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L’informateur ayant déjà balisé le chemin, l’Union sacrée appelée à ne pas tirer les choses en longueur dans ses tractations autour du choix des candidats ministrables.

« Kisalu me banda. Mudimu wabangi. Kazi inaanza. Musala ebandi »(ndlr : le travail commence), annonçait le Président Félix Tshisekedi, dans toutes les quatre langues nationales, lors de son adresse sur l’état de la Nation, le 14 décembre 2020 devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès. Seuls donc les Congolais avaient compris ce que cela voudrait bien signifier.

Effectivement, le travail a commencé pour Jean-Michel Sama Lukonde, nommé le lundi 15 février au poste de Premier ministre. Déjà, le successeur du Chef de l’Exécutif sortant, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, a reçu hier mardi, le rapport de la Mission d’information confiée en décembre dernier à Modeste Bahati, pour identifier une nouvelle coalition majoritaire au Parlement.

Vu des analystes, il s’agit là, d’une étape importante franchie dans le processus de formation du futur Gouvernement. Car, ce rapport de l’informateur devra désormais servir de document de base, mieux de tableau de bord pour, théoriquement, déterminer la clef de répartition des quotas à attribuer à chaque regroupement politique, membre de l’Union sacrée pour la nation.

D’ores et déjà, plus d’un observateur de la scène politique rd congolaise estime qu’avec la réception, hier, de ce rapport de l’informateur, le « plus dur » commence pour Jean-Michel Lukonde. Dorénavant, il lui revient d’appuyer sur le bouton d’accélérateur afin de former le futur gouvernement, le deuxième de l’ère Félix Tshisekedi, depuis son avènement au pouvoir le 24 janvier 2019.

Une équipe voulue la moitié de l’Exécutif sortant comprenant, outre le Premier ministre, 5 vice-premiers ministres, 10 ministres d’Etat, 31 ministres, 3 ministres délégués et 17 vice-ministres. Soit, un total de 67 membres, pour un faible budget national 2020 jugé irréaliste, initialement chiffré à 11 milliards de dollars américains, revu par la suite à 5 ,7 milliards.

LE CADRE ETANT DEJA TRACE…

Le contexte politique actuel en RD Congo renseigne qu’après son divorce d’avec son prédécesseur Joseph Kabila en décembre dernier, Félix Tshisekedi est resté le seul chef de l’orchestre. C’est à lui d’accorder les différents sons de ses nouveaux partenaires aux fins d’aboutir à une symphonie harmonieuse. Etant désormais le seul pôle du pouvoir dans tous les secteurs de la vie nationale, l’homme du 24 janvier 2019 en RD Congo, a désormais beau jeu.

En ce qui concerne la formation du Gouvernement, il faut souligner le fait que le Premier ministre a un pouvoir très réduit. Après la rupture de l’ancienne coalition FCC-CACH, Félix Tshisekedi n’a plus avec qui parler pour le choix des membres du Gouvernement. Surtout en ce qui concerne les ministères régaliens. A savoir : les Finances, les Affaires étrangères, la Défense nationale, l’Intérieur et la Justice. Pour tous ces ministères, Fatshi doit déjà avoir ses hommes. Quitte à transmettre opportunément la liste au Premier ministre.

Dans ces conditions, la marge de manœuvre pour Jean-Michel Lukonde consistera à s’occuper du reste. Encore qu’ici, ce ne soit pas lui seul qui devra conduire les contacts directs avec les différents candidats ministrables. Car, Félix Tshisekedi devra contenter ses différents partenaires qui l’ont aidé à changer la donne de la nouvelle Majorité parlementaire.

Ces derniers attendent d’être récompensés, chacun au prorata de leurs poids politiques. Sous-entendu, la représentation ou plus exactement le nombre de sièges au Parlement. Particulièrement à l’Assemblée nationale.

Toutefois, on apprend que les concertations autour de la formation du Gouvernement avaient déjà été entamées plusieurs semaines, bien avant la nomination lundi dernier, du nouveau Premier ministre.

Interrogé sur la question posée hier par Top Congo FM, un député katumbiste a rassuré que les conciliabules sont très avancées. Avec une nouvelle majorité de 391 députés nationaux qui ont adhéré à son initiative de l’Union sacrée pour la nation, Félix Tshisekedi devra donc jouer à l’équilibrisme pour éviter de frustrations.

Cependant, devant une classe politique congolaise, vue de l’extérieur comme celle au consensus difficile, la gestion des ambitions demeure une ultime bataille devant Félix Tshisekedi. D’ores et déjà, cette étape de formation du Gouvernement constitue, pour le Chef de l’Etat congolais, une véritable épreuve pour tester la loyauté, la « sincérité » de nombreux acteurs politiques qui avaient déclaré avoir adhéré à l’Union sacrée, non pas pour poste politique en retour, mais pour une cause républicaine.

HARO SUR LA GLOUTONNERIE DES CHEFS DE REGROUPEMENTS!

L’histoire politique récente de la RD Congo atteste que, sous le régime de Joseph Kabila, les postes ministériels ont été le privilège des chefs des partis politiques. Rien d’étonnant ni de surprenant, quand on sait que la plupart des partis politiques vivent essentiellement de la poche de leurs fondateurs.

Ainsi, quand sonne l’heure de partage du gâteau, ces derniers sautent sur l’occasion pour justement, récupérer les moyens financiers et matériels, mobilisés lors de différentes manifestations de leurs partis.

Par rapport à la formation du futur Gouvernement, le deuxième exécutif de l’ère Fatshi, il nous revient d’apprendre que les chefs de regroupements politiques se livrent déjà à une bataille aux cornes. Personne ne voudrait se voir à l’écart. Sur son compte Tweeter, Steve Mbikayi, ministre des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale du Gouvernement sortant, tire déjà la sonnette d’alarme, invitant les acteurs majeurs impliqués dans la formation de l’Exécutif Lukonde, d’éviter de tomber dans les erreurs du passé.

« Nous demandons au Premier ministre nommé de tenir scrupuleusement compte de la configuration des forces politiques à l’Assemblée nationale. Traiter chaque force politique en fonction de ce qu’elle représente. L’AFDC – A attend un traitement digne de son poids politique », dit-il.

Steve Mbikayi aura-t-il ainsi dit tout haut ce que des chefs de regroupements politiques ayant fait allégeance à l’Union Sacrée chuchotent tout bas ?

LES ASSURANCES DE BAHATI A SAMA LUKONDE

C’est hier à Fleuve Congo Hôtel que Jean -Michel Sama Lukonde a eu une séance de travail de quelques heures, avec l’informateur Modeste Bahati Lukwebo. « Nous avons terminé notre mission d’identification à l’Assemblée nationale et au Sénat. Bientôt, nous irons dans les Assemblées provinciales pour le même travail. Ainsi, au terme de la première étape, il nous a été bienséant de remettre le Rapport de notre Mission au nouveau Premier ministre pour lui permettre de former rapidement son Gouvernement », déclare l’informateur à la presse, au sortir de son audience avec le Premier ministre entrant.

Selon le Premier ministre Sama Lukonde, cette rencontre lui a permis d’avoir une idée des résultats en rapport avec les forces politiques en présence, issus des consultations de l’informateur. « Nous avons parlé avec l’informateur qui nous a donné les résultats des travaux qu’il a menés. Ça nous donne l’idée sur les forces politiques en présence et ça va nous permettre de discuter avec les différents responsables, en leur faisant comprendre que nous n’avons pas le temps qui joue avec nous », a-t-il déclaré.

Compte tenu de l’impératif de temps, le nouveau Premier ministre se dit optimiste, quant à l’adoption de son programme et son investiture subséquente par l’Assemblée nationale. Ce, au cours de la prochaine session ordinaire du Parlement, prévue du 15 mars au 15 juin prochains, conformément aux prescrits de l’article 90 de la Constitution du 18 février 2006 en vigueur.

Mais déjà, Jean-Michel Sama Lukonde peut compter sur le soutien du regroupement politique Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés, de Modeste Bahati. Air détendu, ce dernier a rassuré le nouveau Chef du futur Exécutif, de l’appui de son regroupement politique. « Je suis venu d’abord féliciter formellement son Excellence M. le Premier ministre Jean Michel Sama Lukonde Kyenge. Deuxièmement, lui remettre la copie du rapport de ma mission en tant qu’informateur. Surement, ça pourra l’aider dans le travail de la composition du Gouvernement « , ajoute Modeste Bahati, avant de garantir le Premier ministre de l’accompagnement de l’AFDC-A.

Aussi, l’autorité morale du regroupement AFDC-A a saisi cette occasion pour remercier le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, d’avoir porté son choix sur un acteur politique jeune et jeune dynamique qui a une carrière professionnelle élogieuse. « Je ne peux qu’être content. Le choix du chef de l’Etat est indiscutable. Il a fait un bon choix. Il n’est pas allé chercher un chômeur. Sama Lukonde vient d’une grande entreprise, la Gécamines. Nous connaissons tous la rigueur qu’il y a dans la gestion des entreprises minières. Nous souhaitons et avons l’espoir que ça sera la même rigueur dans la gestion du Gouvernement et le travail basé sur le résultat. Il bénéficiera de notre appui », a-t-il ajouté.

Modeste Bahati Lukwebo, fort du travail abattu pour offrir à Félix Tshisekedi une Majorité parlementaire écrasante (391 députés sur les 500 qui composent la représentation nationale), a donné les premières pistes à Sama Lukonde en vue de la constitution de la nouvelle équipe gouvernementale. Désormais, la balle se trouve dans le camp des regroupements politiques de l’Union sacrée. Ces derniers devront donc éviter de tirer inutilement les concertations en longueur, comme on en a l’habitude, afin de permettre à Sama Lukonde de former son équipe. Les règles du jeu étant déjà clairement fixés, d’aucuns pensent que les choses devraient aller plus vite.

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