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Zèle, trafic d’influence, orgueil, terreur, guerre de leadership et de positionnement ou encore ambitions démesurées.

Tel est le coktail ambiant dans le chef de certains ténors du régime UDPS. Ils ne sont ensemble que pour la forme, mais tout ou presque semble les diviser. Depuis plus d’une année en effet, certains poids lourds du parti présidentiel réclament le congrès pour stabiliser confortablement ses structures et mettre les hommes (ou les femmes) qu’il faut à la place qu’il faut. Malheureusement, la demande a été bourgeoisement gelée, gérée et mise aux oubliettes. Entre-temps, plusieurs mécontents se sont vus promus ou tout simplement invités à prendre patience. Le professeur Tshilumbu qui ne jurait que par le remplacement de Jean-Marc Kabund de la présidence du parti, serait pressenti candidat gouverneur du Kasaï central tandis que d’autres têtes couronnées de l’UDPS ronflent d’impatience sur la liste d’attente des nominations dans les entreprises publiques.

Ça sent la fragmentation de l’UDPS

Depuis l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, le parti présidentiel resté aux mains de Jean-Marc Kabund et d’Augustin Kabuya Tshilumba s’enfonce dans une confusion de leadership. Plusieurs fédérations provinciales dans l’espace Kasaï et dans le grand Katanga notamment n’ont pas hésité à bouder ouvertement le leadership de Kabund s’estimant tirer leur légitimité de fonction directement du Sphinx, feu Étienne Tshisekedi wa Mulumba (d’heureuse mémoire). Certaines décisions de la hiérarchie auraient même souffert de la mise en exécution pour défaut de qualité du président national jouissant jusqu’ici de la qualité d’intérimaire.

Depuis, plusieurs courants s’observent dans le parti. Les élites de la diaspora actuellement mal aimées des combattants de la base; les cadres bénéficiaires des postes politiques au sein du régime et ceux qui usent chaussures et pantalons à la permanence du parti sur la douzième rue résidentielle de Limete sans aucune récompense significative. Le spectacle observé lors de la remise en liberté de Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet du président de la République a fini par prouver qu’à l’UDPS, il existe désormais des pools ou clubs d’influence à sensibilités opposées. Les uns appréciant la mesure de grâce accordée au « pacificateur » et les autres s’estimant historiquement trahis par leur haute hiérarchie du pays pour avoir relaxé un présumé « voleur » de la République.

Kabund et Kabuya vont-ils résister ?

Il est difficile de percevoir lucidement les tensions politiques qui secouent le parti présidentiel et ses leaders. Ce que l’on sait est que Jean-Marc Kabund semble gérer plusieurs crises internes qu’il lui arrive de sortir de ses gonds. Le spectacle de la défenestration de Jeannine Mabunda Lioko qui poussa le président a.i de l’UDPS à humilier le commissaire général de la police nationale congolaise sous les feux des caméras en est une éloquente illustration. Et puis, toutes ces scènes désobligeantes qui l’ont conduit à crever gratuitement les pneus des véhicules des citoyens sur certaines artères de la ville de Kinshasa, y compris sur la jeep camionnette de la matriarche Marthe Kasalu Tshisekedi. Selon des indiscrétions, Kabund pourrait détenir des gisements d’informations autour de la vie et de l’avenir de l’UDPS. L’acte posé mercredi soir à sa résidence par des éléments musclés et armés jusqu’aux dents de la garde républicaine pourrait exposer ce grand parti politique à un émiettement certain. Tout repose désormais entre les mains de l’autorité morale du parti, Félix-Antoine Tshisekedi. Lui seul est en mesure de remettre de l’ordre à la fois au parti et dans le comportement public de ses cadres.

Athanase Mwenge
Ouragan

DiaspoRDC TV

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