La grève déclenchée par les enseignants des écoles conventionnées catholiques de Goma a affecté ce jeudi d’autres établissements scolaires. Les élèves des écoles dont les enseignants sont en arrêt de travail ont obligé ceux du primaire et secondaire qui étudiaient normalement de vider également des salles des classes: « Nos élèves n’étudient pas parce qu’il y a ceux des écoles secondaires qui sont venus avec des pierres et les ont jetées sur le toit de mon école. Cela ne nous a pas permis de continuer à étudier », a déploré le directeur de l’école primaire Mikeno non conventionnée qui a été prise pour cible.
Qui appelle à constater que « nous venons de faire rentrer les enfants chez eux à la maison. Voyez vous-mêmes, l’école a été vraiment victime. Il y a des cailloux partout. Il y a des tôles trouées et c’est un sérieux problème », s’est plaint Jules Chuma.
« Nous avons même des enfants qui venaient de tomber dans les salles de classe avec des blessures », déplore-t-il avant de révéler avoir pris l’initiative « de sensibiliser tout le monde et de les conscientiser parce que la promesse du gouvernement était qu’au mois d’octobre, on va payer tout le monde. C’était encore tôt de faire la grève ».
Septembre a-t-il été déjà payé ?
À cette question, Jules Chuma confirme avoir déjà « eu la liste additionnelle de 139 000 Francs congolais comme promis. Et nous espérons que nous serons payés », a-t-il fait savoir.
« Sauf le problème d’Access bank qui nous a toujours bouffé de l’argent gratuitement. Alors, quand on coupe, est-ce que nous allons avoir les 139 000 Francs congolais ou bien ça sera autre chose? Parce qu’on nous coupe des sms que nous ne voyons même pas, des TVA alors que nous ne vendons même rien, des impôts. On se demande combien des fois l’enseignant doit payer l’impôt par an? », se désole-t-il.
Les parents ne vont-ils pas payer les frais cette année ?
Selon ce que « le Président [de la République] nous a dit, nous devons obtempérer et respecter les instructions », poursuit Jules Chuma.
« Comme le gouvernement a confirmé que les élèves ne vont pas payer à l’école primaire, nous sommes sûrs que [le Président de la République] c’est un parent et qu’il va pas nous tromper. Nous sommes d’accord avec lui. Qu’il nous amène l’argent et nous nous allons enseigner sans problème », tranche-t-il.
Un élève interrogé sur place révèle que « nous n’avons pas étudié ce matin parce qu’on n’a pas encore payé les professeurs ».
Les enseignants des écoles conventionnées catholiques exigent, quant à eux, la mécanisation de tous les chevaliers de la craie, la prise en charge des enseignants non payés (NP) et des nouvelles unités (NU). Ils veulent également obtenir la paie de la prime complémentaire de septembre 2019 promis par le gouvernement.
Cette démarche est dénoncée par leur syndicat qui estime que la procédure pour déclencher un arrêt de travail n’a pas été respectée.
« Le syndicat invite les enseignants à être à leur poste de travail parce que nous sommes en pourparlers avec notre partenaire, le gouvernement. La gratuité est irréversible aujourd’hui, relève le secrétaire fédéral du syndicat des enseignants des écoles catholiques (SYNECAT) au Nord-Kivu
Pochellin Byamumonyi indique aussi que « le syndicat aurait proposé une autre démarche beaucoup plus catholique: que ceux qui touchent [leur salaires] laissent, par solidarité, quelque chose et que la coordination partage a nos amis parce que même en restant à la maison, ils ne vont pas toucher. Mais il aurait fallu terminer la démarche syndicale », a-t-il ajouté.
À noter que les activités se sont déroulées normalement à l’école primaire Mama Mulezi, un établissement scolaire conventionné catholique où tous les enseignants et écoliers étaient trouvés en poste.
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