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Il s’observe une forte agitation pour un contrôle de leadership dans l’ex Katanga, peu après la disparition de Gabriel Kyungu wa Kumwanza qui sera enterré dans sa ferme de Kiyambi, sur la route de Kasenga, d’après les derniers arrangements entre la famille tant politique que biologique avec les autorités locales. La méfiance s’est amplifiée le weekend dernier, avec la déchéance de Richard Muyej Mangez par l’Assemblée provinciale du Lualaba.

Pendant que les proches de cet homme préparaient son retour dans cette riche province cuprifère depuis l’annonce par le Vice- premier ministre de l’Intérieur le rétablissant comme Gouverneur. Les associations culturelles sont presque toutes en alerte. Elles sont entrain de s’épier à la moindre déclaration de part et d’autre.

Les Sangaphones, regroupés au sein de l’association culturelle dénommée “Lwanzo lwa Mikuba”, autrement Mangeurs de cuivre et comprenant le Haut-Katanga, le Lualaba et le Haut – Lomami, semblent parler le même langage avec Sympia. Cette autre association culturelle de Lamba, Zela et Bemba implantés à Pweto, Sakania, Kasenga et Kipushi. Ces entités sont éloignées les unes des autres. Il y a ainsi des tribus majoritaires par-ci et minoritaires par -là.

Les Sanga qui sont dans le Lualaba se sentent difficilement à l’aise à Kolwezi qu’ils voulaient voir être attaché à leur communauté. Un de ses leaders en avait fait son cheval de bataille, avant le découpage territorial, sans obtenir gain de cause. Il s’était même retrouvé à la prison centrale de Makala.

Depuis toujours, les deux associations culturelles précitées ont toujours la même appréhension des situations. Parfois à la traîne des Balubakat, ou Baluba du Katanga, dont plusieurs leaders de ce camp comptent parmi des meneurs d’hommes connus depuis des temps. Il y en qui ont fait échec à la sécession katangaise de triste mémoire.

Des unitaristes sont légion dans cette association culturelle. Des fédéralistes aussi, généralement proches de Ruund. Ceux qui étaient contre Moïse Kapend Tshombe ont émigré vers le Grand Kasaï, notamment à Luiza et à Muene–Ditu . Les Kanitshin ou les Bena Tubeya, qui se disputent de temps en temps la mission catholique Thielen à Tshilomba avec les Kanyoka à Luilu, dans la province de Lomami, issue du démembrement du Kasaï Oriental, sont dans ce cas.

Ancien marchand du manioc dans les camions pour inonder les territoires kasaïens, son anthroponyme de Tshombe, signifiant la farine issue de ce tubercule, finit par éclipser Kapend en le reléguant au second plan. Si à Luilu, ce sont plus ses opposants qui s’y étaient installés, jusqu’à pousser certains autochtones unitaristes à vider les lieux, mais à Luiza, des gens qui faisaient des navettes y restèrent en formant des familles.

Plusieurs d’ailleurs se reconnaissent de telle ou telle province suivant le régime en place. Ce n’est pas par hasard que le Ruund se reconnaît comme un espace culturel, compte tenu de ces éparpillements enregistrés. Il y a aussi des Chokwe, Kandembo, Kaminungu qui tiennent à leur identité dans le Lualaba.

Les susceptibilités du genre existent aussi dans les associations culturelles précitées. Les Bahemba du Nkongolo, dans le Tanganyika, restent toujours en outsider. Cohabitant avec les lubakat et Songye, ils sont toujours observateurs avant de se lier quelques parts. Ils sont nombreux à être amenés à Kolwezi par Moïse Tshombe, qui les désirait dans les rangs de sa sécurité.

Face à ces réalités, le contrôle du leadership au Katanga s’appuie sur plusieurs paramètres. En dépit du découpage, les Katangais se considèrent comme un seul peuple. Nombreuses fois, leurs leaders se sont manifestés dans ce sens.

La Tempête des tropiques

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