RDC: les dépenses de l’exécutif plombent les maigres finances publiques

Les dépenses de la présidence de la République démocratique du Congo et des services du Premier ministre plombent les maigres finances du pays, sans gouvernement depuis plusieurs semaines, a dénoncé jeudi une ONG de contrôle citoyen des finances publiques. Au total 1.081 personnes (conseillers…) sont à la charge « du Trésor public au niveau du cabinet du chef de l’Etat », indique l’Observatoire de la dépense publique (Odep) dans son rapport.

Sur les deux premiers mois de l’année, la présidence « a dépensé 29,2 millions de dollars, en dépassement de 113% » sur son budget initial, affirme l’ONG.

La RDC attend depuis plusieurs semaines un nouveau gouvernement, ce qui pèse également sur ses maigres ressources: « Au moment où le pays n’a pas les moyens, deux Premiers ministres sont pris en charge par l’Etat. Déjà 4,5 millions de dollars ont été dépensés en deux mois (…) Un paiement pour rien! », selon le rapport.

« La RDC totalise quatre mois sans Conseil des ministres (…) Il n’y a aucun suivi » des affaires budgétaires et fiscales, déplore l’Odep.

« Avec ce tableau sombre, la RDC ne peut pas prétendre mobiliser plus de 3,5 milliards de dollars (de recettes fiscales) cette année », ajoute l’Odep. Le budget prévu de l’Etat pour 2021 est de 7,1 milliards de dollars.

« Le malheur est que 2,5 milliards de dollars de recettes fiscales seront utilisés pour les rémunérations, comme en 2020 », ajoute l’Odep.

Soutenu par l’Occident, le président Félix Tshisekedi a mis fin à la coalition qui le liait à son prédécesseur Joseph Kabila, notamment en renversant sa majorité au Parlement.

Premier producteur mondial de cobalt, la RDC est un pays potentiellement riche avec ses minerais. Mais les 2/3 de ses 80 millions d’habitants vivent dans la pauvreté. « En 2018, 72 % de sa population vivait avec moins de 1,9 dollar par jour », selon la Banque mondiale.

Le pays est tributaire des « bailleurs » (aide bilatérale ou multilatérale) pour ses dépenses courantes, souvent minées par la corruption.

La Banque mondiale a suspendu en février un financement de 100 millions de dollars en faveur de la gratuité de l’enseignement, en raison d’une affaire de corruption. Deux responsables de l’enseignement public ont été condamnés fin mars à 20 ans de prison.

La libre Afrique

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