Le Syeco et le Synecat exigent le payement des NP et des NU, les écoles attendent les matériels nécessaires à la lutte contre le Covid-19.

La rentrée scolaire 2020-2021 en RD Congo a bel et bien lieu ce lundi 12 octobre sur l’ensemble du pays. De l’avis de nombreux observateurs, des incertitudes planent sur cette reprise des cours dans le secteur de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST). La première hypothèque est la cacophonie ambiante dans les différentes organisations de défense des intérêts des enseignants.

Pas plus tard que le week-end dernier, le SYECO (Syndicat des enseignants du Congo) et le Syndicats des enseignants catholiques (SYNECAT) ont ouvertement appelé leurs membres à ne pas reprendre les cours dès ce matin, aussi longtemps que le Gouvernement n’aura pas respecté ses engagements pris dans l’Accord dit de Bibwa. Ces deux syndicats exigent la prise en compte sur les listings, des enseignants non payés (NP) et des Nouvelles unités (NU). S’ajoute à cela, la suppression pure et simple des zones salariales.

“Il n’y a pas de raisons que les enseignants des villes de Kinshasa, Lubumbashi et de Kisangani soient mieux payés que leurs collègues d’autres coins du pays”, a déclaré à Forum des As, un responsable du Syeco, joint au téléphone hier dimanche.

La même réaction est celle de la Dynamique des enseignants des établissements publics. Cette organisation, pour les mêmes raisons avancées ci-dessus, accuse le Gouvernement de non-respect de ses engagements et, par conséquent, appelle au boycott.

CONTREPIED

Par contre, l’intersyndical des enseignants, prenant le contrepied des deux syndicats cités ci-dessus, invite les professionnels du beau métier, à commencer effectivement les cours dès ce lundi 12 octobre. Pour cette structure, rien ne saurait justifier la non-reprise des activités ce jour, dès lors que la grande commission mixte Gouvernement-intersyndical, poursuit ses travaux à Bibwa. “Nous demandons à tous les enseignants d’être présents ce matin à leurs lieux de travail, tout en restant vigilants à l’évolution des travaux de la grande commission mixte à Bibwa”, a déclaré un responsable de cette structure, contacté hier au téléphone par Top Congo FM.

Cependant, du côté des autorités du pays, on dit fustiger la réaction des enseignants, sous prétexte que leur salaire mensuel avait été doublé ou triplé. “C’est un secret de polichinelle. L’enseignant touche au jour d’aujourd’hui, plus de deux cents dollars américains. Et, ce n’est qu’un premier pallier. Tous les préalables posés par les différents syndicats des enseignants avaient été pris en compte par le Gouvernement. Nous avons bel et bien résolu de décanter globalement la situation des enseignants non payés et de nouvelles unités. Malheureusement, la crise économique provoquée par la survenance de la survenance du Covid-19, a perturbé nos prévisions. Les revendications des enseignants sont certes, légitimes. Mais ils ne doivent pas mettre la pression sur le gouvernement”, a déclaré le vice-ministre de l’EPST, Didier Budimbu, invité spécial d’un magazine de Top Congo FM, diffusé hier dimanche.

QUID DU MATERIEL ANTICOVID DANS LES ECOLES ?

Abordant la question de la gratuité de l’enseignement, Didier Budimbu a déclaré que cette décision reste irréversible. “Comme l’année dernière, l’Enseignement de base reste gratuit dans tous les établissements publics. L’école n’est pas un lieu de commerce. Que tous ceux qui ont transformé l’école en lieu de recherche de lucre, prétextant s’engraisser les pattes sous le dos des parents, sachent que les choses ont changé. Et, s’ils tiennent à leur commerce, ils n’ont qu’à vendre du pain, par exemple”, a-t-il renchéri dans un lyrisme plein d’humour.

Si les rentrées scolaires en RD Congo peuvent, à la limite, se succéder, elles ne se ressemblent pas cependant. La spécificité de celle de 2020-2021 est qu’elle a lieu dans un contexte de crise sanitaire mondiale, consécutive au Covid-19. La pandémie passant par cette reprise des cours, le Gouvernement est donc dans l’obligation de doter tous ses établissements scolaires, de matériels nécessaires pour empêcher la propagation de cette pandémie en milieux scolaires.

Par matériels, on sous-entend des thermoflashs, des lave-mains, des gels hydro alcooliques. L’achat de masques anti-postillon étant à charge des parents d’élèves. Question : l’Etat congolais a-t-il eu le temps de remettre tous ces kits à ses écoles ? Sinon, d’aucuns considèrent qu’il s’agit-là, d’une autre difficulté de cette rentrée scolaire, qui s’ajoute aux conditions posées par les syndicats des enseignants.

Un autre constat, est que dans certaines grandes écoles de Kinshasa, les responsables semblent ne pas avoir le cœur à l’ouvrage. Même sans le manifester, on sait cependant lire le malaise aussi bien sur leurs visages, que dans leurs façons d’agir. Par exemple, la plupart des écoles conventionnées qui ont toujours exigé à leurs élèves d’acheter la tenue d’uniforme sur place, se sont montrées très peu exigeantes cette année ou carrément, ne l’ont plus fait.

Tout bien considéré, ce n’est pas la première fois qu’une rentrée scolaire en RD Congo parte sur des bases fragiles. On enregistre, chaque année, les mêmes désidératas des enseignants, parfois assortis des menaces de grève. Un débrayage qui commence généralement dans une sorte d’effervescence mitigée mais qui, souvent, prend fin même si la principale cause l’ayant généré n’a pas été évacuée. Espérons que cette fois-ci, le Gouvernement et les enseignants, via les organisations syndicales, trouveront le juste milieu. Mais en attendant, la rentrée scolaire 2020-2021 envoie des signaux peu prometteurs.

Grevisse KABREL
Forum des as

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