Ecoutez cet article

Fini les temps de la langue de bois entre Kinshasa et Kigali. Muyaya envoie des piques enflammées à Paul Kagame et à son gouvernement. « Le peuple congolais est traumatisé par l’attitude du Rwanda ». Le ton et le langage utilisés par le porte-parole du gouvernement congolais tranchent avec les reserves diplomatiques habituelles. Pour avoir franchi la ligne, il est clair que Kinshasa a décidé de clasher réellement le Rwanda de Paul Kagame.

Atrabilaire vis-à-vis du régime de Kigali, le ministre Patrick Muyaya Katembwe de la Communication et médias s’est voulu clair comme l’eau de roche. La République démocratique du Congo en a assez de payer le prix du génocide rwandais, a-t-il déclaré en direct dans « Appels sur l’actualité », une émission culte de Radio France internationale (RFI) mercredi matin. Le porte-parole du gouvernement congolais a rejeté catégoriquement les démentis incessants de Kigali, à chaque fois que Kinshasa formule des accusations avérées contre lui : « Démentir, c’est le langage habituel. Parce que vous parlez de rebelles Hutu FDLR, nous République démocratique du Congo, on en a assez de payer le prix des conséquences du génocide. Tout ceci arrive parce que nous avons été très hospitaliers, parce que nous avions ouvert nos frontières en 1994 et depuis, notre malheur a commencé. Parce que le Rwanda, depuis 1997 par exemple avec le mouvement de l’AFDL, a dirigé l’armée congolaise à travers James Kabarebe. Ils avaient en ce moment là l’occasion de régler le problème. En 1998, plus tard, une rébellion éclate, il y a le RCD dirigé par Kigali qui occupe l’Est du pays. Ils ont eu tout le temps derrière de combattre ces FDLR. Au-delà de ça, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale en 2009, a perdu son poste parce que le président Kabila avait discuté les opérations conjointes avec Kigali. Vous voyez que depuis toutes ces années, nous payons le prix le plus fort de la présence des FDLR sur notre territoire et nos forces armées les ont combattues et ils n’arrêtent pas de les combattre. Aujourd’hui, les FDLR, si ça subsiste, je ne pense pas que ça subsiste au point de poser des problèmes de sécurité au gouvernement rwandais qui justifie une nouvelle invasion », a-t-il limpidement expliqué.

Kigali se fait remonter les bretelles par Muyaya

Très incisif, Patrick Muyaya n’est pas allé par le dos de la cuillère pour désigner le mal rwandais. Le jugeant clairement d’un voisin belliqueux : « Lorsque vous avez un voisin qui est belliqueux, parce que nous, en termes de paix, c’est le choix que nous avons fait. Parce que les populations rwandaises et les populations congolaises échangent beaucoup. Parce qu’il faut le rappeler, la frontière RDC-Rwanda, c’est l’une des frontières les plus fréquentées au monde. Et donc, il faut le rappeler, le président de la République a donné un signe de bonne foi en rendant les militaires rwandais qui ont été arrêtés chez nous ».

Avec la même rhétorique, le ministre de la Communication et médias ne s’est pas empêché d’aborder également le dossier relatif à l’ambassadeur Vincent Karega, un diplomate dont le mandat tient désormais sur le fil du rasoir en République démocratique du Congo. « Aujourd’hui, nous considérons que nous sommes au stade de négociations, de discussions qui feront que si les amis ne se montrent pas ouverts et disposés à aller à la table des négociations, nous irons jusqu’à l’expulsion de l’ambassadeur, on ne peut pas exclure cette possibilité, si les amis ne font pas le choix de la paix », sonne ainsi le poing sur la table de Patrick Muyaya qui n’exclut pas la rupture des relations diplomatiques, en cas de persistance de Kigali sur la voie de la provocation et de l’invasion du territoire congolais.

Jeanric Umande
Ouragan

SOMBA,TEKA Ofele

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici