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Après des années troubles, Kinshasa s’est, depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, rapproché de Kigali. En trois années au pouvoir, le Président Tshisekedi a rencontré, au moins quatre fois en tête- à-tête, son homologue rwandais qu’il appelle désormais son « frère ».

A Kinshasa, Paris, aux USA, à Addis-Abeba, Gisenyi, Goma et récemment au G20 en Italie, Tshisekedi et Kagame ont toujours donné l’image des véritables frères qui ont résolus de tourner la page sombre de leur histoire commune pour expérimenter la paix et la coopération, gage d’un développement harmonieux. En tout cas, c’était le credo exprimé de Tshisekedi, face aux multiples critiques.

Mais, c’était sans compter sur une sincérité douteuse d’un frère hypocrite. Peut-on vraiment apprivoiser un loup avec des bonnes paroles ? Les faits ont réussi à prouver que Kigali n’a jamais été, hier comme aujourd’hui, franc dans ses relations avec Kinshasa.

En effet, c’est au sortir d’un tête -à- tête avec Tshisekedi à Paris que Kagame affirmera qu’il n’y a jamais eu génocide au Congo, crachant ainsi sur les 5 millions de personnes tuées à l’Est, notamment par l’armée rwandaise et jetant l’opprobre sur le rapport mapping et un discrédit sur le combat mené par le très respecté Denis Mukwege, prix Nobel de la paix.

Récemment, après leurs rencontres simultanément à Gisenyi et Goma, où un accord de coopération minière a même été signée, c’est l’armée rwandaise qui fera incursion sur le sol congolais et occupera 7 villages au Nord-Kivu, à presque 10 km de la frontière.

L’ attaque, lundi dernier, des localités de Tchanzu et Runyonyi par les M23, une rébellion née des cendres du CNDP défaite par les FARDC en 2013, dont différents rapports crédibles ont prouvé, noir sur blanc, qu’elle était nourrie aux mamelles de Kigali, n’est qu’une sérise sur le gâteau.

Tout porte à croire que le Rwanda de Kagame, bien qu’officiellement engagé dans un processus de paix et coopération, s’inscrit, officieusement, dans un plan de déstabilisation de l’Est du Congo. Son économie n’est-elle pas florissante avec les minerais volés et pillés frauduleusement au Kivu? Sinon, comment peut-on comprendre que Kigali qui n’extraie pas le coltan sur son sol, par exemple, en soit au rang de 1er exportateur mondial, si l’on sait que ce minerais ne se trouve qu’à l’Est de la RDC ?

Tshisekedi est donc appelé à comprendre ce jeu que joue son « frère » et d’y apporter une réponse appropriée. Car, son silence et son inertie au regard de tous ces dérapages osés de Kigali frisent une attitude de faiblesse, inacceptable pour un garant constitutionnel de la nation.

PM
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