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Entre le clergé kinois et les différents pouvoirs zaïro-congolais, plus ça change, « plus c’est la même chose » pour emprunter le titre du roman d’Alphonse Karr. La chronique du procès en immixtion dans les affaires politiques ne date pas d’aujourd’hui.

Le légendaire cardinal Joseph- Albert Malula s’était attiré le courroux de l’alors Général-président Mobutu. Au point que le premier archevêque congolais de Kinshasa a dû se réfugier à Rome.

Des années plus tard, au seuil de la décennie 90, Mgr Laurent Monsengwo, propulsé via les urnes à la tête de la Conférence nationale souveraine (CNS), aura sa partie chemin de croix de la part du régime devenu crépusculaire du Maréchal du Zaïre. Des snipers du Pouvoir tireront sans sommation sur Mgr le Président.

Du haut de sa verve oratoire, le Premier ministre Jean de Dieu Nguz aura cette phrase: «Monseigneur Monsengwo fait de la haute politique ». Un député ultra zélé du MPR « conseillera » à l’Evêque d’enlever sa soutane et de descendre dans l’arène politique.

Le régime Kabila fils ne sera pas non plus en odeur de sainteté avec l’épiscopat kinois. Grabataire, le Cardinal Etsou s’invitera dans la proclamation des résultats de la présidentielle 2006 en voyant un autre gagnant que celui annoncé par la CEI, devancière de la CENI.

Rebelote avec son successeur, Laurent Monsengwo – le même- qui y alla de sa « vérité des urnes » pour contester la victoire de Joseph Kabila face au leader de l’UDPS, Etienne Tshisekedi.

Au soir du second mandat de J.K.K, l’Archevêque de la capitale demandera même « aux médiocres de dégager ». Jusque-là réservé, un pasteur de l’ECC, Ekofo, c’est son nom, fera une prédication à l’accent de « J’accuse » d’Emile Zola.

Ces différentes philippiques des hommes d’Eglise n’étaient pas du goût des tenants de l’impérium qui, vent debout, opposaient systématiquement le « à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui lui revient ».

Symétriquement, ces différentes séquences de « sainte ire » des princes de l’Eglise faisaient les affaires de l’opposition en commençant par l’UDPS.

Face aux mêmes critiques émanant du clergé kinois, le parti tshisekediste, arrivé au pouvoir reprend textuellement à son compte la même dialectique que ses devanciers. Le premier des hiérarques de l’UDPS accusant l’âme Cardinal Ambongo de faire de la politique. Du déjà entendu sous Mobutu comme du temps de Kabila.

Comble de paradoxe ? Confiteor a posteriori ? O tempora, o mores ? A chacun de juger. En attendant, cette réflexion que des observateurs avaient faite à propos du premier septennat de François Mitterrand: » Les socialistes avaient l’ambition de changer la France, c’est la France qui les a changés ». Le pouvoir aurait-il changé l’UDPS, parti du changement radical ?

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