RD CONGO : honte à l’opposition

Si la mauvaise foi et la prédisposition de Joseph Kabila à sacrifier le Congo et les Congolais sur l’autel de sa boulimie du pouvoir ne sont plus à démontrer, il y a lieu cependant de reconnaître qu’en face de lui, l’opposition ne fait pas non plus le poids. Dans un contexte régional plutôt réfractaire à la démocratie, l’opposition congolaise, depuis en particulier la mort d’Etienne Tshisekedi, manquant de stratégie, inconstante et divisée, peine à convaincre les Congolais.

En témoigne le flop de la mobilisation qui était annoncée hier. En fait, bien que conscients des dangers et risques auxquels le pouvoir actuel expose le pays, les populations se refusent à suivre les opposants actuels tant ils sont trop portés sur leurs propres intérêts. Conséquence ? Plutôt résignés et fatalistes, les Congolais préfèrent attendre un signe de la providence.

L’opposition engluée dans ses propres turpitudes

Le président Joseph Kabila, en s’accrochant au pouvoir au mépris de la constitution, est certainement à l’origine de la crise politique qui secoue la République démocratique du Congo (RDC) depuis plus de deux ans. Toutefois, toute la classe politique de la RDC est en cause. En effet, à la faveur de cette crise, par le biais des alliances et des mésalliances nouées au gré des intérêts éphémères des uns et des autres, on se rend compte que l’opposition congolaise, elle non plus, n’offre aucune alternative. En témoignent les divisions auxquelles on assiste en son sein. Divisions que le camp Kabila a ingénieusement su exploiter depuis la mort d’Etienne Tshisekedi. Ainsi, le fameux Rassemblement dont la vocation était de fédérer tous les courants de l’opposition congolaise, en vue d’une approche synergique contre le pouvoir en place, n’a cessé de s’effriter, au point qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même. Affaibli par les débauchages auxquels se livre le président Kabila, il paie aussi les frais des attaques souterraines que lui assènent de faux-opposants tel Joseph Olenghankoy. D’ailleurs, ce dernier, à la tête du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) avait invité les Congolais à ne pas se joindre à l’appel à manifester d’hier.

Manque de stratégie, conviction superficielle

A ces multiples divisions sous-tendues par un égocentrisme qui, décidément, n’épargne aucun politicien congolais, vient s’ajouter un manque notoire de stratégie et une conviction somme toute superficielle. Outre des appels à manifestation auxquels ils ne se joignent pas, les opposants congolais n’ont rien d’autre. Par ailleurs, on ne sent aucun mécanisme destiné à sensibiliser les populations sur la nécessité et le bien-fondé de la bataille à mener. On se borne à lancer des appels via les médias et les réseaux sociaux, en espérant que les populations, cédant à une certaine naïveté, obéiront aussi aveuglement. Sauf qu’avec les tueries qui ont émaillé de précédentes manifestations et qui n’ont pas semblé émouvoir les opposants, les populations ont appris à faire montre de discernement. Plus question de risquer la mort pour des individus dont on sait qu’ils n’attendent qu’un décret pour changer de veste. Il est vrai qu’entre deux maux, on choisit le moindre. Or, entre la survie et la mort, le choix est plutôt facile.

Boubacar Sanso Barry
ledjely

Si la mauvaise foi et la prédisposition de Joseph Kabila à sacrifier le Congo et les Congolais sur l’autel de sa boulimie du pouvoir ne sont plus à démontrer, il y a lieu cependant de reconnaître qu’en face de lui, l’opposition ne fait pas non plus le poids. Dans un contexte régional plutôt réfractaire à la démocratie, l’opposition congolaise, depuis en particulier la mort d’Etienne Tshisekedi, manquant de stratégie, inconstante et divisée, peine à convaincre les Congolais.