Assemblée nationale : la Ceni trahie par la machine à voter

Très critiquée au sein des états-majors politiques, aussi bien de la Majorité Présidentielle que de l’Opposition, à cause de sa propension à tripatouiller la vérité des urnes, la machine à voter a de nouveau montré ses limites le vendredi 1er décembre 2017, au Palais du Peuple, à l’occasion d’un test de fiabilité exigé par la Commission Politique, Administrative et Juridique de l’Assemblée Nationale. C’était en marge du toilettage du Projet de Loi Electorale, avant son examen en plénière.

Un crime n’étant jamais parfait, les experts de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) venues faire la démonstration de la haute technicité de la machine à voter étaient désemparés face à une panne qui a hypothéqué leur séance didactique. En dépit de toutes les tentatives amorcées pour la faire fonctionner, elle a « refusé » d’obéir à ses maîtres.

D’aucuns pensent que la CENI a été trahie dans son projet d’imposer un outil de travail incontrôlé et incontrôlable dans le processus d’enregistrement et de comptage des voix des électeurs.

La leçon à tirer de cette innovation est qu’elle s’avère très dangereuse pour le processus électoral congolais. Par conséquent, il faut s’en méfier comme la peste. Au vu de ce qui s’est produit au Palais du Peuple, plus aucun doute n’est permis quant à l’impossibilité d’obtenir des scrutins transparents avec des machines à voter qui ne rassurent personne.

Vendredi, c’était une panne dans un outil de travail que l’on suppose avoir été suffisamment conditionné pour ne pas connaître le moindre couac. Si la CENI n’a pu garantir aux députés nationaux membres de la PAJ un vote transparent et incontestable en circuit fermé, qu’attendre des machines à voter au niveaux des bureaux de vote dans les grandes villes, les territoires, secteurs et villages du pays ? N’est-ce pas que les électeurs congolais s’acheminent vers des scrutins où leurs voix seraient manipulées à leur guise par les planificateurs des fraudes électorales ? A cet égard, il y a lieu de craindre que le fameux seuil de représentativité des candidats, partis et regroupements politiques soit non pas le reflet des résultats des urnes, mais plutôt le produit d’une « panne ».

Si les responsables de la CENI peuvent tirer les conséquences des caprices de la fameuse machine à voter expérimentée vendredi au siège du Parlement national, la moindre des choses serait de renoncer à leur nouveauté et de revenir au traditionnel vote manuel, en dépit des dégâts qu’il a déjà causés aux processus électoraux de 2006 et 2011, avec l’assassine formule de la compilation des résultats.

Kimp
Le Phare

Très critiquée au sein des états-majors politiques, aussi bien de la Majorité Présidentielle que de l’Opposition, à cause de sa propension à tripatouiller la vérité des urnes, la machine à voter a de nouveau montré ses limites le vendredi 1er décembre 2017, au Palais du Peuple, à l’occasion d’un test de fiabilité exigé par la Commission Politique, Administrative et Juridique de l’Assemblée Nationale. C’était en marge du toilettage du Projet de Loi Electorale, avant son examen en plénière.