Qui a poussé la RDC à interdire les passeports semi-biométriques?

L’Union Européenne dément avoir exigé l’interdiction des passeports semi-biométriques dans son espace, alors qu’aucun autre pays n’a manifesté cette exigence.

Le 16 septembre dernier, le gouvernement de la République démocratique du Congo a créé un véritable tollé national en annonçant l’interdiction des passeports semi-biométriques pour ses citoyens. Pour calmer la polémique, les autorités de Kinshasa ont entre autres justifié cette mesure par des menaces qu’elles auraient reçu des “certaines puissances étrangères.”

“Certaines puissances étrangères ont déjà annoncé, qu’au mois de novembre 2017, les détenteurs des passeports semi-biométriques ne pourront plus accéder sur leurs territoires“, dit un communiqué publié dans la foulée.

Cependant, aucune “puissance” n’a visiblement voulu confirmer cet argument. Pire, l’Union Européenne, qui regroupe les pays de l’espace Schengen, a ouvertement démenti avoir demandé une telle exigence aux autorités congolaises.

“Les passeports semi-biométriques congolais ont toujours été acceptés en espace Schengen, tout comme les passeports biométriques depuis la fin 2015. Il n’y a jamais eu de remise en cause, pour quelque raison que ce soit, de la validité d’un passeport congolais, sauf naturellement, quand il était établi qu’il était frauduleux ou contrefait“, fait-elle savoir dans un communiqué publié ce vendredi.

“Dans l’espace Schengen même circulent légalement des passeports électroniques (appelés semi-biométriques en RDC) et biométriques. Il serait difficilement compréhensible de limiter, pour les citoyens d’un état étranger, l’accès en espace Schengen de détenteurs de passeports qui sont acceptés pour des citoyens européens“, ajoute-t-on.

L’autre argumentaire, à savoir des exigences qui viendraient de l’Organisation de l’Aviation civile Internationale est aussi battu en brèche, car aucune référence est fait au sujet d’une interdiction de passeport semi-biométriques en cours de validité.

Alors que gouvernement congolais a souvent fait valoir son indépendance et sa volonté à lutte contre les “ingérences” occidentales, il est bien curieux de voir la précipitation avec laquelle Kinshasa a simple “obtempéré” face à des ordres pourtant introuvables.

Gaston Engbaka.

L’Union Européenne dément avoir exigé l’interdiction des passeports semi-biométriques dans son espace, alors qu’aucun autre pays n’a manifesté cette exigence.