Destruction des portraits de Joseph Kabila à Kinshasa, incendie des effigies du président de la République Félix Tshisekedi à Kolwezi dans la province du Lualaba…Les derniers développements de l’actualité politique en RDC inquiètent plus d’un Congolais.

Du moins ceux qui aspirent à vivre des lendemains meilleurs, différents de ceux que tout Congolais regrette d’avoir vécus il y a quelques années. Mais lorsque le FCC (Front commun pour le Congo) et CACH (Cap pour le changement), par des militants et autres fanatiques trop zélés interposés, se mettent à privilégier l’accessoire, il y a risque qu’ils finissent par se faire hara-kiri. Car ce sont eux qui sont au pouvoir et donc comptables de la gestion du pays.

Après le feuilleton de la paternité de la gratuité de l’enseignement de base, celui de la destruction méchante des effigies des deux leaders phares de la coalition crève l’actualité. En multipliant les couacs, les frictions, les chamailleries, les flèches enflammées, bref, les occasions du divorce, le FCC et CACH sèment des doutes, des inquiétudes dans le cœur de plus de 80 millions de Congolais qui attendent de la coalition des résultats concrets sur le front de l’amélioration des conditions de vie.

Au lieu de mutualiser leurs ressources, leur compétence, leurs expertises, leurs expériences au profit de l’intérêt général pour répondre valablement aux nombreuses attentes du peuple congolais. Ceux qui, à la faveur des élections, ont décidé de ”former un front pour ce pays” et de ”prendre la direction du changement” se complaisent à se chamailler.

Le risque que la coalition court est, au mieux, de passer à côté de l’essentiel, c’est-à-dire répondre favorablement aux attentes de la population ; au pire, de conduire le pays vers une situation insurrectionnelle, chaotique, surtout au regard de la tournure que commence à prendre leur guéguerre marquée par des actes de vandalisme.

Des scènes qui sont parties de la capitale congolaise où des effigies de l’ancien président de la République Joseph Kabila ont été arrachées et brûlées, avant d’atteindre le summum à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba où, en guise de représailles des scènes de Kinshasa, des effigies du président de la République Félix Tshisekedi ont été également profanées avec le feu.

Que de tels actes soient posés par les militants d’une autre formation politique qui ne soit pas aux affaires, cela pourrait passer. Encore que même de l’opposition, un parti politique a vocation à prêcher le civisme. Mais que ce soit l’UDPS, par ses combattants interposés, qui le commette, il y a lieu de se poser des questions. Pourquoi l’UDPS se comporte en opposant, alors qu’elle est au pouvoir ?.

Pour qui connaît les réalités sociologiques de ce pays, on peut bien craindre le risque que ces chamailleries cycliques se muent en ce qu’on doit craindre le plus : des affrontements intercommunautaires. Ce qui ne serait dans l’intérêt de personne, en commençant par la coalition au pouvoir.

Des conflits intercommunautaires qui ont laissé des plaies encore béantes dans ce pays que bien des Congolais ne sont pas près d’oublier. Un cadre du FCC, numéro 1 de la province où les effigies du Président Félix Tshisekedi ont été brûlées, de surcroît un des acteurs politiques ayant vécu les conséquences de ces affrontements meurtriers, a eu à rappeler les affres de tels affrontements..

Retentissant comme le chant lugubre d’un oiseau de mauvais augure, les événements de Kinshasa et de Kolwezi doivent interpeller tous ceux qui en sont concernés. Pour que ceux qui ont réellement prise sur les franges extrémistes des partisans des uns et des autres puissent lancer des appels au calme, mais aussi et surtout, montrer le danger que font courir au pays les agissements de ceux qui, sous le couvert d’attachement à tel ou tel leader politique, sapent en réalité le fondement de la coalition, c’est-à-dire du pouvoir.

Kléber KUNGU/Forum des AS

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