Personne, alors personne ne le voyait venir. Joseph Kabila, Président honoraire de la RD Congo, constitutionnellement sénateur à vie, a participé à la plénière inaugurale de la session ordinaire du parlement, ouverte hier mardi 15 septembre au Palais du peuple. Ce, à la très grande surprise généralisée des députés nationaux, des sénateurs, du personnel administratif des deux chambres parlementaires et du public externe présent dans l’enceinte du siège du pouvoir législatif, dans la commune de Lingwala.

C’est donc un Joseph Kabila, cocarde tricolore en bandoulière, chevelu et à la barbe poivre sel, qui a volé la vedette à tous les officiels conviés à la solennité de l’ouverture de cette deuxième et dernière session de l’année 2020 du parlement. Sous escorte de la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda et du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le tout premier sénateur à vie congolais est entré hier, dans la salle de conférences internationales, comme une super star en début d’un spectacle populaire.

“Raïïïïïïs….”, “China Ramboooo…”s’écriait spontanément et sans cesse, le public en liesse hier au Palais. Ce, aussi bien à l’arrivée comme au départ du prédécesseur de l’actuel chef de l’Etat, Félix Tshisekedi. Aussitôt venu, Joseph Kabila s’est directement rendu au bureau du Président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, de se rendre dans la salle de plénière, où il a occupé son siège aux côtés de ses collègues sénateurs.

“C’est la première fois, depuis l’histoire de notre pays, de voir un ancien Chef de l’Etat, devenu sénateur, s’asseoir aux côtés de ses collègues. C’est rare de voir en Afrique, un ancien Président de la république, reprendre une vie normale, comme dans des pays de vieille démocratie d’Europe ou d’Amérique. Voilà que quelqu’un qui, après avoir exercé de plus hautes fonctions au sommet de l’Etat pendant 18 ans, fait l’impasse sur son ancien statut, pour s’adapter à une nouvelle situation. En tout cas, la présence de Joseph Kabila dans la salle de conférence internationale, constitue un motif de fierté nationale. C’est aussi la preuve que l’alternance au sommet de l’Etat a été faite sans ressentiment”, déclare sous couvert de l’anonymat, un cadre de l’administration du sénat.

Même si l’accès à l’enclos du palais du peuple a été filtré hier, dès l’entrée principale, des militants et sympathisants des partis politiques membres du Front commun pour le Congo (FCC), y sont quand même parvenus en toute discipline. Visiblement, ces jeunes gens avaient déjà l’info sur la présence du leader de leur méga plateforme, hier au siège du parlement.

C’est aux environs de 13 heures, peu avant le début de la cérémonie d’ouverture de la session à la Chambre basse, que Joseph Kabila a quitté le Palais. Ce, sous une forte escorte mosaïque, composée de sénateurs FCC, de éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et de jeunes du FCC qui l’ont raccompagné jusqu’au parking.

UN MODELE D’HUMILITE

Participant pour la toute première fois aux plénières du sénat, Joseph Kabila n’aura donc pas été la fameuse hirondelle qui ne fait pas le printemps. Bien au contraire. Sa présence au Palais du peuple, comme sénateur, a donné lieu à plusieurs commentaires positifs.

Ici, le côté “insolite” de la participation du sénateur Joseph Kabila aux activités de la chambre haute, ne semble pas rimer avec l’entendement de nombreux Congolais, de la notion de sénateur à vie. D’aucuns croyaient donc que ce statut conféré à tout ancien Président de la république, n’était qu’un simple titre honorifique. Dans leur compréhension, ces Congolais ont toujours cru qu’un sénateur à vie n’est tenu à l’obligation de participer aux plénières. Erreur.

Y allant de sa lecture des faits, un sénateur FCC considère la participation de Joseph Kabila, à la cérémonie d’hier, comme un acte de haute valeur symbolique. “Aujourd’hui, notre chambre a été honorée par la présence très remarquée, d’un de ses membres pas comme les autres. A savoir l’ancien Président de la république. Présent dans la salle, aux côtés de ses collègues sénateurs, Joseph Kabila a livré un message fort à ses compatriotes. La leçon à retenir est que la fonction de Chef de l’Etat n’est pas une carrière. Mais plutôt un mandat limité dans le temps. Par conséquent, à l’expiration de son bail au sommet de l’Etat, un ancien Chef de l’Etat a le droit de vivre comme tous ses compatriotes. Il n’y donc aurait d’événementiel, de le rencontrer par exemple, dans un super marché. Evidemment, tout est lié à la culture africaine qui construit un certain mythe autour d’un Chef. Pourtant”, explique ce membre de la chambre haute du Parlement congolais.

Grevisse KABREL
Forum des as

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