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« L’heure du retour sur scène politique à sonné pour l’ancien président Joseph Kabila ».

Cette phrase a été lancée par Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et dauphin de Joseph Kabila aux élections de 2018, à l’occasion d’une matinée politique de ce parti du 22 au 23 octobre tenue à Lubumbashi.

Le journal Jeune Afrique indique dans un article paru le 22 octobre que c’est devant quelque 250 « caciques » de l’ancien parti présidentiel que Shadari a tenu ce discours.

Cette déclaration a divisé la classe politique congolaise, des acteurs des partis politiques au pouvoir et à l’opposition jusqu’aux professeurs d’universités et constitutionnalistes, chacun en est allé de son interprétation.

La question qu’on se pose est celle de savoir qui veulent-ils vraiment le retour de Kabila au pouvoir ?

Si l’article de Jeune Afrique donne la réponse en parlant des « caciques », il reste alors de savoir de quels caciques s’agit-il.

Emmanuel Ramazani Shadari : Il est le secrétaire permanent de ce parti cher à Joseph Kabila et son dauphin aux élections de 2018 dont il avait perdu en occupent la 3ème place derrière Martin Fayulu et Félix Tshisekedi élu président selon les résultats de la CENI. Il est inscrit sur la liste des sanctions de l’Union Européenne le 29 mai 2017.

Néhémie Mwilanya : Il est coordinateur du Front commun pour le Congo (FCC), et dernier Directeur de Cabinet de Joseph Kabila.

Henri Mova Sakanyi : ex-ministre de l’intérieur, il a occupé plusieurs postes politiques parmi lesquels, les postes d’ambassadeur et de ministre. Il a été également secrétaire Général du PPRD.

Évariste Boshab : ex-ministre de l’intérieur aussi, il est l’auteur du contesté livre « entre révision de la constitution et l’inanition de la nation ». Il est sanctionné par les Etats-Unis en mai 2017 et par l’Union Européenne pour son rôle dans les violations des droits de l’homme au pays.

Léonard She Okitundu : ancien vice-premier ministre en charge des affaires étrangères. Barnabé Kikaya Bin Karubi, est parmi les fondateurs du PPRD et ancien conseillé diplomatique de Joseph Kabila.

Kalev Mutond : ancien administrateur général de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), il est sous les sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne pour son rôle dans les répressions des manifestants contre le troisième mandat de Joseph Kabila.

Était également présent à Lubumbashi Jeanine Mabunda, présidente de l’Assemblée Nationale.

Des personnes laissées-pour-compte dans le gouvernement Ilunga

Lors de la composition du gouvernement qui devrait conduire la politique de l’actuel président de la République, Félix Tshisekedi avait annoncé sa volonté de ne pas nommer les personnes qui étaient sous les sanctions internationales.

Ceci avait conduit à la nomination de Ilunga Ilunkamba que personne ne voyait à cette place après plusieurs mois de négociations.

La majorité des cadres du PPRD alors influents sous Joseph Kabila seront écartés parmi eux, ces personnes que Jeune Afrique appelle « Caciques ». Si certains se sont faits élire comme députés nationaux et sénateurs, ils se retrouvent loin de la gestion quotidienne de la chose publique.

On peut noter que parmi les personnes citées ci-haut, seule Jeanine Mabunda occupe une place de gestion et qui a la place dans le sillage du pouvoir. Mais celle-ci est combattue par son parti politique qui veut la remplacer à tout prix.

Opportunistes ou nostalgiques

Vue la carrure des ces personnes et leur connaissance de la gestion de la chose publique, personne ne parlerait de l’opportunisme. Nostalgie ? Voilà peut-être le mot qui convient à ces « caciques » qui n’acceptent pas d’être en dehors de la gestion. Le commun de mortel dirait qu’ils n’acceptent pas le chômage.

Comment revenir si pas avec Joseph Kabila? Ramazani Shadari a goûté le refus du peuple d’élire un cadre du PPRD à la présidence de la République malgré des millions de dollars injectés dans la population pendant la campagne électorale de 2018.

Qui d’autre pour porter l’étendard de ce parti politique si pas Joseph Kabila lui-même. Ceci explique peut-être cette volonté de voir l’homme de Kingakati revenir au pouvoir et eux derrière lui. Sauf s’ils trouvent une recette magique d’ici 2023.

Thomas Uzima
Média Congo Press

DiaspoRDC TV

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