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La redevance de développement des infrastructures aéroportuaires appelée « Go-Pass » fait encore grand bruit. Et pourtant, les poursuites judiciaires ne sont toujours pas à l’ordre du jour. Il y a à se demander à qui profite finalement l’opacité tant décriée dans la gestion des recettes Go-Pass. Après des élus nationaux, notamment le député Claudel-André Lubaya, qui avaient haussé le ton pour que les choses soient tirées au clair, le groupe d’étude du Congo (GEC) enfonce le clou. Dans son rapport publié mercredi 5 mai à Kinshasa, l’on note que durant 10 ans, des fonds générés par le Go-pass ont été détournés de leurs objectifs initiaux. Il s’agit de 225 millions de dollars voire plus, qui ont été générés entre mars 2009 et décembre 2019, par cette redevance instaurée pour permettre à la Régie des voies aériennes (RVA), en déséquilibre financier, de disposer des fonds nécessaires pour le développement des infrastructures aéroportuaires de la République démocratique du Congo. Avec ces millions de dollars détournés qui font baver, la justice doit se mettre au point pour cueillir de gros poissons.

Durant 10 ans, des fonds générés par le Go-pass ont été détournés de leurs objectifs initiaux, a révélé le rapport publié par le Groupe d’étude du Congo (GEC), le mercredi 5 mai à Kinshasa. Les chercheurs du GEC ont mené des enquêtes pour savoir où sont passés les 225 millions de dollars voire plus, qui ont été générés entre mars 2009 et décembre 2019, par cette redevance instaurée pour permettre à la Régie des voies aériennes (RVA), en déséquilibre financier, de disposer des fonds nécessaires pour le développement des infrastructures aéroportuaires de la République démocratique du Congo.

À quoi sert l’argent du Go Pass depuis 10 ans? C’est la question que se sont posé, pendant près de deux ans, les chercheurs du Groupe d’étude sur le Congo (GEC). Et la réponse est loin d’être simple. D’abord parce qu’ils ont relevé des variations sans fondement des recettes générées par certains aéroports. Ce qui leur laisse supposer qu’il y a des détournements à la source, selon une enquête rendue publique, jeudi 6 mai 2021, par le GEC sur rfi.fr.

Ensuite, il y a un détournement dans l’utilisation. Plus de 37 millions de dollars ont été utilisés pour la construction d’un pavillon présidentiel à l’aéroport de Kinshasa, quand ils auraient dû avant tout servir à l’amélioration des structures aéroportuaires du pays. Plus de six millions ont été utilisés pour financer la compagnie aérienne nationale Congo Airways, dont la RVA s’est retrouvé actionnaire.

Le plus scandaleux dans ce dossier aux contours flous, c’est que la plupart des marchés passés avec l’argent du Go Pass ont été passés de gré à gré et présentent peu de transparence. D’autant plus que pendant ce temps, la RVA s’est très lourdement endettée, pour près de 130 millions de dollars.

Le problème, dit le GEC, c’est la politisation des instances dirigeantes de la RVA, comme de toutes les entreprises publiques, l’absence d’une gestion informatisée, l’absence de véritables contrôles ou de publication de différents rapports d’audit. Dans la présentation de son programme, le Premier ministre Sama Lukonde a dit envisager d’incorporer le montant de cette redevance au prix des billets d’avion. Est-ce une solution idoine pour résorber le coulage des recettes perçues dans l’opération Go pass ? Dans l’entre-temps, faut-il remonter la filière afin de mettre la main sur d’autres « gros poissons » tapis sous le marigot mais impliqués de bout en bout dans ce sale dossier qui a fait échapper au trésor public ?

Où va l’argent du Go Pass ?

Dans son rapport intitulé « Leisa punda, punda akoleisa yo », traduisez « Nourris le cheval pour que le cheval te nourrisse », le GEC dénonce l’opacité dans la gestion du Go-Pass. Cette opacité profite aux détenteurs du pouvoir politique qui détiennent jusqu’à aujourd’hui une mainmise sur l’entreprise : pour rester en fonction, des mandataires publics doivent leur verser des rétributions. Cependant, selon le rapport, ces pratiques douteuses n’ont pas pu dissuader les bailleurs internationaux d’accorder les dons et prêts à la RVA.

Plus de 37 millions de dollars de redevance collectés durant les deux premières années ont été alloués à la construction du seul pavillon présidentiel à l’aéroport de N’djili, exclusivement réservé au chef de l’État et aux dirigeants.

La RVA a aussi versé entre juillet 2015 et décembre 2017, au moins 6,5 millions de dollars générés par Go PASS à Congo Airways, au titre de participation au capital. Plusieurs autres millions collectés ont servi au paiement du personnel de la régie.

Il est difficile de savoir exactement comment l’argent restant a été utilisé à cause du manque de transparence, souligne le rapport.

Le Potentiel

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