Elections : où sont passées les réserves prévues par Matata ?

Des organisations attendent mener des actions pour obtenir de l’ancien premier ministre la justification des fonds qui n’ont pas été utilisés.

Dans sa dernière conférence de presse tenue le vendredi 26 janvier 2018 depuis son bureau du Palais de la Nation, Joseph Kabila, fin mandat depuis plus d’une année, a fait des déclarations qui ont vite suscité des réactions dans différents états-majors des partis politiques, même des organisations de la société civile.

Quelques organisations de la société civile ont été catégoriques en réfutant certains propos tenus par Joseph Kabila Kabange. Le cas notamment de la problématique du développement et du coût des élections dans le pays qui, pour le locataire du Palais de la Nation, les élections coûteraient plus cher pour le moment que les efforts du développement en RD Congo.

C’est ainsi que l’une de ces organisations, l’ACDRO, œuvrant dans le cadre de la lutte contre la corruption, a noté «le manque de rationalité dans la gestion de la chose publique». Il a été explicité que «pour des budgets de plus au moins 35 milliards USD sur les cinq années en RD Congo, soit 7 milliards par an, l’Etat congolais pouvait bien faire des réserves de 1.300 milliards sur les cinq années de régime de Kinshasa pour organiser les élections en 2016».

Si Kinshasa n’a pas organisé les élections, notamment la présidentielle dans le délai constitutionnel, cela démontre à suffisance l’intention de ceux qui dirigent le pays de vouloir, à tout prix, se maintenir au pouvoir. «Il ne faut pas chercher les raisons de la non-tenue des élections ailleurs, alors qu’au fond, on ne veut pas passer le relai, bien que le mandat à la tête du pays avait déjà pris fin», a déclaré le président d’une autre organisation de la société civile.

Quid des réserves de 250 millions USD du gouvernement Matata

La problématique du développement et du coût des élections en RD Congo a été une occasion pour ces organisations de la société civile de réclamer les réserves de 250 millions USD du gouvernement Matata prévues pour les élections pendant les quatre années d’exercices budgétaires. Des montants qui ont été approuvés à chaque année budgétaire par le parlement.

Une chose est vraie, l’ancien premier ministre Augustin Matata Ponyo n’a pas su justifier le non-déblocage de ces fonds au cours des rendez-vous électoraux manqués de 2014, 2015, et 2016. C’est pour cette raison que ces organisations attendent mener des actions pour obtenir de l’ancien premier ministre la justification de ces fonds qui n’ont pas été utilisés comme prévu.

Aussi, par rapport aux efforts de développement relevés par le chef de l’Etat congolais sortant, ces organisations se posent la question de savoir ce que Kabila a déjà fait pour le soi-disant développement de la RDC durant ses 17 années d’avènement à la tête du pays.

On ne peut pas parler du développement dans un pays où la corruption est institutionnalisée, où ceux qui détournent des immobiliers et autres deniers publics sont maintenus dans les institutions. Certains mandataires poursuivis par la justice ont été vite relâchés.

Outre la corruption, la fraude, et le détournement des fonds publics, le climat des affaires n’a jamais été amélioré pour attirer les investisseurs, notamment internationaux qui contribuent au développement. Cela, bien que l’impulsion soit toujours donnée par le gouvernement qui a échoué dans tous ses projets de développement: «Cinq chantiers» et «Révolution de la modernisation».

LKT
La Tempête des Tropiques

Des organisations attendent mener des actions pour obtenir de l’ancien premier ministre la justification des fonds qui n’ont pas été utilisés.