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Visiblement, le déboulonnement du système Kabila ira jusqu’au bout. Au moment où l’informateur nommé pour dénicher une majorité parlementaire a ouvert ses offices, jeudi, la branche restante des députés pro Katumbi et Bemba a signé, le même jour, la motion de censure contre le Premier ministre, Sylvestre Ilunkamba. Avec ce complément de signatures, le sort du chef de l’exécutif est scellé. Faute d’avoir opté pour une voie de sortie honorable, en démissionnant, le Premier ministre subira inéluctablement la sanction des élus du peuples, la même qu’ils ont réservée, il y a peu, à la présidente de la Chambre basse du Parlement, Jeanine Mabunda. Pour les signataires, cette motion de censure constitue « le parachèvement de la disqualification du régime FCC-CACH après la déchéance du Bureau de l’Assemblée nationale ».

C’est fait. Après plusieurs tractations, la « branche restante » des députés nationaux des groupes parlementaires MS-G7, AMK & Alliés et MLC-ADN a signé la motion de censure contre le gouvernement Ilunkamba. Cette démarche est sans doute la pression ultime qui manquait pour obliger le locataire de l’avenue du Roi Baudouin à Kinshasa, à vite opérer un choix : son honneur ou son humiliation.

En effet, le Premier ministre qui est l’émanation de l’ancienne majorité FCC-CACH devra, en toute logique, tirer les conséquences de la rupture de la coalition qui a fait de lui le tout premier Premier ministre de l’ère Félix Tshisekedi.

Cette motion a été solennellement signée, jeudi le 21 janvier 2021, à la paroisse Notre-Dame de Fatima après avoir examiné la situation politique de l’heure marquée notamment par le refus du Premier ministre de démissionner en dépit de la reconfiguration du paysage politique à l’Assemblée nationale.

Dans une déclaration lue devant la presse, les signataires dévoilent leur motivation. « Après constat du refus délibéré du Premier ministre de présenter la démission de son gouvernement au président de la République, chef de l’État, les Groupes parlementaires MS-G7, AMK et Alliés et MLC-ADN considèrent que cette motion de censure constitue le parachèvement de la disqualification du régime FCC-CACH après la déchéance du Bureau de l’Assemblée nationale », peut-on lire dans leur déclaration.

Et d’ajouter, « les Groupes parlementaires MS-G7, AMK & Alliés et MLC-ADN décident à l’unanimité de signer cette motion de censure et subséquemment, de voter en faveur de la déchéance du Gouvernement du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba ».

Cette signature intervient alors que plus de quarante députés d’Ensemble et quelques autres du MLC avaient déjà paraphé ce document. Les autres, par contre, attendaient le mot d’ordre de Jean Pierre Bemba et Moïse Katumbi.

À voir de près, Sylvestre Ilunga Ilunkamba n’a plus de racine pour résister aux vents dévastateurs de l’Union sacrée de la nation. Par élégance politique, estiment bien des observateurs, dès que le chef de l’État avait parlé de prochain gouvernement dans son discours du 6 décembre 2020 devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès, le Premier ministre devrait déjà déposer sa démission et commencer à expédier les affaires courantes.

L’histoire retiendra que seul Lunda-Bululu, il ya de cela 25 ans, a eu le courage, pour sa dignité et ses convictions, de démissionner de la Primature sous le régime du maréchal Mobutu. Les Congolais sont encore loin de comprendre cette leçon.

Le Potentiel

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