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Alors que la République Démocratique du Congo et le Rwanda sont engagés dans un bras de fer sur fond des accusations mutuelles d’agressions, le Vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères congolais, Christophe Lutundula Apala a assiégé pratiquement tous les salons diplomatiques du monde. D’Addis-Abeba à Malabo, en passant par la République voisine du Congo, jusqu’ à Washington aux Etats-Unis d’Amérique, il porte haut et fort la voix de la République Démocratique du Congo, physiquement ou virtuellement. Il accuse tellement le gouvernement rwandais que des officiels du Rwanda risquent, si ce n’est déjà pas fait, de faire de cauchemars à la seule évocation de son nom.

Premier officiel congolais de haut niveau à dénoncer publiquement le soutien du Rwanda au mouvement terroriste du M23, Lutundula a eu les mots qu’il fallait.

Du haut de la tribune de la plénière du Conseil exécutif de l’Union Africaine, tenue mercredi 25 mai 2022 à Malabo, il a dit tout haut ce qui se chuchotait jusque-là tout bas. Sans langue de bois, il a attiré l’attention de la Communauté internationale sur l’agression de la RDC par le Rwanda.

Il avait notamment déclaré que « le M23, soutenu par le Rwanda, a attaqué les troupes internationales de la Monusco » sur le territoire congolais et que « le Rwanda a attaqué le camp de Rumangabo en RDC ».

Une ubiquité diplomatique qui perturbe les calculs de Kigali

A la plénière du sommet humanitaire extraordinaire tenu le lendemain, Lutundula a attiré l’attention des dirigeants africains sur la dégradation de la situation humanitaire et sécuritaire dans l’Est de la RDC. Encore une fois, il avait fustigé le soutien du Rwanda au M23, en promettant d’y revenir avec force et détails lors de la séance du samedi 28 mai, consacrée au terrorisme et aux changements anticonstitutionnels de gouvernements.

Chose promise, chose dûe, le natif de Katako-Kombe dans la province du Sankuru a encore sérieusement cogné le gouvernement rwandais, en ramenant les décideurs africains sur le terrain, sur les réalités de la situation au Nord-Kivu, autour du territoire de Rutshuru, précisément dans les localités Rumangabo et Kibumba.

En effet, le chef de la diplomatie congolaise avait réaffirmé la détermination du Président de la République, Félix Tshisekedi, du parlement, du gouvernement et de l’ensemble du peuple congolais, à « défendre l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance » de leur pays.

Revenant sur ce qu’il avait dit la veille, il avait demandé à l’UA d’intimer l’ordre au M23, « enterré depuis dix ans » mais « exhumé par ceux qui le soutiennent », de se retirer, de déposer les armes et de rentrer dans les positions d’avant les attaques contre les FARDC, qui datent depuis le mois de février dernier.

Un appel à la mobilisation générale

Sa mission à Malabo remplie à la perfection, et alors que le ministre de la communication tatonait dans sa communication sur le bras de fer avec le Rwanda, le Vice-premier ministre des Affaires étrangères a, aussitôt rentré à Kinshasa, mobilisé la population à se ranger comme un seul homme autour des FARDC et du Commandant Suprême, pour défendre la patrie.

« Pour ma part, j’affirme que le Président de la République, le parlement, le gouvernement et tout le peuple congolais, nous sommes déterminés, nous sommes fermes pour défendre l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de notre pays. C’est pour cela que je lance un appel à tous les compatriotes pour nous mobiliser autour des Forces Armées de la RDC, des services de sécurité, de la police nationale et du Commandant Suprême de toutes ces forces de notre pays, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour justement défendre notre pays. Il y a un élan, il y a une flamme patriotique qui s’est allumée, qui brille au firmament de la RDC. Dans tous les coins du pays, il faut consolider, entretenir cette flamme, cet élan patriotique », avait-il lancé sur la très suivie radio Top Congo.

Une correspondance qui a tout déballé

Intrépide lorsqu’il s’agit de la défense de la Patrie, Christophe Lutundula s’est envolé pour Washington aux Etats-Unis d’Amérique. Objectif: accuser le Rwanda aux Nations Unies et demander au Conseil de Sécurité de condamner les attaques du M23 contre les FARDC et le soutien du Rwanda à ce groupe terroriste.

D’ailleurs, quelques jours plus tôt, il avait amené la bataille diplomatique entre la RDC et le Rwanda à un autre niveau, en saisissant officiellement le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

« Ces actes délibérés des Forces Rwandaises de Défense constituant non seulement des violations graves de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la République Démocratique du Congo, mais aussi une agression caractérisée contre elle par la République du Rwanda et une menace réelle pour la paix et la sécurité internationale. Ils sont, par conséquent, contraires à la Charte des Nations Unies et au droit international », a-t-il expliqué à la Présidente de cette instance des Nations Unies.

Dans cette missive datée du 25 mai, le chef de la diplomatie congolaise a demandé, au nom du gouvernement, au Conseil de sécurité de l’ONU d’assumer toutes ses responsabilités statutaires en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale:

« En condamnant, sans équivoque et fermement, les attaques du groupe terroriste M23 contre les FARDC et la République du Rwanda pour le soutien qu’il lui apporte, la violation de l’intégrité du territoire et de la souveraineté de la République ; en enjoignant le Gouvernement de la République du Rwanda de retirer sans délai ni condition ses troupes du territoire congolais, de cesser de soutenir directement ou indirectement le M23 et de faciliter la mise en œuvre du processus de Nairobi comme convenu par les Chefs d’Etat de Burundi, de l’Ouganda, de la RDC et du Rwanda sous la médiation du Président en exercice de la Communauté de l’Afrique de l’Est, le Président Uhuru Kenyatta ».

Des similitudes avec Lumumba

Signe qu’il est déterminé à obtenir du Conseil de Sécurité des Nations Unies une déclaration ferme de condamnation de l’agression de la RDC par le Rwanda, Christophe Lutundula a réitéré cette demande dans son intervention en présentiel, le mardi 31 mai 2022.

Devant les décideurs du monde, il a réitéré les accusations de Kinshasa contre Kigali.

A des milliers de kilomètres de là, tous les congolais normalement constitués sont tombés sous son charme.
Certains comparent le ton et le contenu de son discours à celui de Patrice Emery Lumumba, du 30 juin 1960.

Et quand on sait que Lutundula et le premier Premier ministre de la RDC sont originaires d’une même région, on ne peut qu’admirer la bravoure de ce membre du gouvernement, qui mérite véritablement, sans doute, le surnom de «Warrior ».

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