Congrès UDPS/Tshibala : la succession d'Etienne Tshisekedi à l'ordre du jour


Ces assises doivent être celles de la réunification et de rappel de toutes les troupes en vue de conquérir le pouvoir aux prochaines élections.

Comme il fallait s’y attendre. L’ombre tutélaire d’Etienne Tshisekedi a plané, hier jeudi 7 décembre 2017, sur le Centre féminin Marie-Antoinette (CFMA) à la 13ème rue Limete à l’occasion de l’ouverture du Congrès extraordinaire de l’UDPS. Et c’est précisément le vide immense laissé par l’icône de la lutte contre la dictature qu’il est question de combler. Tâche éléphantesque car un homme de l’envergure de Tshisekedi on ne le remplace pas, on succède tout simplement à lui. Ovationné par des centaines des combattants Kinshasa, du pays profond et de l’étranger ; Bruno Tshibala Nzenzhe a pris la mesure des enjeux.

Ce co-fondateur de l’UDPS a appelé les combattants à solder tous les comptes nés de la disparition du Lider maximo. Une mort qui a failli signer l’arrêt du parti. Un décès qui a aussi mis à nu les pesanteurs qui ont fait que l’UDPS n’a pu jusqu’ici réussir à conquérir démocratiquement le pouvoir d’Etat. Parmi ces maux, la désorganisation, la mégestion, le trafic d’influence…Avec ce congrès de la normalisation, de la réconciliation et de la revitalisation du parti, cap est donc mis sur les élections. Signe de bon augure ? Cela fait presque huit mois que l’UDPS dirige le Gouvernement d’union nationale, rappelle très opportunément le Premier ministre. Une première depuis la création du parti voici 35 ans.

B.Tshibala : « Nous devons surmonter nos querelles internes et donner à notre parti de nouveaux organes dirigeants »

Allocution de Bruno Tshibala à l’occasion de l’ouverture du Congrès extraordinaire

Camarades congressistes,
Camarades combattants,
Distingués invités, 
Mesdames et Messieurs

C’est avec un plaisir immense que je m’adresse ce jour devant le peuple de l’UDPS réuni ici dans le cadre de son premier congrès extraordinaire depuis la création de notre cher parti en 1982.

Mais avant de poursuivre mon allocution, je vous prie de vous lever pour observer une minute de silence en mémoire de Tshisekedi wa Mulumba, président de l’UDPS , qui a affronté tous les risques, au péril de sa vie, en menant une lutte acharnée contre la dictature et l’oppression politique pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays.

Tshisekedi wa Mulumba a su incarner les aspirations du peuple congolais pour une vie meilleure et les valeurs et principes de notre parti. Il restera pour nous, à jamais, un modèle de rigueur morale et intellectuelle, un modèle de défenseur du bien commun et des intérêts vitaux du peuple congolais.

Camarades congressistes

Le premier congrès extraordinaire de notre parti s’ouvre dans un contexte politique et social exceptionnel. Ce congrès intervient après la disparition de notre leader historique Tshisekekedi wa Mulumba le 1er février dernier, la conclusion de l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016, la nomination d’un co-fondateur de l’UDPS, en ma personne, comme Premier ministre et chef du Gouvernement d’union nationale de la RDC, l’éclatement d’une discorde politique au sein de l’UDPS et la publication du calendrier électoral par la CENI balisant la route qui doit mener le peuple congolais vers les meilleures élections de l’histoire récente de notre pays.

La situation que je viens de décrire a créé des défis complexes que le congrès extraordinaire doit relever dans l’intérêt supérieur de notre parti.

Chers camarades

Comme le savez, la disparition inopinée du Président Tshisekedi a laissé un vide immense à la tête du parti jusqu’à ce jour. Cette situation a provoqué des querelles internes et des initiatives malheureuses qui ont donné à l’UDPS l’image d’une armée mexicaine, sans règles ni unité de commandement.

Nous devons donc surmonter nos querelles internes et donner à notre parti des nouveaux organes dirigeants et des nouvelles règles de fonctionnement fondées sur le respect des principes démocratiques et de nos valeurs morales et politiques.

Ensuite, depuis presque huit mois, l’UDPS dirige le Gouvernement d’union nationale issu de l’Accord politique du 31 décembre 2016. Depuis sa création il y a 35 ans, l’UDPS n’a jamais dirigé un gouvernement pendant une période de plus de 3 mois.

Nous avons donc le devoir sacré, cette fois-ci, d’être à la hauteur des missions que le peuple congolais nous a confiées dans le cadre du Gouvernement d’union nationale.

Enfin, l’organisation des élections générales au mois de décembre 2018 exige que l’UDPS se mette rapidement en ordre de bataille en vue d’obtenir de bons résultats à l’issue de ces élections.

A la lumière de ce que je viens de dire, chers camarades, ce premier congrès extraordinaire de l’UDPS doit être un congrès de réunification et de rappel de toutes les troupes de combattants du parti, un congrès pour enterrer définitivement les rancœurs et les frustrations qui ont divisé et affaibli le parti, un congrès de revitalisation du parti, un congrès pour mettre l’UDPS en ordre de bataille en vue de conquérir le pouvoir aux prochaines élections.

Pour ma part, comme je le fais depuis 36 ans, je reste à la disposition de tous les camarades pour continuer à offrir mes services en vue de faire de notre cher parti une grande force politique de premier plan pour l’instauration de la paix, de la démocratie et de l’Etat de droit en République Démocratique du Congo.

Tout en souhaitant un bon séjour à Kinshasa à tous les combattants venus de l’extérieur du pays et du Congo profond, je souhaite plein succès aux congressistes.

Sur ce, je déclare ouverts les travaux du premier congrès extraordinaire de l’UDPS.

Que vive l’Union pour la démocratie et le progrès social !

Que Dieu bénisse le peuple congolais !

Je vous remercie

Forum des As

Ces assises doivent être celles de la réunification et de rappel de toutes les troupes en vue de conquérir le pouvoir aux prochaines élections.