Affaire M23 : une enquête approfondie exigée

Si les explications fournies par le Président du Mouvement du 23 Mars, Bertrand Bisimwa, sont conformes à la réalité, le régime en place dans ce pays doit être condamné pour haute trahison.

L’organisation internationale de défense de droits de l’homme  » Human Rights Watch  » a publié il y a peu un rapport accablant selon lequel des officiers de service de sécurité de haut rang de la RDC avaient procédé au recrutement d’anciens combattants rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) afin d’écraser des manifestations pacifiques organisées sur toute l’étendue de ce pays à l’initiative de forces politiques et de mouvements citoyens !

Comme on pouvait bien s’y attendre, cette information qui a fait rapidement le tour du monde a eu cette particularité de susciter l’indignation de responsables des Etats et de mobiliser les consciences de peuples autochtones contre les autorités de la RDC tenues pour responsables de ce qu’elles considèrent, à tort ou à raison comme le plus grand scandale politique jamais vécu sur le continent africain au cours de ces dix dernières années.

Il est indispensable, remarquent certaines personnalités politique en vue, qu’une rébellion déclarée vaincue et appartenant désormais à un passé révolu soit choisie pour servir de  » pépinière  » à un Etat responsable désireux de rajeunir ses équipes de répression contre des manifestations pacifiques organisées sur son territoire conformément à la constitution.

A condamner pour haute trahison !

Sentant vite l’odeur d’un  » mensonge tissé de fil blanc  » véhiculé par le rapport de Human Rights Watch contre le Mouvement du 23 mars dont il est encore le leader incontesté et incontestable jusqu’à ce jour, Bisimwa est apparu sous un nouveau jour de son refuge de Kampala pour indiquer à l’attention de la communauté internationale que les recrutements d’éléments de son mouvement n’est qu’un subterfuge pour cacher la vérité.

Pour le président du M23 qui donne tous les détails de la situation de ce mouvement depuis les multiples ratés de l’Accord de Nairobi et de celui de Goma sur le rapatriement des unités combattantes de son organisation, les recrutements qui font l’objet de l’accablant rapport de l’organisation internationale de défense de droits de l’homme  » Human Rights Watch  » est le fait du régime politique en place en RDC qui en assume pleinement la responsabilité !

La déclaration faite par le président du M23 sur la grave affaire de recrutement de rebelles pour réprimer des manifestations pacifiques en RDC doit être prise au sérieux car elle suscite un cas de suspicion légitime qui empêche de considérer le rapport de  » Human Rights Watch  » comme ensemble de paroles d’Evangile, moins encore comme de l’argent comptant.

De plus en plus nombreuses sont des voix, qui s’élèvent aujourd’hui pour exiger la conduite d’une enquête approfondie sur l’affaire. Si les explications fournies par le président du Mouvement du 23 mars sont conformes à la réalité, le régime  en place dans ce pays doit être jugé et condamné pour haute trahison !

Bamporiki Chamira
La Tempête des Tropiques

Si les explications fournies par le Président du Mouvement du 23 Mars, Bertrand Bisimwa, sont conformes à la réalité, le régime en place dans ce pays doit être condamné pour haute trahison.