La chanteuse congolaise Rebo Tchulo ne s’est pas présentée à l’ouverture de son procès ce jeudi devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, siégeant exceptionnellement à la prison centrale de Makala. À l’issue d’une audience marquée par plusieurs requêtes de la défense, la juridiction militaire a décidé de renvoyer l’affaire au 4 juin 2026.
L’artiste, de son vrai nom Déborah Mulanga Tshimpaka, est poursuivie dans une affaire devenue virale en République démocratique du Congo après la diffusion sur les réseaux sociaux d’images montrant un présumé chauffeur victime de violences attribuées à des éléments des forces de l’ordre. Plusieurs coaccusés, dont des militaires, comparaissent également dans ce dossier sensible.
Une absence justifiée par des raisons familiales
Selon les informations communiquées à la cour par son avocat, Maître Jean-Marie Kabengela Ilunga, la chanteuse traverse une période particulièrement difficile sur le plan personnel. Une requête introduite dès l’ouverture de l’audience évoque un deuil survenu dans sa famille, présenté comme la principale raison de son absence devant les juges.
La défense a expliqué que l’artiste était « éprouvée » et a sollicité un report de l’affaire afin de lui permettre de comparaître dans des conditions psychologiques plus favorables. Après examen de cette demande, le tribunal a accepté le renvoi du dossier à la semaine prochaine.
Les avocats dénoncent les conditions à Makala
Au-delà du report, les avocats de la chanteuse ont également plaidé pour une délocalisation des audiences hors de la prison centrale de Makala. Selon eux, les conditions de travail sur place compliquent sérieusement le bon déroulement des débats judiciaires.
La défense évoque notamment la promiscuité au sein de l’établissement pénitentiaire, des contraintes logistiques ainsi que des restrictions qui toucheraient même les avocats dans l’exercice de leur mission. Ces conditions, estiment-ils, pourraient nuire à la sérénité des audiences et au respect des droits de la défense.
Le président de la composition a finalement accédé à cette requête, décidant que les prochaines audiences se tiendraient devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema plutôt qu’au sein de Makala. Toutefois, certains médias congolais indiquent que les modalités exactes de cette délocalisation restent encore à préciser.
Une affaire suivie de près en RDC
Depuis plusieurs semaines, cette affaire suscite une forte attention médiatique et de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux en RDC. La notoriété de Rebo Tchulo, figure populaire de la scène musicale congolaise, a largement contribué à amplifier l’intérêt autour du dossier.
Les prévenus font notamment face à des accusations d’« incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi ou à la discipline », ainsi qu’à des charges liées à la torture, l’extorsion, la concussion et la violation des consignes militaires.
Le 4 juin prochain, la justice militaire devrait reprendre l’examen du dossier avec, selon plusieurs observateurs, les premières lectures détaillées de l’acte d’accusation et les interrogatoires des différentes parties impliquées dans cette procédure très médiatisée.













