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Le gendarme des finances publiques de l’État, Jules Alingete est dans des beaux draps. Après deux faux rapports basés sur des simples soupçons injustifiés, en l’espace d’une semaine, le Patron de l’Inspection générale des finances fait face à la page sombre de son histoire après sa fulgurante ascension dans les médias.

Une photo prise dans le bureau du secrétaire général de l’UDPS, balancée en début de soirée de ce samedi 14 août, commentée dans les réseaux sociaux. La tof rassemble sur la même scène Augustin Kabuya, secrétaire général du parti pouvoir au pouvoir, l’IGF Jules Alingete assis juste en face du ministre de l’EPST Tony Mwaba. Cette scène veut tout dire, mais chacun y va de son commentaire. Du coup, deux versions contradictoires s’affrontent. Une certaine presse estime que Jules Alingete était parti manifester son refus de ne céder à la demande du ministre l’enseignement primaire, secondaire, technique, après avoir bloqué le décaissement de 16 millions de $ destinés à la paie des surveillants du Test national de fin d’études primaires (TENAFEP). 300 mille enseignants n’ont pas encore accédé à leur paiement à cause du blocage de leurs primes à Kinshasa. Les prestataires ont accepté de travailler pendant deux jours, soit du 6 au 7 août, sans prime. Pas question pour l’Inspecteur général des finances- chef de service qui oblige que l’argent soit bancarisé. Cela signifie que chaque enseignant prestataire au TENAFEP doit avoir un compte bancaire avant de toucher à cette prime.

Le parti au pouvoir UDPS revient à la charge, cette photo polémique date. C’était à la veille de la sortie du gouvernement Sama Lukonde que le numéro deux de L’UDPS sollicitait les services de l’inspection générale des finances pour une formation de ses membres promus ministres. Tout est fait pour édulcorer la vérité.

En effet, Jules Alingete dont le travail de traque des présumés criminels économiques ne fait l’objet d’aucune critique, se voit bousculer par ce déplacement vers le siège d’un parti politique au pouvoir. C’est contre la déontologie et l’éthique surtout quand la plupart de ses enquêtes ciblent les dignitaires de l’ancien régime proches de Joseph Kabila. L’auditeur par excellence des finances publiques de l’État a réussi à mettre dans ses trousses l’ancien Premier ministre Augustin Matata dans le dossier Bukanga-Lonzo. Ces enquêtes balancées le même jour dans les médias accusaient aussi un membre du gouvernement, ministre de la santé publique Eteni Longondo pour mauvaise gestion des fonds liés à la riposte contre la Covid-19. En dehors des poursuites judiciaires contre Augustin Matata Ponyo et autres RVA, personne des rangs de l’UDPS n’a été concerné par les sorties de Jules Alingete. La justice ne s’est pas toujours montrée presser à convoquer Eteni Longondo. Plusieurs autres dossiers clouent le bec des proches de Kabila, ceux qui prétendaient noyer le régime Tshisekedi.

Des fausses accusations

Le ministre de l’enseignement primaire, secondaire, technique est resté insatisfait. Les informations venues de l’Inspection générale des finances, diffusées à longueur de journée par l’ONG ACAJ (Ndlr : Association congolaise pour l’accès et à la justice) et certains médias visent à salir son image. Dimanche 15 août, le ministre prend son temps de répliquer sur sa page Twitter. Le professeur Tony Mwaba dit ne pas comprendre qu’on évoque une tentative de détournement de 16 millions de $, pourtant ces fonds ne sont même pas mis à sa disposition.

Alingete a aussi tapé à côté dans le dossier Tshilejilu. Projet de construction et de réhabilitation des routes principales et secondaires dans l’espace Kasaï et à Kinshasa. Voulant se faire apparaître, l’IGF va évoquer pour la première fois dans ses enquêtes le terme «soupçons». Ça veut dire qu’il faut prendre avec beaucoup de pincettes cette information. Mais il suggère que des travaux soient arrêtés simplement sur base des soupçons. Les soupçons de Alingete portent sur un montant de 13 millions pretendument détournés et dont la destination serait floue. Il ajoute que le niveau d’exécution des travaux ne serait pas proportionnel aux fonds décaissés.

Faux, l’IGF ment ! rétorque l’entreprise chinoise qui exécute les travaux sur terrain. «Nous sommes étonnés voire surpris par ces rumeurs et fausses accusations», réplique le Dga de CREC7.

«Nous avons notre propre ligne de crédit logé dans une banque privée UBA. Ces travaux sont préfinancés par notre entreprise et à ce jour, l’État congolais n’a même pas versé un kopek dans le compte séquestre de FONER (Ndlr: Fonds National d’Entretiens Routiers), notre interface», révèle Docteur Stéphane Mundadi.

Au sujet de taux d’exécution des travaux lancés depuis mars dernier pour une durée totale de 36 mois, CREC7 signale que ces travaux sont supervisés par le technicien de l’État OVD (Ndlr : Office Congolais des Voiries et Drainages) qui n’est pas contre l’évolution des travaux. A chaque étape des travaux Crec7 reçoit les critiques du Bureau de Contrôle Techniplan.

Nombreux et innombrables observateurs ne veulent pas directement associer Alingete dedans. L’Inspecteur général des finances – Chef de service pourrait lui aussi être victime de ses collaborateurs véreux qui cherchent à salir les réputations des autres. Les autres par contre accusent Jules de vouloir à tout prix politiser ses enquêtes pour faire croire au Chef de l’État qu’il serait le seul capable tout faire pour soigner son bilan en 2023. Jules Alingete ignore sans doute pour qui, il avait roulé en 2018 et avant.

24H

DiaspoRDC TV

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