Agir pour les élections transparentes et apaisées (AETA) et 33 autres ONG demandent à la Cour Constitutionnelle de faire preuve d’indépendance et de dire le droit dans la gestion du contentieux électoral né de la requête déposée par Martin Fayulu et Théodore Ngoy.
« A la Cour Constitutionnelle de dire le droit et rien que le droit, en toute indépendance, honnêteté et sincérité dans la réalisation de sa mission constitutionnelle consistant à examiner les recours en contestation des résultats électoraux et de ne publier que les résultats définitifs qui fassent triompher la vérité des urnes, de la paix dans le pays, de la stabilité et de la légitimité des institutions établies et du développement socio économique de notre peuple », disent ces organisations dans un communiqué publié ce dimanche dans le cadre du suivi-évaluation de la 18e synergie des ONG de Kinshasa, sur initiative du Conseil Provincial des ONGD de Kinshasa.
Ces organisations estiment que « la position impartiale » de la Cour constitutionnelle « éviterait au pays de sombre dans une crise politique aux conséquences imprévisibles ».
André KABANDA le représentant au Benelux de l’UDPS, parti du président proclamé Felix Tshisekedi, au sujet des législatives : » Incontestablement il y a eu fraudes, ça saute aux yeux « . Quant à la présidentielle : « Même s’il y a eu des irrégularités, la Ceni a donné des résultats qui donne un vainqueur, ce vainqueur c’est Mr Felix Thsikedi Tshilombo ».
Après la SADC par l’entremise du président zambien, c’est la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) qui, par la voix de son président en exercice Denis Sassou Nguesso, appelle les responsables de la RDC voisine à mettre en place un recomptage des voix.
Il aura fallu attendre quelques heures pour que la confirmation vienne de Brazzaville. Dans son communiqué, le président zambien, à la tête de l’organe de politique et de défense de la SADC, expliquait s’être entretenu avec les Etats de la CIRGL avant de lancer un appel au recomptage des voix après les élections en RDC. Le communiqué de la CIRGL s’est fait quelque peu attendre mais est d’une limpidité totale.
Le Président Denis Sassou Nguesso lance donc lui aussi un appel au recomptage et revient sur sa précédente déclaration présentée par certains comme des félicitations à l’égard du candidat déclaré vainqueur du scrutin présidentiel, Félix Tshisekedi.
Le président de la CIRGL explique qu’il s’agissait simplement de prendre acte de cette annonce et de se féliciter de la publication des résultats par la Ceni.
Cette mise au point terminée, le président Sassou explique que la proclamation des résultats des législatives (nationales et provinciales) a entraîné de nombreuses contestations susceptibles de jeter le discrédit sur les efforts réalisés en RDC.
Pour éviter que le ton monte, apaiser le plus rapidement toutes les parties et apporter de la crédibilité au processus électoral, il exhorte ses voisins à recourir au recomptage des voix… au nom de la CIRGL.
Le candidat commun de la coalition de l’opposition LAMUKA a remercié ce dimanche 13 janvier 2019, la Communauté de Développement d’Afrique Australe “SADC”, pour avoir suggéré le recomptage des voix pour rassurer les gagnants et les perdants du scrutin présidentiel du 30 décembre 2018.
“Remercie la SADC pour son exigence d’un recomptage afin de proclamer celui qui a véritablement et régulièrement gagné. Il serait dangereux de ne pas soutenir le processus démocratique en RDC”, a indiqué Martin Fayulu via Twitter.
Une fois de plus, le candidat de la Dynamique de l’opposition a mis un accent particulier sur la nécessité de connaître la vérité des urnes.
“Appelons toutes les parties à leurs responsabilités pour rétablir la vérité des urnes”, conclu-t-il.
Selon la coalition LAMUKA, c’est Martin Fayulu qui a gagné l’élection présidentielle en obtenant 61% contre 18 pour Félix Tshisekedi de Cap pour le Changement, “CACH”.
Martin Fayulu a, à ce sujet, décidé d’attaquer en justice la victoire provisoire de Félix Tshisekedi selon la Commission Électorale Nationale Indépendante, “CENI”, en saisissant samedi 12 janvier dernier la Cour Constitutionnelle.
La Majorité Présidentielle (MP) est disposée a discuter avec Félix Tshisekedi, vainqueur de la présidentielle selon les résultats provisoires, en vue de la gestion du pays.
« La Majorité Présidentielle se tient prête à entamer avec le Président élu, et ce sous la houlette de son Autorité Morale, le Président Joseph Kabila Kabange, toutes les négociations nécessaires en vue de déterminer les modalités pratiques de collaboration pour une gouvernance efficace du pays », a déclaré André-Alain Atundu, porte-parole de la MP, à l’issue d’une rencontre entre Joseph Kabila et les cadres de sa famille politique.
Cette sortie médiatique intervient juste après le communiqué de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) qui en plus d’un recomptage des bulletins, suggère la formation d’un gouvernement d’union nationale.
Selon l’initiateur du mouvement citoyen Les Congolais Debout, Sindika Dokolo, laisser la primature ainsi que d’autres institutions de la République Démocratique du Congo au au président de la République Joseph Kabila, c’est synonyme de mettre en danger le nouveau président élu (provisoirement) Félix Tshisekedi.
“Aux amis de l’UDPS, laisser Joseph Kabila voler la primature, les 2 chambres et présider le sénat c’est mettre en danger de mort le président issu de l’opposition selon les résultats provisoires, mon frère et ami Félix Tshisekedi. Il faut empêcher le putsch de Joseph Kabila sur le pouvoir par les assemblées”, a indiqué S. Dokolo ce dimanche 13 janvier 2019 via Twitter.
Pour rappel, le FCC dont l’autorité morale est le président Kabila a obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale en obtenant 350 sièges, loin devant LAMUKA de Martin Fayulu avec près de 80 sièges et CACH de Félix Tshisekedi qui a environ 50 députés nationaux.
Si ces résultats sont confirmés par la Cour Constitutionnelle, c’est donc du camp au pouvoir (FCC) que devrait sortir le premier ministre qui formera le prochain gouvernement de la République.
Gabriel Kyungu, coordonnateur de la coalition Lamuka dans le Grand Katanga appelle le peuple au calme après la publication des résultats de l’élection présidentielle et d’attendre les arrêts de la Cour constitutionnelle saisie par la coalition Lamuka. Il a lancé cet appel samedi 12 janvier à Lubumbashi devant ses partisans.
Il a, au cours de cette rencontre, invité toute la population à « éviter toute velléité d’affrontements intercommunautaires ».
Pour lui, seule la cour constitutionnelle est l’instance compétente pour trancher le litige lui soumis par sa famille politique. Il appelle ainsi toute l’opposition politique à privilégier la paix. Il voudrait aussi que tout se fasse en fonction de l’intérêt général de la population.
« On allait tout droit vers l’affrontement entre communautés chez nous au Katanga. Il fallait tout de suite stopper cela parce que ça serait un non-sens. C’est ce que j’ai fait. Parce que nous ne pouvons pas nous permettre en ces moments-ci de troubler la quiétude surtout de provoquer des affrontements intercommunautaires. Ça serait vraiment suicidaire pour nous de l’opposition », a indiqué Gabriel Kyungu.
Il demande aux opposants d’être des artisans de paix.
« Nous ne pouvons pas accepter que les gens cherchent à profiter de l’occasion pour semer le désarroi, pour faire souffrir encore le peuple qui a trop souffert. Et bien je prêche que seules les instances compétentes peuvent trouver le juste milieu et rendre justice dans le cadre du litige en place mais cela doit se faire pacifiquement parce que le peuple a trop souffert. Qu’on laisse les instances compétentes s’occuper de cette affaire mais tout devra se faire en fonction de l’intérêt général de notre population », recommande le coordonnateur de Lamuka dans le Grand Katanga.
Une messe a été célébrée ce dimanche 13 janvier en la cathédrale Saint Jean-Baptiste Bonzola à Mbuji-Mayi pour « consacrer à Dieu, le nouveau Président de la République Démocratique du Congo, Felix-Antoine Tshisekedi et tous les autres fils et filles de la province élus à la députation nationale et provinciale ».
La messe a été célébrée par Mgr Emmanuel Bernard Kasanda, entouré des prêtres de différentes paroisses du diocèse de Mbuji-Mayi.
L’évêque du diocèse de Mbuji-Mayi a, dans son « message de paix, d’unité et de réconciliation, dans l’attente des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 30 Décembre 2018 », demandé aux fidèles de prier pour le nouveau Président.
« En attendant la publication des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, offrons au Seigneur le président élu Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il symbolise aujourd’hui l’alternance tant attendu. Offrons-le au seigneur pour lui obtenir la sagesse, le discernement et la patience », a recommandé Mgr Kasanda.
La cathédrale Bonzola n’a pas su contenir la population venue nombreuse participer à cette célébration eucharistique.
Le gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji avait, bien avant cette célébration, demandé à l’église de lancer un appel à la paix, en cette période où des tensions s’observent entre différents camps politiques à travers la ville de Mbuji-Mayi. Il a aussi participé à cette messe.
Deux semaines après le passage par les urnes, cinq jours après l’annonce du verdict provisoire de la présidentielle et deux jours après celle du résultat des législatives, le processus congolais mis sur pied par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ne convainc plus grand monde
Le président zambien, Chagwa Lungu, qui préside actuellement l’organe chargé de la politique, de la défense et de la sécurité de la SADC (communauté des Etats de l’Afrique australe) n’a pas chômé ces derniers jours. C’est que toute la sous-région est suspendue aux évolutions du processus électoral en République démocratique du Congo. Et ce processus est loin de faire l’unanimité. Il fait craindre la résurgence d’une période d’instabilité et de violence dans ce pays de plus de 80 millions d’âmes.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, sur le coup de 3 heures du matin, la Ceni a annoncé les résultats provisoires de l’élection présidentielle. Des résultats qui ont donné la victoire à l’opposant Félx Tshisekedi, d’une tête devant l’autre opposant, Martin Fayulu. Le dauphin de Joseph Kabila devant se contenter d’une troisième place, loin des deux autres.
Un résultat immédiatement rejeté par Martin Fayulu qui annonce, ses chiffres de compilation à la main, avoir décroché plus de 60% des suffrages. L’Église catholique, à travers la commission épiscopale nationale congolaise (Cenco), a répété son incompréhension face à ces chiffres officiels. Pour la Cenco, ce résultat ne correspond pas du tout aux chiffres qu’elle a obtenus en compilant les procès-verbaux des bureaux de vote.
Le malaise est évident. Aucun pays africain, jusqu’ici, n’a d’ailleurs félicité publiquement les gagnants, quoi que disent leurs QG. Tous les voisins ont félicité les Congolais pour leur détermination à faire entendre leur voix mais personne n’a félicité le lauréat. Tous se sont contentés de prendre acte.
Dans la nuit du 9 au 10 janvier, avant l’annonce de la présidentielle et avec onze jours d’avance sur le calendrier électoral qu’il a lui-même élaboré, Corneille Nangaa, le patron de la Ceni, a fait donner les noms des élus provinciaux. Autre malaise. Comment expliquer que la Ceni, qui peine à compiler les résultats de la présidentielle avec une circonscription unique, ait été en mesure, parallèlement, d’assurer le décompte de toutes les circonscriptions au niveau régional ? D’autant que dans de nombreux centres de dépouillements ces travaux sur les provinciales viennent à peine de débuter. Deux solutions. Soit la Ceni a « inventé » ces chiffres, soit elle les a obtenus par voie électronique et donc de manière illégale.
La même question se répète ce week-end à l’annonce des résultats des législatives toutes aussi positives pour le pouvoir en place. D’où proviennent ces chiffres ? Autre malaise.
Et tous ces chiffres, tous les noms qui les accompagnent, suscitent à leur tour un nouveau… malaise. Comment expliquer ce raz-de-marée du pouvoir en place dans ces législatives (nationales ou provinciales) alors que le dauphin de Kabila a été rejeté ? Le malaise fait place à l’incrédulité.
Un recomptage difficile à imaginer
Vendredi 11 janvier, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est penché sur la question, il a entendu la position des évêques de la Cenco et celle de la Ceni.
Les hommes d’Église ont redit leur étonnement face aux chiffres publiés par la Ceni. Ils ont évoqués le recomptage des voix.
La Ceni, par la voix de son président, n’a guère laissé de place pour ce scénario. Pour lui, soit les résultats sont acceptés et Tshisekedi est le nouveau président encadré par une chambre des représentants, un Sénat et des gouverneurs issus des rangs de la Kabilie, soit on annule le tout et on retourne aux urnes.
Ce dimanche, au lendemain du dépôt du recours de Martin Fayuu devant la Cour constitutionnelle, la SADC a posé sa pierre dans ce jardin en prônant un recomptage des voix qui doit permettre, selon cette institution, d’apaiser tous les camps et donner une véritable assise et une crédibilité aux nouvelles institutions. Le nouveau président élu au terme de ce recomptage pourrait alors gouverner avec un exécutif d’union nationale.
Le recomptage proposé par la SADC pourrait-il avoir plus de poids aux yeux du patron de la Ceni que celui évoqué par les évêques devant un Conseil de sécurité, il est vrai, divisé ? Pas évident.
Mais la proposition de la SADC, en accord avec les pays de la communauté des grands lacs (CIRGL), démontre clairement que la question est devenue régionale et que ces voisins pensent que les résultats annoncés pourraient déclencher une instabilité parce qu’ils ne reflètent pas le choix des électeurs.
La piste d’un recomptage peut-elle être envisagée ? Les chances sont maigres. Nangaa l’a clairement fait savoir à l’Onu. Et vu les « divergences abyssales » évoquées par des observateurs entre les résultats compilés par la Cenco ou la plateforme de Fayulu et les chiffres de la Ceni, l’exercice apparaît comme très – trop – risqué pour le président Nangaa.
Retour aux urnes ?
Reste alors la piste de l’annulation du scrutin et d’un retour aux urnes. Une piste qui prend de l’épaisseur quand on se souvient des écarts entre les deux premiers de la présidentielle (700 000 voix) et le refus de la Ceni d’organser les scrutins à Beni, Butembo et Yumbi et de priver plus de 1,2 million de Congolais, essentiellement acquis à Fayulu, de leur droit de vote.
Une piste qui prolongerait de nouveau le séjour de Kabila aux commandes du pays mais qui, si elle permet d’apaiser les tensions, pourrait trouver grâce aux yeux de bien des acteurs internes et externes. A condition, évidemment, de sacrifier sur l’autel de la realpolitik les acteurs phares de ce qui s’apparente aujourd’hui à une mascarade, au premier rang desquels Corneille Nangaa, et d’accepter la main tendue de certaines instances internationales pour la mise sur pied d’un retour aux urnes bien cadré.
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