Le député Jacques Ndoli s’est confié mercredi 23 septembre à ACTUALITE.CD en marge du forum sur la performance dans la gouvernance de la nation qu’organise l’association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) en collaboration avec l’Agence de prévention et de la lutte contre la corruption (APLC), Coordination pour le Changement de Mentalité, deux structures de la présidence de la République.

Un des orateurs dans cette rencontre entre les experts, acteurs politiques et la société civile, ce constitutionnaliste et inspecteur général du MLC a fait une analyse froide de l’état de la nation actuellement dirigée par la coalition au pouvoir. Il exposait sur le sous-thème : 60 ans après l’indépendance, comment réinventer l’État-projet ?

“Nous avons une architecture institutionnelle à la fois verticale et horizontale. Sur le plan verticale, nous avons un pouvoir central qui est un pouvoir d’orientation au niveau national, provincial et local. L’Etat que nous avons aujourd’hui est en rupture avec la population qui est totalement abandonnée. Au niveau horizontal, chaque pouvoir a ses éléments, le pouvoir législatif qui est délibératif, le pouvoir judiciaire qui ne se réveille pas et aujourd’hui le pouvoir exécutif qui est totalement bloqué par cette coalition de pacotille qui n’a pas d’idéologie, la sève et les capacités nécessaires de conduire le pays vers le bonheur attendu”, a décrit Jacques Ndjoli.

Et d’ajouter : “Il y a aussi les institutions d’appui à la démocratie que ce soit la CENI, le CSAC et d’autres mais aussi les institutions d’appui à la gouvernance, la Cour de compte, la BCC, le Conseil Économique et Social sans compter la conférence des gouverneurs qui ne fonctionnent pas”.

M. Ndjoli a estimé que le pays n’a toujours pas de leadership fort depuis son accession à l’indépendance.

“Nous sommes dans un État qui est en panne pas en terme d’architecture mais en terme de capacité anthropologique de prendre en charge le devenir de la nation. Là où il faut jouer c’est au niveau du leadership, que ce dernier puisse savoir que le pouvoir politique n’est pas un pouvoir de consommation mais de transformation de la cité. Pendant 60 ans, nous sommes dans cette forme d’entropie ou torpeur qui fait que nous sommes là où nous sommes”, a-t-il fustigé.

Et de conclure : “Il faut donc un réveil, sortir de cette chamaillerie, ces distractions depuis 60 ans. Il n’y a aucun plan national de reconstruction de ce pays avec un schéma rationnel pour avoir un État efficace, d’où la nécessité de relancer l’Etat stratège. Il n’y a aucun plan d’organisation de vivre ensemble, on est en train de tomber dans la tribalité alors que nous devons construire un État avec la cohésion nationale. Voyez ce qui se passe à l’est, nous risquons de perdre des zones entières. Notre économie est anémiée, on ne parvient même pas à faire 3 milliards de dollars, le taux d’exécution du budget en terme de recette ne dépasse même pas 26% dans un pays immensément riche, je pense qu’il faut qu’on se ressaisisse”.

Contexte

La reconstruction de l’État et profil des dirigeants, la mobilisations des ressources publiques et gestion de redevabilité, mécanisme de lutte contre la corruption, blanchiment des capitaux et détournements publics et règlement des arriérés fiscaux ou non: amnistie ou transaction? sont les thèmes composés également des sous thèmes qui abordés par différents orateurs dont le coordonnateur du CCM Jacques Kangudia; le DG de l’APLC; les professeurs Mabi Mulumba, Matata, Jacques Ndjoli, Nyembo Shabani, Sam Bokolombe; l’IGF Jules Alingeti, l’honorable Christophe Lutundula et les Procureurs Adler Kisula et Mathieu Kongolo.

Ouvertes par le premier ministre, représentant le Chef de l’État, lundi dernier, ces assises des quatre jours seront assorties des recommandations afin d’aider à l’amélioration de la gouvernance de la nation tant décriée par la société civile et des politiques.

Fonseca MANSIANGA
Actualite.cd

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