Motion et levée d’immunité : Thambwe Mwamba la fin du parcours

Pour bien des observateurs, le président du Sénat comprend bien les choses. Mais il ne pourra pas échapper aux vents violents du changement. Les « humiliations » subies par son collègue de la Chambre basse et, récemment, par le Premier ministre devraient servir de leçon au numéro Un de la Chambre des sages. À lui de faire le choix de l’élégance pour devancer les évènements et descendre du perchoir la tête haute. Thambwe Mwamba est averti.

L’Union sacrée de la nation, tel un tsunami, ravage tout sur son passage ! Tout ce qui était Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, mieux, tout ce qui est resté FCC dans sa forme originale…

Si hier, le FCC était la machine à tout dicter et à tout broyer avec des pions placés pour jouer aux crocs-en-jambe contre le cinquième occupant du Palais de la nation : Jeanine Mabunda à l’Assemblée nationale, Alexis Thambwe Mwamba au Sénat, Sylvestre Ilunga Ilunkamba à la Primature…, comme dans un jeu d’échec, tout a basculé en un clin d’œil, certainement parce que les uns et les autres ont minimisé les capacités de rebond d’un chef d’État en fonction, et de surcroit, d’un fils du Sphinx, né dans la politique ! Conséquence, on se retrouve avaler, un à un, et l’empire Kabila s’écroule comme un château de cartes. C’est la série du déboulonnement prédit par le président de la République et tant redouté.

« Je le dis sans peur. Je suis là pour déboulonner le système dictatorial qui était en place », affirmait Félix Tshisekedi, le 4 avril 2019, lors d’une conférence au Council on Foreign Relations, au cours d’un atelier de réflexion sur la politique étrangère, à Washington D.C, aux Etats-Unis d’Amérique.

À l’époque, on n’a pas donné beaucoup de crédits à ces paroles parce que le FCC, la plateforme politique de son prédécesseur, Joseph Kabila, détenait une majorité insolente tant à l’Assemblée nationale que dans toutes les institutions électives dont le Sénat et les assemblées provinciales.

C’est en tirant les leçons de la fin de la coalition FCC-CACH en décembre 2020 que Félix Tshisekedi a lancé l’idée d’une Union sacrée de la nation pour une nouvelle dynamique de gouvernance en RDC, guidée par le seul souci de servir le peuple et les intérêts de l’État, avait-il souligné.

Comme un rouleau compresseur

Il se révèle aujourd’hui que la mise en place de l’Union sacrée de la nation est un rouleau compresseur pour déboulonner le système Kabila. C’est dans cette optique qu’il faut placer d’abord le basculement de la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale, en pleine législature, puis l’éviction de tout le bureau de cette Chambre basse qui était acquise à l’autorité morale du FCC.

À peine un mois après, la nouvelle majorité parlementaire vient de déchoir, par un vote massif (367 voix), le Premier ministre, le FCC Sylvestre Ilunga Ilunkamba et son gouvernement.

Après Mabunda et Ilunkamba, la série est loin de s’arrêter. Le cap tourné vers le Senat où malgré le fait que le président du bureau, Alexis Thambwe Mwamba, cherche à gagner le temps en se sauvant de la pétition à lui adressée pour tout renvoyer lors de la prochaine session ordinaire de mars 2021, le processus de sa déchéance est déjà irréversible avec la pétition déposée contre son bureau, mardi 2 février.

Il est donc clair que la soixantaine de signatures recueillies pour faire tomber un des derniers animateurs institutionnels phares portant encore les gènes brutes de l’ancien régime Kabila, dessine le nouveau paysage du Sénat désormais acquis au changement.

À la différence des autres acteurs tombés sur le champ politique, le président pro Kabila au perchoir du Sénat a également maille avec la justice. Il est poursuivi par la Cour de cassation qui vient d’ouvrir un dossier judiciaire contre lui pour un présumé détournement des fonds publics. Des allégations réfutées par le président du Sénat.

Pour bien des observateurs, le président du Sénat comprend bien les choses. Il ne pourra pas échapper aux vents violents du changement. À lui de faire le choix de l’élégance pour devancer les évènements. Son langage clair de considérer qu’« il n’y a pas de postes à vie », dit tout. Surtout que l’opposition faite par le bureau encore sous son contrôle aux poursuites judiciaires n’est qu’éphémère. Le temps est compté. Et plus rien ne sera comme avant ; plus rien n’arrêtera les vents du changement que fait souffler l’Union sacrée de la nation.

Le Potentiel

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