A Kinshasa, des chrétiens pleurent un homme de Dieu non conflictuel

La nouvelle de la disparition du révérend pasteur Joseph Olangi N’koy, décédé des suites d’une intervention chirurgicale au niveau du cœur, fait l’effet d’une bombe dans les milieux des chrétiens à Kinshasa. Les pasteurs et hommes d’églises approchés hier, lundi 2 octobre 2017, rendent grâce à Dieu pour avoir rappelé auprès de lui l’un de ses serviteurs qui se distinguait par son sens non conflictuel et par une forte observance de la crainte de Dieu.

Joseph Olangi N’koy faisait partie des pasteurs qui inspiraient beaucoup de générations des chrétiens en RDC, comme dans bien d’autres pays à travers le monde. Sa mort est perçue par certains pasteurs de Kinshasa comme un sérieux avertissement du ciel, celui de dire aux chrétiens de ne pas se lasser de marcher dans la crainte de Dieu.

"C’est avec beaucoup de consternation que nous avons appris la nouvelle de la mort de celui qu’on appelait affectueusement Papa Olangi. Cette disparition laisse un vide dans le cœur de l’église du Congo. Nous venons de perdre un homme de Dieu qui a largement marqué son temps. A travers son ministère beaucoup d’âmes ont été sauvées ", a indiqué Jhollyno Kasanga, pasteur responsable de l’église l’Adoration.

LES PLEURS AU MINISTERE DU COMBAT SPIRITUEL

A la Communauté internationale des femmes messagères du Christ (CIFMC), comme au Centre péniel, les communautés qu’il dirigeait avec sa femme, la servante de Dieu Olangi Wosho, la tristesse est perceptible depuis que cette nouvelle est tombée. Les fidèles de cette communauté se disent orphelins de celui qui était pour eux, à la fois père spirituel et encadreur sur le plan de l’intelligence de la vie.

"Nous étions loin d’imaginer que la mort pouvait en ce moment nous arracher celui qu’on aimait appeler Papa Olangi. C’était plus qu’un père spirituel pour nous. Au-delà de l’encadrement sur la manière de mener une vie chrétienne, cet homme de Dieu nous prodiguait beaucoup de conseils sur le savoir-vivre et le savoir être. C’est une grande perte pour nous. Que faire, nous remercions Dieu pour sa volonté ", a déclaré toute en sanglot, une fidèle de l’église.

D’autres pasteurs, interrogés dans la capitale congolaise, se félicitent de l’héritage spirituel que papa Olangi a légué à toute la communauté chrétienne de la RDC. "Ce que nous avons toujours aimé en cet homme de Dieu, c’est sa façon de conduire l’adoration à l’Eternel, son ardeur dans la recommandation aux fidèles de mener la vie de prière et de jeûne comme clé de toute délivrance ", ont-ils souligné.

"Papa Olangi restera à jamais un modèle des serviteurs de Dieu accomplis, respectueux de la parole de Dieu. Je n’ai cessé d’admirer son calme légendaire et sa décence dans l’accoutrement. Il insistait beaucoup sur la prudence. Car, disait-il, le diable rode tout autour de nous comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. D’où l’importance de mener une vie de combat spirituel permanent ", a indiqué le pasteur Jhollyno.

MARCHER SELON LA PAROLE DE DIEU

Il a saisi cette triste occasion pour appeler le peuple de Dieu à méditer sur le livre de Job 14/16-2. "Cette mort est une interpellation pour l’ensemble de la communauté chrétienne. Nous devons tous nous préparer. Jésus-Christ revient très bientôt. Nous ne savons ni le temps, ni l’heure où la mort va nous surprendre. Restons fidèles à Dieu ", a-t-il martelé.

L’histoire de la vie chrétienne du révérend pasteur Joseph Olangi N’koy commence vers les années 80 avec l’appel de sa femme Elisabeth Wosho. Cette femme démarre son ministère par la création de celle qu’elle a appelé, la Communauté des femmes messagères du Christ (CIFMC). Cette structure consistait, dans un premier temps, à proposer des solutions aux problèmes des couples.

Persuadé par l’activisme de sa femme, " Papa Olangi " a fini par rejoindre son ministère. Il va devenir le fondateur et président directeur général du centre Peniel, la branche masculine de CIFMC. 

CIFMC : LES FIDÈLES SONT TRISTES MAIS PAS ABATTUS 

Les activités se déroulaient normalement à la Communauté internationale des femmes messagères du Christ (Cifmc), 24 heures après l’annonce de la mort de Joseph Olangi N’Koy, fondateur du Centre Péniel. Un tour hier lundi 2 octobre au lieu du culte a suffi pour se rendre compte de la sérénité des fidèles et autres responsables du ministère du "Combat spirituel"...

Lundi 2 octobre. Une forte chaleur étreint Kinshasa. A la 17e Rue Limete, de petits commerçants, qui longent la clôture de l’école Bérée et la CIFMC, exercent leurs activités bercés par la musique religieuse que diffusent les tenants de cabines publiques établis de part et d’autre de la rue. Pendant ce temps, les fidèles du ministère de "maman Olangi" en file indienne, vont au culte "inscrit préalablement au programme des activités du mois et non dans le cadre des obsèques de l’illustre disparu...".

Pas de rameaux à l’entrée de l’école Bérée ni devant le "temple" de culte ni dans les parages du quartier général de CIFMC. Aucun signe de deuil n’est visible. L’absence des rameaux fait dire à certains habitants de Kingabwa que "la CIFMC n’est pas endeuillée". Même ambiance sur le lieu de prière. La journée ayant coïncidé avec le jour de culte, les fidèles de la Cifmc se sont mobilisés comme à l’accoutumée.

Depuis 15 heures, ils ont pris d’assaut le lieu du culte. Aucun message particulier concernant la mort de Joseph Olangi. Le prédicateur a suivi le déroulé normal du culte dominé par de fortes prières contre le diable qui, selon la doctrine du ministère du combat spirituel, est à l’origine de tout. Notamment la pauvreté, le chômage, la stérilité et le célibat.
Difficile donc dans cette ambiance de recueillir un témoignage des fidèles la plupart se montrent très méfiants à évoquer la mort du père spirituel.

Exception faite de certains membres du ministère œuvrant pour la "maison de Dieu". Pour eux, "la mort ne peut pas écraser un enfant de Dieu. Bien au contraire. Vous constatez vous-même que le programme du culte se déroule normalement. Cela prouve à suffisance que nous sommes vraiment une maison de Dieu", rapportent certains fidèles. Un point de vue aussi partagé par certaines filles du protocole qui estiment que la mort de Joseph Olangi ne peut en aucun cas "nous affaiblir". "Papa est parti se reposer après avoir accompli la mission pour laquelle Dieu l’a envoyé sur cette terre des hommes", ajoute une servante pourtant visiblement peinée par cette disparition. 
soc
Orly-Darel Ngiambukulu et Rachidi Mabandu

La nouvelle de la disparition du révérend pasteur Joseph Olangi N’koy, décédé des suites d’une intervention chirurgicale au niveau du cœur, fait l’effet d’une bombe dans les milieux des chrétiens à Kinshasa. Les pasteurs et hommes d’églises approchés hier, lundi 2 octobre 2017, rendent grâce à Dieu pour avoir rappelé auprès de lui l’un de ses serviteurs qui se distinguait par son sens non conflictuel et par une forte observance de la crainte de Dieu.