Des propos récents de l’ambassadeur Rwandais à Kinshasa, Vincent Karega sur le massacre de Kasika en 1998 dans l’est de la République Démocratique du Congo, ont suscité l’indignation de plusieurs congolais. On l’accuse de “négationnisme” et de “cracher sur les morts congolais”.

À son tour, Martin Fayulu l’un de membres du présidium de la coalition LAMUKA qui juge ces propos “d’inacceptables”, a demandé l’expulsion du diplomate Rwandais de la RDC.

“L’ambassadeur rwandais en RDC M. V. Karega doit être purement et simplement expulsé de notre pays. La négation systémique du génocide congolais est inacceptable”, a-t-il écrit ce jeudi 27 août 2002 sur son compte twitter.

Plus loin, Fayulu a indiqué que “tout congolais qui se fait complice d’une telle négation est passible de haute trahison”.

Alors que l’affaire suscite encore l’indignation sur les réseaux sociaux, le mardi 25 août dernier, l’ambassadeur du Rwanda en RDC avait été reçu par le président Félix Tshisekedi. Cette réception a également suscité une autre vague de colère chez les internautes congolais.

Bien avant, un hashtag #ExpulsezVincentKarega avait été créé et largement utilisé sur twitter. Une pétition a même été lancée pour faire exiger l’expulsion du diplomate rwandais.

Pour rappel, l’ambassadeur Karega avait réagi lundi 24 août à un tweet d’un internaute congolais sur le massacre de Kasika (au Sud-Kivu) où ce dernier pointait du doigt “des militaires rwandais”, d’avoir tué “sans relâche plus de 1.100 personnes, brûlant des villages entiers sur un trajet de 60 Km, de Kilungutwe à Kasika”.

“Incohérence flagrante entre image. Narratif simpliste pour des accusations graves. Accuser sans évidence s’appelle calomnie. Villages sans noms, 1100 morts avec deux noms. Circonstances de crimes et identité des criminels non dévoilée. Accusation ou propagande???”, avait répondu Karega qui a supprimé son tweet par la suite.

Il y a 10 ans, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCR) avait publié un rapport, dénommé le « mapping report », qui détaillait le massacre de Kasika. Selon ce rapport, le 24 août 1998, les rebelles du RCD [Rassemblement congolais pour la démocratie] et leurs alliés militaires rwandais ont bel et bien massacré plus d’un millier de civils, dont de nombreuses femmes et enfants, dans ces villages du Sud-Kivu. Plus de 10 ans après, aucun début de procès n’est ouvert.

Ange Makadi Ngoy

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