La plateforme Cap pour le changement (CACH) traverse une zone de très fortes turbulences. Il faut craindre un décrochage en plein vol. A la base, cette affaire de 15 millions USD révélée, fin juillet 2019, par un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) portant sur le contrôle de paiement des pertes et manques à gagner pour des sociétés pétrolières. Le rapport met expressément en cause Vital Kamerhe, actuel directeur de cabinet du chef de l’Etat et l’un des pions majeurs du CACH.

Vital Kamerhe, directeur de cabinet du chef de l’Etat et partenaire de haut rang du président de la République dans le CACH, coalition qui a amené Félix Tshisekedi au pouvoir, est en difficulté. Tout est parti d’un rapport rendu public, fin juillet 2019, par une équipe de l’Inspection générale des finances par lequel il a été fait état d’une disparition au niveau du Trésor d’un montant de 15 millions USD prélevés sur les pétroliers distributeurs. Depuis lors, l’affaire fait grand bruit dans la mesure où celle-ci s’apparente à un détournement mis à charge de Vital Kamerhe.

Dans l’édition Jeune Afrique de cette semaine, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi a accordé une longue interview où il tente de se dédouaner. Mais, loin de se défaire de cette affaire, certaines de ses déclarations l’ont malheureusement enfoncé davantage. C’est notamment lorsque Vital Kamerhe conçoit très mal l’activisme de l’IGF, alors que cet organe de contrôle – qui dépend du reste de la présidence de la République – se soit montré passif en 18 ans de règne de Joseph Kabila.

Dans l’entourage de Vital Kamerhe, on privilégie déjà la piste d’un coup politique dont le but ultime est d’éloigner le président de l’UNC du cercle rapproché du chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Entre-temps, au FCC, la plateforme politique de Joseph Kabila, c’est de loin qu’on observe l’épilogue qui agite son partenaire à la coalition gouvernementale. Pas de déclaration officielle du FCC. C’est comme la famille politique de Joseph Kabila attend à ce que le feu prenne de l’ampleur dans le camp de son partenaire à la cogestion, le CACH, avant de voler à son secours. Pour l’instant, le CACH est en ballotage, en ce que le deal Tshisekedi – Kamerhe est mis à l’épreuve.

FÉLIX TSHISEKEDI À L’ÉPREUVE

Chaque jour qui passe, des révélations se succèdent. Dans une déclaration datée du 6 septembre 2019, le Mouvement Social (MS), une plateforme de l’opposition, tente de pénétrer à sa manière l’énigme qui entoure cette affaire de 15 millions USD. « Différentes sources, dit-il, renseignent que seulement 85 millions USD ont été remis aux pétroliers et 15 millions versés dans un compte privé, à la demande du directeur de cabinet du chef de l’Etat et de l’ancien ministre des Finances, ont été retirés en six tranches pour une destination inconnue ».

Le MS va plus loin en indiquant que « d’autres personnalités du pays ont été impliquées dans ces transactions aussi obscures que douteuses ». Sur base des éléments en sa possession, le MS est convaincu qu’on est en face d’un « scandale au plus haut niveau de l’Etat ».

Le MS tourne alors son regard vers le chef de l’Etat pour prouver son engagement de lutter contre la corruption et le détournement des deniers publics. « Face à la gravité des faits liés à cette affaire, le MS en appelle à sa responsabilité et l’invite à éclairer la nation et tirer les conséquences qui s’imposent ».

Le CACH joue donc sa survie. Tshisekedi va-t-il se débarrasser de Vital Kamerhe ? Ce n’est pas évident. En face, le FCC s’est mis dans la position d’un observateur. En réalité, a-t-on appris des sources proches de Kingakati, le FCC rit sous cape et n’attend plus que le bon moment pour sortir de sa réserve ? Ce qui ne devrait plus durer, apprend-on de ses rangs…

Le Potentiel

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