Le procès très suivi de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice poursuivi pour détournement présumé de plus de 19 millions USD, a connu un nouveau rebondissement ce lundi devant la Cour de cassation. L’audience, qui devait être consacrée à l’audition des témoins, s’est heurtée à une vive contestation de la défense, qui dénonce une inégalité flagrante dans le traitement des parties.
« La plupart des témoins cités par la défense n’ont même pas été convoqués par le greffe, tandis que ceux du ministère public sont tous présents dans la salle », a fustigé un des avocats de Constant Mutamba à la barre.
Un déséquilibre qui alimente les tensions
Selon les informations livrées par la défense, plusieurs témoins clés qu’elle avait sollicités — parmi lesquels des hauts responsables politiques et administratifs, dont la Première ministre Judith Suminwa et des anciens dirigeants de l’Inspection générale des finances (IGF) — n’ont jamais reçu de citation à comparaître.
En revanche, les témoins du ministère public ont bel et bien été convoqués par le greffe de la Cour et étaient tous présents dans la salle d’audience ce lundi, prêts à déposer.
La défense a qualifié cette situation de manipulation procédurale, dénonçant un traitement inéquitable qui compromettrait le droit fondamental de l’accusé à un procès équitable.
Une demande de renvoi stratégique
Face à ce qu’elle qualifie de déséquilibre manifeste dans la gestion de la procédure, la défense de Mutamba a demandé à la Cour de renvoyer l’audience à une date ultérieure, afin que les témoins de toutes les parties puissent être entendus le même jour, dans un souci d’équité.
« Ce procès ne peut pas avancer si on ne respecte pas les droits de la défense. Ce n’est pas un simulacre de justice que nous devons jouer ici », a martelé un des avocats.
La Cour a pris acte de la demande, mais n’a pas encore tranché officiellement sur le renvoi de l’affaire, gardant le suspense entier sur la suite de l’instruction.
Un procès sous les projecteurs, de plus en plus politique
Déjà tendu après la sortie musclée de Constant Mutamba, qui avait accusé les juges de préparer un « complot planifié », ce nouvel épisode vient renforcer le caractère hautement politique du procès.
L’opinion publique s’interroge de plus en plus sur la neutralité de la procédure, alors que les accusations portées contre Mutamba touchent au cœur du fonctionnement de l’État, et que le prévenu continue d’invoquer un acharnement ciblé à des fins politiques.
Conclusion : une justice à l’épreuve de la transparence
L’audience de ce 4 août n’aura pas permis de faire avancer le fond du dossier, mais elle a révélé un point de friction majeur : l’équilibre du procès et le respect du contradictoire.
Si la Cour ne rétablit pas cette égalité procédurale, elle risque de perdre en crédibilité, dans un procès déjà scruté par l’opinion nationale et internationale.














