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Le discours « extrême » ici, est celui qui remet en cause le pouvoir du président congolais, jugé « fruit de la fraude » par ceux qui imitent, à quelques mots, le ton de l’opposant Martin Fayulu, candidat perdant de la dernière présidentielle qui, deux ans plus tard, continue à revendiquer la victoire électorale. Elles ne sont plus assez nombreuses, mais elles sont là, ces figures de premier plan qui croient en « la lutte » de ce dernier. Et elles adoptent ses mots : fraude, deal… Mais aussi son ton, sans gueule de bois. Le discours « extrême », est aussi celui de partisans du pouvoir Tshisekedi.

Ce mardi sur son compte Twitter officiel, ce réseau social devenu au Congo un terrain d’affrontements politiques musclés, l’opposant Alain-Daniel Shekomba devenu pro-Fayulu tweete, « très chers compatriotes, j’ai le plaisir de vous présenter le FAUX et la FRAUDE. Merci de retenir son visage car il est à la base des pillages de nos ressources naturelles et financières !!! Et signe des accords avec des criminels économiques et des guerres. » Texte illustré par un photomontage reprenant le visage du président congolais Félix Tshisekedi.

Quelques jours plus tôt, Devos Kitoko un de ses comparses et secrétaire général du parti ECIDE, comme toujours, a dû presser sur l’accélérateur : « les marginaux « sécants » du FCC-CACH sont en mutation stratégique pour le contrôle des zones d’incertitude qui donnent accès aux ressources de la fraude. Dans l’entretemps, LE DEAL est dans sa phase de l’homéostasie. La vigilance s’impose pour nous qui avons choisi la constance. »

En parallèle des deux tonitruants pro- « président élu », se trouvent une multitude d’autres auteurs des discours à la limite de l’outrance, personnalités connues comme le bâtonnier Firmin Yangambi – dix ans de prison à son actif pour tentative de rébellion – qui a créé sa Dynamique changer ce Congo, et d’autres anonymes.

Face à eux, se dressent ceux que la toile surnomme « les talibans », les partisans de Félix Tshisekedi réunis en une sorte d’armée numérique, qualifiée carrément de « milice numérique du président » par certains. Ils envahissent les réseaux sociaux, soient derrière de comptes anonymes au nombre de followers relatif dont quelques-uns accumulent à eux seuls des cinquantaine de milliers. D’autres agissent à visages découverts ou à l’intermédiaire d’autres faux comptes. Ils attaquent, répliquent, s’en prennent à tous ceux qui s’opposent à la politique du fils d’Etienne Tshisekedi, le défunt sphinx.

En août dernier, le réseau social Facebook avait annoncé avoir supprimé une soixantaine de comptes liés à Honoré Mvula, homme politique et défenseur du pouvoir Tshisekedi, pour « désinformation et propagande politique. » Ce qui explique l’ampleur de l’affrontement ressenti à l’international, dont la contradiction se traduit, généralement, aux invectives.

Sur l’autel des querelles politiques et moyens financiers investis, il est offert en sacrifice le vrai débat autour du développement de ce vaste pays d’Afrique centrale aux populations miséreuses.

Tony-Antoine Dibendila
4pouvoir

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