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On se croirait dans un autre monde. Alors que la population de Goma était dans la tourmente fuyant la lave du volcan Nyiragongo, la télévision publique ( RTNC) était comme d’hab dans sa bulle. Ses concurrentes ( France 24, Télé 50) ont arrêté momentanément leurs programmes pour parler du drame survenu il y a quelques minutes à Goma. Elles ont mis sur leurs dérouleurs « Breaking news » et consacrer une tranche spéciale avec des experts en plateau et mobilisant des correspondants sur le terrain pour donner les détails sur la tragédie. Malheureusement, la RTNC diffusait une émission sur les avantages du sexe. De qoui irriter des millions de Congolais qui voulaient avoir la vraie info sur ce qui s’est passé à Goma.

Las de trop attendre les précisions de la télévision publique sur le volcan qui était en furie à Goma, certains internautes, plus inventifs, ont parodié le programme phare qui passait en ce moment là sur la télévision publique, en superposant deux photos. L’une de France 24 qui montrait une journaliste qui parle de Goma avec un « cache » Volcan Nyirangongo et l’autre de la RTNC avec un titrage loufoque « Les avantages du sexe ».

Inadmissible aux yeux du nouveau ministre des Médias, un vrai professionnel qui a crié haro. Les dérives de la RTNC indignent. Tout sauf une télé du peuple. Depuis l’époque de Mobutu, la chaîne aux images analogiques s’est toujours fendue dans la propagande. Un exercice prisé par quelques journalistes mais surtout que de DG successifs adorent. La casquette de chantre et propagandiste les arrange, dézingue un patron d’une radio locale. Un message pour dire que la petite lucarne de la RTNC ne donne pas envie, hormis quelques programmes.

Avec Muyaya, ça ne passe pas et ce ne passera pas. Le jeune ministre qui a excellé partout où il est passé, ne peut que sortir des sentiers battus. Devant la presse dimanche dans un studio au grand bâtiment de la RTNC, le ministre de la Communication s’est dit écoeuré de constater comme l’ensemble des téléspectateurs, l’inattention du média public sur un problème qui menace la vie des Congolais. Sans mettre les gants, il a annoncé des réformes pour adapter la télévision publique à la vitesse technologique actuelle.

« Moi comme vous hier, nous avons été sous le choc de voir que le média public n’a pas donné l’espace qu’il fallait à ce qui se passait à Goma. Nous allons tirer les conséquences qui s’imposent parce que même si les journalistes fonctionnent de manière indépendante, il est important qu’en des moments comme ceux-ci, qu’on tienne compte de ce contexte. Sur cette question, nous serons très fermes, dès demain, pour que ce qui concerne la survie de nos compatriotes viennent au dessus de tout », a tranché M. Muyaya, appelant les journalistes à sonner la révolte en s’inscrivant sur une nouvelle dynamique.

« De manière étroite, avec la direction générale du média public, nous allons travailler pour que la chaîne nationale soit la première en toute heure, ils seront en mesure de communiquer, de bien communiquer. Ici je m’adresse aux journalistes de la RTNC qui sont professionnels, il faut que dès demain que l’on sente qu’ils sont professionnels, et qu’ils peuvent faire le travail pour lequel la République se mobilise pour aujourd’hui ».

Ambitieux, Muyaya veut moderniser la télévision publique dont les comptes Twitter, Facebook, YouTube et Instagram ne sont que des bouche-trous. Pas de réels contenus. Anormal pour une télé qui devait tout montrer en premier.

« La RTNC devra être modernisée, parce qu’aujourd’hui informer ce n’est plus seulement la radio et la télévision. Nous nous informons plus sur les réseaux sociaux, twitter. Il est question qu’on anime notre média public sur le créneau de l’évolution des nouvelles technologies », a rappelé Muyaya.

Le challenge est lancé. Face au bloc de conservateurs de la première télé de l’histoire du pays, le ministre Muyaya doit cravacher pour imposer une nouvelle ligne de conduite. Le recyclage du personnel, l’achat des nouveaux équipements s’imposent. Au moment où la RTS ( Télévision publique du Sénégal), la RTI ( Télévision publique ivoirienne) ou même Rwanda TV( la télévision publique rwandaise) ont des images full HD, la télévision publique congolaise se cramponne avec des images analogiques du siècle passé. A Muyaya de donner le ton, la population fatiguée de l’archaïsme de la RTNC, soutient le porte-parole du gouvernement dans sa réforme qui va révolutionner l’audiovisuel public qui consacre le maximum de son temps aux audiences ministérielles.

Landry Amisi
Ouragan fm

DiaspoRDC TV

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