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En sa qualité de communicant du Front Commun pour le Congo (FCC), l’Ambassadeur André-Alain Atundu a une fois de plus convoqué la presse, ce dimanche 3 novembre 2019, pour s’exprimer autour de plusieurs sujets d’actualité. Il s’agit notamment de la déclaration de Jean-Marc Châtaigner, nouvel ambassadeur de l’Union européenne en RDC sur Top Congo, du débat sur l’éventualité d’une candidature de Joseph Kabila à la prochaine présidentielle, de la déclaration de Trump selon laquelle la situation en RDC représenterait un danger pour la politique américaine, des relations FCC/CACH et des récentes bavures des forces de l’ordre.

Au sujet des propos de l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Jean-Marc Châtaigner, qui a déclaré sur Top Congo que l’UE n’a pas pris de sanctions envers la RDC mais « des mesures individuelles très limitées contre 14 personnes », Atundu pense que c’est une narration politique faite sur la base d’une rhétorique juridique. Il estime que toute mesure est une sanction et quand on voit le contexte, la sanction de l’UE est une mesure politique destinée à faire pression aux autorités congolaises pour les intérêts de l’UE contre l’intérêt de la population.

Sanctionner l’idée des citoyens à avoir un comportement politique différent, c’est un acte moral condamnable. Selon lui, l’agir congolais doit être dicté par une trilogie : la souveraineté de la République, qui commence par la possibilité d’organiser notre pays en interne ; est-ce que le développement économique du pays est garanti ? La population congolaise, est-ce que la situation sociale s’améliore ?

Avenir politique de Kabila

Avant d’aborder la question de la candidature ou pas de Joseph Kabila en 2023, A. Atundu, dans son franc parler, a d’abord rendu hommage au Président Joseph Kabila, pour le prix lui décerné par la SADC en reconnaissance de sa contribution déterminante et de son engagement inconditionnel dans le processus de la passation pacifique de pouvoir. Chose unique dans l’histoire de la Rdc depuis l’indépendance. A l’en croire, le Parlement congolais aurait dû être la première institution à décerner un tel prix afin d’encourager la classe politique congolaise à suivre cet exemple historique qui honore particulièrement le peuple de la Rdc qui a ainsi toutes les raisons de croire désormais en la parole de ses dirigeants.

Sur l’avenir politique de l’ancien président Joseph Kabila à l’horizon 2023, Alain Atundu a fait observer qu’une lecture attentive de la Constitution en ses articles 72 et 108 ainsi que la loi électorale en ses articles 9 et 10 ne décide aucun obstacle dirimant à un ancien président de se lancer dans la course au pouvoir présidentiel entant que sénateur à vie. Et pour étayer sa thèse, il prend le cas de l’actuel président Felix Tshisekedi comme contre exemple. « Et donc, en principe, s’il faut s’en tenir à la stricte logique de la thèse de Sénateur à vie, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi, Président en exercice ne pourrait même pas prétendre à un 2ème mandat parce qu’à partir de l’exercice de sa fonction, il est éligible au Statut de Sénateur à vie avant ou après la fin de son mandat présidentiel. Est-ce raisonnable? Est-ce rationnel constitutionnellement ? Est-ce concevable ? », s’interroge-t-il.

Pour l’ancien porte-parole de l’ex-majorité présidentielle, « aucune disposition n’empêche un ancien président de la République à briguer la présidence après avoir passé le relais à son successeur ».

Selon l’ambassadeur Atundu, « tous les fantasmes qui circulent autour de l’impossibilité éventuelle, juridique où constitutionnelle, du président Joseph Kabila ne sont que malveillance, aversion envers sa personne et autre anti démocratique ».

Bref, en un mot comme en mille, ce débat sur l’impossibilité de l’éventualité du président Kabila de briguer un autre mandat, parce que Sénateur à vie, est une vaste blague, une talentueuse prestidigitation de quelques amuseurs publics de qualité, il faut le reconnaître.

« Le débat précoce sur la présidentielle de 2023 est une recette remise au goût du jour de la volonté des ennemis de la démocratie de créer une situation inédite susceptible de déboucher sur un dialogue politique dans le but inavoué d’entrer au pouvoir par effraction », dit-il.

Quant à savoir s’il n’y a pas d’autres cadres du FCC compétents, Atundu a répondu que « Le FCC est une organisation politique qui ne marche pas en fonction de fantasme de quelqu’un. Kabila est un nationalisme qui a donné la preuve de son patriotisme, en jouant et en évitant à notre pays le spectacle d’une République bananière. Si au sein du FCC on estime que c’est Kabila qui est le meilleur alors ça sera Kabila. »

Prendre au sérieux la menace de Trump

Dans sa communication, l’ex-porte-parole de la majorité présidentielle constate que pendant que l’opinion nationale est distraite par le débat sur la possibilité de l’éventualité d’un ancien président de la République de revenir aux affaires, une déclaration préoccupante du président Trump concernant le Congo passe inaperçue.

En effet, il y a quelques semaines, le président Trump a qualifié la situation politique en rdc de menace pour la politique étrangère des USA. « Ce n’est certainement pas une déclaration de guerre contre un ami et un partenaire historique, mais ce n’est pas loin de lui ressembler », observe-t-il, avant de dire que la population congolaise et l’opinion internationale ont apprécié et la passation pacifique de pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi comme l’expression évidente de leur maturité politique.

Beaucoup d’Etats amis, dont les USA ont exprimé le désir d’accompagner le Président Félix Tshisekedi dans son mandat. Le message du président Trump introduit une fausse note et une turbidité inutile dans l’esprit des populations congolaises, alors que le réchauffement de la coopération militaire à travers Africom est un signal positif et un signe porteur bien compris des Congolais.

Et Atundu de se demander si le président Félix Tshisekedi a eu tort de proclamer « le peuple d’abord » ? Certainement pas, répond-t-il, même si ce type de réaction rappelle au président de la République les exigences de sa fonction de chef de l’Etat, à savoir : défendre la souveraineté de la République, assurer le développement économique du pays et poursuivre l’amélioration de la situation sociale du Congolais.

Relation FCC-CACH

Pour lui, l’intérêt de la Nation est de soutenir la coalition FCC-CACH non seulement pour avoir épargné les populations congolaises des affres d’une guerre post-électorale jugées alors inévitables par les prophètes des malheurs, mais surtout pour avoir décidé de mener ensemble la bataille du développement du Congo sur la base de la Constitution et de la volonté politique des présidents Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.

C’est dans ce contexte, constate-t-il que viennent s’ajouter les escarmouches entre les principaux partis de l’alliance FCC-CACH. Sinon, est-il nécessaire de rappeler que cette alliance des nationalistes qui placent l’homme congolais au centre de leur action n’est pas du gout de tout le monde ? Et ce, lorsqu’on sait que des voix ne jurent que par la destruction et l’échec de la coalition par le biais d’un holdup politique sur la souveraineté du pays. Raison pour laquelle « les membres de la coalition FCC-CACH doivent agir avec circonspection et retenue pour l’intérêt majeur de la coalition et des populations congolaises. »

Condamnation des meurtres par des agents de l’ordre

Atundu a terminé par « condamner les auteurs de ces crimes scrupuleux que rien ou qu’un esprit normalement constitué ne peut justifier. »

Avant de renchérir en affirmant que « La tragédie de meurtre par balle des citoyens ordinaires par des agents chargés d’assurer la protection des citoyens et de leurs biens devrait interpeller tout nationaliste et compatriote, à fortiori les autorités nationales, civiles et militaires.»

Selon lui, « ces bavures sont inacceptables, indéfendables et la justice a eu raison d’avoir eu la main particulièrement lourde dans le jugement de ces assassins impénitents. »

De même, propose-t-il, les autorités nationales devraient, à la suite de ces incidents devenus récurrents et en prévention des cas semblables, réduire drastiquement les bénéficiaires et le nombre des agents de protection de la police et de l’armée dont on réduit sans vergogne le rôle à régler la circulation en contre sens du code de la route ou plus révoltant à porter les sacs des épouses de ces dignitaires. « Les conditions de l’utilisation, à des fins individuelles, des agents de l’ordre et des forces de la défense devraient être plus restrictives. L’idéal est de privilégier la protection de l’ensemble de la communauté au détriment des protections individuelles », a-t-il fait savoir.

Didier KEBONGO
L’Avenir / Forum des As / MCP

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