Le Président Joseph Kabila, à la tête d’une forte délégation congolaise, séjourne depuis hier dimanche 23 septembre à New-York, où il participe aux travaux de la 73ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. Parmi les officiels congolais ayant effectué le déplacement pour le siège des Nations Unies, figure Léonard Shé Okitundu, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

La particularité de cette session ordinaire de septembre de l’année en cours, tient au fait qu’elle est se tient à quelque trois mois des élections prévues le 23 décembre prochain en RD Congo. Et, quand on sait que Joseph Kabila ne se représentera pas à ce scrutin pour un troisième mandat consécutif, on peut donc conclure que ce soit, cette fois-ci, son ultime adresse, comme Chef de l’Etat, à la tribune de la plus grande organisation planétaire.

Kabila à New York pour faire retentir la voix du vrai Congo…

De quoi sera-t-il question ? Selon Barnabe Kikaya Bin Karubi, son Conseiller Diplomatique, le Président de la République s’exprimera sur les questions liées notamment, au processus électoral en RDC ainsi qu’à la consolidation de la paix dans la Région de Grands Lacs.

Il est cependant évident qu’il saisira l’occasion pour mettre en exergue la volonté due la RD Congo et de son peuple d’assumer et d’assurer leur souveraineté sur des matières qui, dans tous les pays du monde se voulant sérieux, se traitent au niveau national, sans interférences extérieures.

Certes, dès lors que la République Démocratique du Congo est membre de la Communauté internationale au même titre que les États-Unis, la Russie, la France, la Chine et la Grande-Bretagne, tout comme la Belgique, le Japon, l’ Afrique du Sud, voire le Timor Oriental, elle a des obligations à l’égard des institutions établies : Nations Unies, Union africaine, Sadc etc.

Mais, les obligations n’ont de sens qu’en fonction des droits. D’ailleurs, il y a d’abord les droits, ensuite les obligations.
Aussi, c’est un non-sens que de contraindre un pays, reconnu au plan international indépendant, à se plier à des obligations auxquelles il a souscrit pendant que ses droits sont délibérément bafoués.

Il n’est violation flagrante du Droit international que celle d’assujettir aux obligations les droits. C’est une forme machiavélique de (re)colonisation.
A propos justement de la (re) colonisation, voici exactement 58 ans que le Congo est membre de l’Onu. En une soixantaine d’années, ce pays a subi de nombreuses humiliations du fait de voir ses droits parfois piétinés, et encore par des États membres des institutions internationales ayant des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires accrédités auprès du Chef de l’Etat congolais.

Quoi de plus normal pour la RDC que de lever son front longtemps courbé. Et quoi de plus normal que ce soit le Président Joseph Kabila qui en donne le go puisque c’est lui qui est actuellement en fonction !

Après tout, peu importe qu’il soit de la Majorité ou de l’Opposition, son successeur a tout à gagner en trouvant le terrain diplomatique déblayé. Au moins, partira-t-il du bon pied…

Dans cette logique, la bataille de libération dans laquelle la RDCongo s’engage va au-delà des considérations politiques et « politiques ».
La meilleure tribune pour en démontrer l’utilité est celle de l’Onu, dans le cadre de l’assemblée générale ordinaire qui se tient une fois l’an.
Le message de Joseph Kabila peut alors se deviner : rien ne peut désormais se faire sur le Congo sans le Congo. En d’autres termes, le Congo ne tiendra compte que de ce dont il est partie prenante !

Le President de la République entend faire retenir la voix du vrai Congo. Le Congo qui conditionne le respect des droits autres au respect par les autres de ses droits !

Le Chef de l’État n’invente rien puisqu’à son article 2 au chapitre I, la Charte des Nations Unies dispose clairement que « L’organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses membres ».

Au demeurant, dans toutes ses résolutions sur la RD Congo au cours de ces dernières années, le Conseil de sécurité de l’Onu ne fait que réaffirmer « son attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité de la République Démocratique du Congo », en plus de souligner que « les principes de non-ingérence, de bon voisinage et de coopération régionale doivent être pleinement respectés ».

Ainsi, Joseph Kabila revendique pour son pays l’application des principes établis par la Communauté internationale. Ne peuvent lui en vouloir que ceux qui ont choisi de substituer au Droit international l’Obligation internationale.

Etablir l’ordre du jour mondial pour 2019

Les débats de cette session se dérouleront du 25 septembre au 1er octobre 2018, sous la présidence de la ministre des Affaires étrangères de l’Equateur, Fernanda Espinosa Garcés, élue par l’Assemblée générale le 15 juin 2018.

Cette 73ème session est organisée sous le thème « Faire de l’ONU une organisation pour tous : une force mondiale fondée sur des responsabilités partagées, au service des sociétés pacifiques équitables et durables ».

On rappelle qu’en marge de cette session, le Sommet de la paix Nelson Mandela se tient ce lundi 24 septembre. Et, c’est à l’issue de cette rencontre que et les États membres devront adopter une déclaration politique rédigée tout au long de l’année.

Ce texte, renseigne-t-on, déclare la période 2019-2028 « Décennie de paix Nelson Mandela » et appelle tous les dirigeants de la planète à « rendre l’impossible possible » et à « redoubler d’efforts pour poursuivre la paix et la sécurité internationales, le développement et les droits de l’homme ».

Forum des As / La Prospérité

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