Le climat de tension qui régnait autour du procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice de la RDC, a connu un nouveau rebondissement ce mercredi à la Cour de cassation. Après le déport volontaire des deux juges visés par la récusation du prévenu — le juge président Justin Kibamba et le juge Thomas Otshudi — la haute juridiction a déclaré dans son arrêt que la demande de récusation est désormais « sans objet ».
« Les deux magistrats ayant volontairement quitté la composition, la récusation introduite par le prévenu devient sans objet », a tranché la Cour.
Par cette décision, l’audience a été levée, marquant une pause stratégique dans une affaire déjà très médiatisée et politiquement sensible.
Une tension retombée… en apparence
L’affaire Mutamba avait pris une tournure inédite après la récusation spectaculaire des deux juges par l’ancien ministre, invoquant un risque de partialité dans son procès pour détournement présumé de fonds publics. Leur décision successive de se retirer volontairement de la composition a surpris, mais aussi soulagé une partie de l’opinion, préoccupée par l’équité du procès.
La Cour a voulu clore la controverse en posant un acte juridique clair : pas de récusation à trancher si les juges ont eux-mêmes quitté le navire.
Un calme provisoire dans une affaire explosive
Si l’arrêt de la Cour peut être perçu comme un retour à la normale, il n’efface pas les zones d’ombre et les conséquences symboliques de cet épisode. Deux magistrats supérieurs se retirant sous pression politique ou médiatique ? Ce scénario interroge profondément sur l’indépendance réelle de la justice en RDC.
La défense de Mutamba se félicite d’avoir obtenu « un environnement plus serein », tandis que ses détracteurs dénoncent une « manipulation procédurale habile » visant à retarder le procès.
Et la suite ? Une recomposition inévitable
La Cour de cassation devra désormais désigner une nouvelle composition pour relancer le procès. En attendant, la procédure est suspendue, mais le feuilleton judiciaire continue, avec une opinion publique plus polarisée que jamais.
Ce dossier cristallise désormais le débat national sur la justice et la démocratie, bien au-delà du sort d’un seul homme.
Conclusion : un procès sous haute surveillance
Avec cette décision, la Cour de cassation tente de désamorcer une crise institutionnelle, mais la tempête n’est peut-être pas encore passée. Car si la récusation est « sans objet » juridiquement, elle reste hautement symbolique politiquement.
Le procès Mutamba est devenu un miroir grossissant des failles du système judiciaire congolais — et chaque audience à venir s’annonce comme un nouvel épisode d’un bras de fer entre pouvoir, justice et opinion.














