«Nangaa a pour mission de prolonger le séjour de Kabila au pouvoir» – Mayo (UNC)

Le député national Jean Baudouin Mayo Mambeke accuse Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), d’avoir reçu pour mission de prolonger le séjour de Joseph Kabila au pouvoir au détriment de la constitution. Dans une interview ce vendredi 13 octobre à ACTUALITE.CD, le président interfédéral de l’UNC ville de Kinshasa déclare qu’il revient au peuple de se prendre en charge pour mettre fin au régime de Joseph Kabila.

Corneille Nangaa annonce avoir besoin de 504 jours après la fin de l’enrôlement pour pouvoir organiser les élections. Comment réagissez-vous ?

Sincèrement, je dois dire ceci, quand nous sommes allé aux négociations à la Cité de l’Union africaine, Corneille Nangaa avait dit qu’il terminerait l’enrôlement en juillet 2017 et, de là, il aurait besoin de 504 jours pour tenir les élections. Nous n’avions pas accepté ça. Nous avions mené une rude bataille contre lui et nous avons réduit jusqu’en avril 2018. Lui, il voulait que les élections ne se tiennent pas avant novembre 2018, nous avions dit que c’était trop loin. Nous, nous voulions que les élections aient lieu au plus tard en décembre 2017. Et, après débats et négociations, on a trouvé bon en avril 2018. Cet accord n’a pas été exécuté, il a été remplacé par l’accord de la Saint-Sylvestre où on est rentré au délai de décembre 2017. Maintenant,  Nangaa,  seul dans son bureau ou je ne sais où, va dire que  les élections auront lieu dans 504 jours après l’enrôlement du dernier électeur. Vous comprenez que nous sommes dans un pays déréglé, un pays où tout le monde est faiseur de lois, c’est curieux. Comment Nangaa, un expert et président d’une commission indépendante, mais bien sûr d’une institution d’appui à la démocratie,  peut-il décider du sort de tout le monde ? Nous estimons alors que c’est exagéré dans la mesure où aux négociations de la Cenco, Nangaa y était.

C’est selon les données à sa possession qu’il estime que les élections sont impossibles à tenir en 2017, conformément à l’accord….

Quelles données à sa possession ? Avant de dire ça, Nangaa devait se concerter avec les uns et les autres parce que la question relève du dialogue, et le dialogue s’est prononcé là-dessus. Lui seul peut-il modifier ce qui a été convenu au dialogue ? Il faut être dans ce pays pour le vivre.

Ça devrait se faire dans quel cadre alors parce que, lui, il l’a fait pour sa part comme institution, la Ceni ? En attendant la  tripartite est annoncée pour la semaine prochaine…

Nangaa et la Ceni doivent exécuter la volonté politique commune. Nangaa n’a jamais rien fait pour qu’il y ait élection dans ce pays. Il ne fait que trouver des subterfuges pour renvoyer le plus loin possible les élections. La Ceni est devenue une institution de renvoi sine die des élections. La Ceni a pour mission d’organiser les élections mais elle refuse d’organiser les élections, et se donne la mission de repousser les élections.

Mais en réalité c’est devenu  impossible d’organiser les élections en 2017 ?

Ça devient impossible pourquoi ? Parce que Nangaa ne veut pas les organiser. Il attend, il ne fait que dilater le délai.

Et qu’est-ce qui va se passer maintenant ?

Vous connaissez la constitution de la République démocratique du Congo. Parce que tous ces stratagèmes, c’est pour prolonger le séjour de Kabila à la tête de la République démocratique du Congo.

Comment faire pour limiter ça ?

Il y a l’article 64 de la constitution, le peuple doit se prendre en charge, comme l’avait dit Mzee

Le peuple qui semble être  refroidi ?

Même s’il est  refroidi, il va s’assumer,  c’est son pays. Le peuple doit se mettre debout comme le lui avaient dit les évêques, pour  balayer tout le monde, Nangaa y compris, parce qu’il joue le jeu de la majorité. Si le peuple voudrait que Kabila s’éternise, cela dépendra du peuple.

Stanys Bujakera Tshiamala

Le député national Jean Baudouin Mayo Mambeke accuse Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), d’avoir reçu pour mission de prolonger le séjour de Joseph Kabila au pouvoir au détriment de la constitution. Dans une interview ce vendredi 13 octobre à ACTUALITE.CD, le président interfédéral de l’UNC ville de Kinshasa déclare qu’il revient au peuple de se prendre en charge pour mettre fin au régime de Joseph Kabila.