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Énième sortie médiatique cinglante de Jean Marc Kabund. Tout celui qui l’entend, ses oreilles lui tinteront : « cette-fois ci, tous ceux qui seront cités dans le rapport d’enquête vont répondre de leurs actes devant la Justice ». Mise en garde du Premier Vice-président de l’Assemblée Nationale. C’était au cours de l’examen de la résolution sur la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Gardant le même style oratoire, Jean-Marc Kabund-à-Kabund convie ses collègues à se donner à fond pour la réussite de cette initiative.

« Chers honorables, évitons de faire de l’amalgame, concentrons nous à ce qui se passe à Béni et Butembo. Moi, j’ai pensé par contre que les honorables députés se posent des questions pertinentes. Pourquoi les anciens rapports n’ont jamais abouti ? Parce que certains doutent ici de l’efficacité et même des résultats que produiront la commission que nous sommes en train de discuter », s’est-il interrogé, avant de se montrer menaçant : «Quand la commission va poser la question sur combien d’hommes en arme nous avons à Beni et à Butembo, avons-nous la réponse ? Voilà les actes de blocage. Ce sont là des questions auxquelles les députés nationaux devraient s’atteler. Sincèrement, cette-fois ci, nous allons pas venir ici écouter le rapport de la commission et aller dormir. Alors, tous ceux qui seront cités dans ce rapport (militaire, civil et homme politique), cette fois-ci, nous nous mettons debout pour qu’ils répondent de leurs actes devant la justice. Personne ne pourra nous échapper », a-t-il harangué.

Il faut aller au-delà des recommandations

Pour Juvenal Munubo, Député national et membre de la commission défense et sécurité, la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les tueries dans l’Est est une « bonne nouvelle » mais il faudra aller au-delà des recommandations.

« C’est une bonne nouvelle. Sauf qu’il ne faudrait pas se limiter à constituer une commission d’enquête, ou une mission parlementaire et à déposer le rapport ou à présenter le rapport. Il faut aller au-delà du dépôt du rapport, c’est-à-dire il faut arriver à appliquer les recommandations qui seront contenues dans ce rapport là. Je rappelle ici que ça ne sera pas le tout premier rapport ou la toute première mission. La toute première mission parlementaire a eu lieu fin 2014 lorsque les tueries ont commencé dans la zone de Beni, et donc ça c’est très important, il faut que le rapport serve à quelque chose. Il faut que les missions et les rapports qui en découlent servent à quelque chose. J’encourage le Président Mboso Christophe dans cette initiative de constituer une commission, sans doute qu’on aura toujours des éléments nouveaux », a-t-il recommandé.

Ce qu’il faut savoir de cette commission

Présenté par le Bureau de l’Assemblée Nationale, le projet de résolution portant création d’une commission parlementaire sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays a été adopté ce mercredi 7 avril. Au total, 8 provinces sont concernées notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema, le Haut-Uele, le Bas-Uele, le Haut-Katanga et le Haut-Lomami). Elle est constituée de 15 députés nationaux non originaires, qui effectueront la mission pour une durée d’un mois.

Parmi les objectifs de cette commission, il y a notamment l’identification des groupes armés terroristes étrangers et locaux et leurs commanditaires ; inventorier tous les moyens mis à la disposition des services de sécurité et de défense pour mener la lutte contre ses groupes armés étrangers et locaux qui commettent les atrocités et exactions à l’Est de la RDC ; dégager les responsabilités de tous les acteurs impliqués.
Le début de la mission n’est pas encore précisé. La résolution adoptée devra encore subir des amendements.

Stéphie MUKINZI
Politico

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