pas fiable…

C’est quoi un passeport semi-biométrique ? Un passeport est biométrique ou ne l’est pas. Les éléments qui caractérisent un passeport biométrique sont la présence dans la puce des empreintes digitales, de l’iris, de la rétine et parfois de la main. Dès que le passeport contient un de ces éléments, il est biométrique. Le passeport biométrique français ne comporte que les empreintes digitales parmi ces quatre éléments. Le passeport appelé abusivement « semi-biométrique » est simplement l’équivalent du passeport électronique français qui comporte une puce dans laquelle sont stockées des données, mais aucune donnée dite biométrique. Des millions de Français détiennent ce passeport et voyagent partout sans aucun problème.

La lutte contre le terrorisme ferait partie des éléments qui ont pesé…

Des jeunes de la Lucha et de Filimbi avaient été accusés de terrorisme et incarcérés avant que Joseph Kabila ne leur dise personnellement qu’ils ne l’étaient pas pour lui ; un Américain proche de Katumbi avait également été accusé de terrorisme avant d’être relâché sans jugement et Bruno Tshibala y est également allé de son refrain en disant que les massacres du Kasaï étaient consécutifs à « une banale affaire de succession mais que c’étaient les terroristes qui tuaient »… La RDC est un grand pays, il faut arrêter de faire le pitre.

Rien ne tient, selon vous, dans l’argumentaire du gouvernement

Je vais citer un brillant avocat du barreau de Kinshasa « Le Président de la république, dont le mandat est expiré, doit rester au pouvoir et ne peut pas être remplacé. Mais nos passeports qui sont encore valides, on doit les remplacer… »

Actualité.cd

Sur la toile, les Congolais sont vent debout suite à la décision du gouvernement d’invalider et de retirer de la circulation, quasiment sans délai, les passeports dits semi-biométriques. La décision annoncée par un simple communiqué a été, ensuite, défendue par un deuxième communiqué qui reprenait les arguments justifiant la décision. Des arguments « démontés » point par point par le journaliste Botowamungu Kalome installé en France.