Qui sera le prochain président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) en République démocratique du Congo ? C’est aux huit représentants des confessions religieuses reconnues par l’État au sein de la société civile que la tâche traditionnelle de le choisir incombe.

Réunis deux jours durant sous la modération du cardinal Fridolin Ambongo, les représentants des différentes confessions religieuses n’ont trouvé aucun consensus. Les discussions ont été houleuses car la crédibilité des élections de 2023 en dépendent, affirme un chef religieux. Finalement hier, seuls les catholiques et les protestants ont communiqué. Ces dernières expliquent le blocage, dans un communiqué, qui souligne « l’intransigeance des uns et des rumeurs persistantes de la corruption, aussi par souci de privilégier une solution consensuelle ».

« À ce stade, chaque camp est bloqué. Chacun prétend que son candidat est meilleur. Ce serait ridicule de la part des chefs spirituels de proposer un candidat connu de tout le monde comme ayant des accointances à gauche et à droite », souligne l’abbé Donation N’Shole, secrétaire général de la Cenco, l’épiscopat congolais.

Problèmes d’indépendance

Ces bisbilles ont perduré. Si l’Église catholique a choisi Cyrille Ebotoko, actuellement responsable du Programme d’éducation civique et électorale à la Commission épiscopale justice et paix de la Cenco, les protestants de l’ECC ont présenté Rémy Eyale, un formateur en gouvernance électorale. Problème : il avait a été candidat lors de dernières législatives pour le compte d’un partis d’opposition.

Les kimbanguistes pointent donc un problème d’indépendance, mais leur candidat, Ronsard Malonda, soutenu par cinq autres représentants des confessions religieuses, est l’actuel secrétaire exécutif national de la Ceni.
Or, les membres de l’actuelle commission électorale sont soupçonnés par la Cenco et l’ECC d’être à l’origine de fraude massive.

Même quand la Cenco a retiré sa candidature, le blocage a perduré.

Les représentants de six confessions religieuses menées par les kimbanguistes réclament le passage au vote. Président de séance, le cardinal Fridolin Ambongo a suspendu la plénière en espérant trouver un consensus dans les prochains jours. La charte régissant les confessions religieuses prévoit un vote uniquement en dernier recours, en cas de persistance de divergence.

Réaction du Comité laïc

Le Comité laïc de coordination a estimé dans un communiqué qu’il est « manifestement indécent d’envisager, un seul instant, de hisser à la tête de la Céni un autre pion de la manipulation des élections qui ont rendu ce rendez-vous sacré entre le peuple et ses dirigeants légitimes, une caricature, un simulacre de vote dont les voix sont ignorées ».

Ce collectif catholique a averti la présidente de l’Assemblée nationale que le « peuple congolais n’acceptera jamais un membre de l’équipe Nangaa à la tête de la Céni ». Dans ce climat, l’ONG congolaise Association congolaise pour l’accès à la justice (Acaj), par la voix de son coordonnateur Georges Kapiamba, a déploré des négociations menées « sous pression de la coalition » au pouvoir avant les réformes attendues de la Céni.

RFI

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