Félix Tshisekedi : chrono en marche pour les grandes réformes

Avec la chute du bureau pro-Kabila à l’Assemblée nationale, la déchéance du gouvernement de coalition FCC-CACH, l’identification de la nouvelle majorité parlementaire, l’élection d’un bureau définitif estampillé « Union sacrée de la nation » à la Chambre basse du Parlement, et finalement, ce qui s’annonce déjà comme la page tournée d’Alexis Thambwe Mwamba à la tête du Sénat, c’est le carton plein pour Félix Tshisekedi qui arrive au bout de sa stratégie de reconquête du pouvoir.

Tshisekedi qui peut désormais gouverner seul, sait qu’il est attendu au tournant par les Congolais lassés de l’immobilisme qui a caractérisé deux ans durant la marche de la nation. Le président doit désormais appliquer les promesses qu’il a faites aux quelque 85 millions de Congolais, à savoir : lutter contre la corruption et la misère qui touche les deux tiers de la population, ramener la paix et la stabilité dans l’Est du pays… Le chrono est ainsi en marche pour le cinquième président de la RDC, car disposant désormais d’une large majorité à l’Assemblée nationale, le fils du sphinx de Limete doit très vite enclencher des réformes, notamment du cadre des élections, de la justice et même de la Constitution pour faire participer sereinement tous les Congolais au développement socioéconomique du pays.

L’ouragan de l’histoire a finalement tourné en sa faveur. Félix-Antoine Tshisekedi. Car, mûrs ou pas mûrs, les fruits, mieux, les pions FCC ayant constitué les croc-en-jambe hier pour la matérialisation de sa vision quinquennale au sommet de l’Etat, tombent un à un, comme dans un jeu de qui-perd-gagne ! Qui perd gagne oui, le cinquième président de la RDC a été présenté comme le grand perdant dans l’accord de coalition (FCC-CACH) qui le liait à son prédécesseur, Joseph Kabila. « Président protocolaire », qui « règnera mais ne gouvernera pas », « sans réel pouvoir », extrêmement « vulnérable » aux manœuvres du camp de Joseph Kabila…, des analystes et observateurs n’ont pas tari des mots pour soutenir leur argumentaire, sans prendre en compte l’évidence de la politique comme l’art du possible. La preuve, le pari est gagné pour l’actuel locataire du Palais de la nation. En moins de deux mois, Félix Tshisekedi a fait sauter tous les verrous que son prédécesseur avait placés avant de lui céder le pouvoir, en janvier 2019.

Avec la chute de Jeanine Mabunda et de l’ensemble du bureau pro-Kabila à l’Assemblée nationale, la déchéance du gouvernement de coalition dirigé pendant près de 15 mois par le Premier ministre pro-Kabila, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, la désignation d’un informateur qui a identifié la nouvelle majorité parlementaire, l’élection d’un bureau définitif estampillé « Union sacrée de la nation » à la Chambre basse du Parlement, et finalement, ce qui s’annonce comme la page tournée d’Alexis Thambwe Mwamba à la tête du Sénat, il est clair que Félix Tshisekedi arrive au bout de sa stratégie de conquête du pouvoir. Le chef de l’État, plus que jamais soutenu par les Américains et l’Union européenne, a réussi finalement à isoler son tout puissant prédécesseur, Joseph Kabila.

Tshisekedi, qui peut désormais gouverner seul, va commencer par nommer très bientôt le Premier ministre et le gouvernement de son choix. C’est ici que les espoirs nés de son élection à la magistrature suprême renaissent. Autant dire que les Congolais sont lassés de l’immobilisme qui a caractérisé deux ans durant la marche des affaires de l’État, de ce développement qui prend son temps.

Chantre de l’État de droit et de la bonne gouvernance, Félix Tshisekedi sait qu’il est attendu au tournant.

Matérialiser les promesses faites aux Congolais

Le président doit désormais appliquer les promesses qu’il a faites à quelque 85 millions de Congolais en annonçant la fin de sa coalition avec Joseph Kabila le 6 décembre 2020 : lutter contre la corruption et la misère qui touche les deux tiers de la population, ramener la paix dans l’Est du pays ensanglanté par les violences des groupes armés.

Disposant d’une large majorité de 391 députés sur 500 que compte l’Assemblée nationale, Félix Tshisekedi a la voie balisée pour enclencher les grandes réformes devant marquer d’une empreinte indélébile son mandat comme président de la République.

On doit s’attendre à la réforme du cadre des élections. Bien plus, la nouvelle majorité doit œuvrer pour un large consensus en vue de réviser la Constitution dans le but de régler finalement l’épineuse question de l’exclusivité de la nationalité congolaise. Une notion qui devient dépasser parce qu’empêchant les Congolais ayant acquis une nationalité étrangère de revenir participer sereinement au développement socioéconomique de leur pays. Des autres questions pouvant militer en faveur de la révision constitutionnelle, il y a le scrutin présidentiel, organisé à un tour depuis la révision de 2011 qui devra repasser à deux tours et une possible élection des sénateurs au suffrage universel direct pour éviter la corruption des députés provinciaux lors des sénatoriales.

Dans la foulée, la réforme de la justice reste un impératif pour Félix Tshisekedi. Il doit veiller à produire une justice complètement détachée de l’influence politique ou des services de sécurité avec des magistrats qui auront un devoir de gratitude qu’envers la République pour permettre de rétablir l’autorité de l’Etat partout où la justice n’existe pas en RDC, tout comme pour faire cesser l’impunité. C’est finalement un chrono qui est en marche pour Félix Tshisekedi, en quelque sorte, les 12 travaux d’Hercule à réaliser en trois ans !

Le Potentiel

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