Doyen d’âge, il aura a été découvert comme l’une des pièces rares capables de présider à la destinée de la Chambre basse du Parlement congolais. Simon Mboso N’kodia Pwanga, né le 7 août 1942 à Kasongo Dinga, dans le Territoire de Kenge, au Kwango, une Province née de l’éclatement de l’ex-Bandundu, est un homme d’action sur terrain.
A 78 ans, il n’est ni dans des querelles intestines, ni dans des luttes fratricides oiseuses. L’histoire de l’éviction de l’équipe Mabunda aura fait qu’il soit tiré de ses réserves pour jouer un rôle primesautier au sein de l’hémicycle du Palais du Peuple.
En peu de temps, ainsi qu’il l’a démontré dans les faits, son Bureau d’âge a organisé les scrutins qui ont permis de tirer au clair la situation du Bureau Mabunda et d’y mettre fin.
Mais aussi, de faciliter la tâche à Modeste Bahati, l’Informateur désigné, pour identifier dans les plus brefs délais la nouvelle Majorité présidentielle.
Bien plus, c’est sous ses auspices que la motion de censure visant la déchéance de Sylvestre Ilunga Ilunkamba ainsi que l’ensemble de son équipe a été examinée et adoptée.
Et, dans la foulée de sa notification, le Premier Ministre issu de la coalition FCC-CACH a, enfin, déposé son acte de démission, le 29 janvier dernier auprès du Chef de l’Etat qui en a pris acte, le 31 janvier 2021 et édicté les mesures conservatoires.
Homme d’action, Mboso l’est à plus d’un titre. Car, dans son parcours, il a été membre, plusieurs fois, du Gouvernement, élu du Peuple, Acteur politique majeur, négociateur et leader des Partis politiques et Regroupements politiques.
Si, aujourd’hui, le choix de l’Union sacrée arrivait à le consacrer au perchoir de l’Assemblée Nationale, il aurait l’occasion de mettre son expérience, vielle de plusieurs décennies, au service des congolais notamment, en ce qui concerne les réformes électorales et institutionnelles attendues pour faire asseoir l’Etat de droit et la démocratie sur le socle d’un contrôle rigoureux de l’Exécutif National, des services d’utilité publique et des autres institutions d’appui à la démocratie.
Il dispose, selon des sources croisées, des atouts dont la sagesse, l’expérience et la maîtrise des événements – plus de cinquante ans de vie politique – dont le pays peut bénéficier en ce temps de crise politique, sanitaire et socio-économique.
Il appartient donc aux Députés, lors du vote prévu le 3 février 2021, puisqu’il est candidat unique, de lui donner massivement leurs voix pour le soumettre ainsi à l’épreuve de l’action et le juger, le moment venu, aux actes.
Né le 14 décembre 1932, Étienne Tshisekedi wa Mulumba est mort le 1er février 2017 d’une embolie pulmonaire, à Bruxelles. Ancien Premier ministre (premier commissaire d’État), ancien candidat à la présidentielle, le Président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a marqué l’histoire politique de son pays jusqu’à sa mort.
En République Démocratique du Congo, une session extraordinaire est convoquée ce mardi 2 février au Sénat.
A en croire la décision signée par son président Alexis Thambwe Mwamba, les sénateurs vont examiner et adopter le projet de loi autorisant la ratification par la RDC de l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
Ce projet de loi a été adopté il y a quelques jours à l’Assemblée nationale est le seul point à l’ordre du jour de la session. Aussitôt le projet adopté, les sénateurs pourront directement clôturer la session extraordinaire.
Félix Tshisekedi avait demandé au Sénat de convoquer une session extraordinaire afin d’adopter ce projet doit être ratifié avant son entrée en fonction comme Président en exercice de l’Union Afrique en février en cours.
B-one Music de ce dimanche 31 janvier 2021 : Papy Mboma reçoit l’artiste musicien et Pasteur Patrice Ngoy Musoko qui répond au pasteur Denis Lessie, surnommé par les fans de Fally Ipupa « Pasteur Warrior » : « Pasteur Warrior atika diamba ».
Quarante-huit heures après la levée provisoire de sa suspension par le Tribunal arbitral du sport (TAS), Ahmad Ahmad reprend bel et bien son poste de président de la Confédération africaine de football (CAF). Constant Omari, qui a assuré l’intérim à ce poste, a acté cette décision ce dimanche 31 janvier.
Encore du mouvement au sommet de la CAF. Deux mois et demi après avoir été destitué de son mandat de président par la Fifa, Ahmad Ahmad est de retour. Le dirigeant malgache avait reçu un premier avis favorable vendredi 29 janvier, quand le TAS avait mis en place une « procédure accélérée » pour se pencher sur les accusations dont il fait l’objet, et avait suspendu provisoirement les sanctions prises par la Fifa.
Ce dimanche 31 janvier, la CAF officialise ce que la décision du TAS laissait entendre : non seulement, Ahmad Ahmad peut mener campagne pour les prochaines élections à la présidence de la CAF, mais en plus, la suspension des sanctions entraîne son retour au poste de président de la CAF.
Ahmad Ahmad remercie Constant Omari pour son intérim
Insistant bien sur le caractère suspensif de la décision du TAS, la CAF établit que, « par conséquent, il (Ahmad Ahmad) a retrouvé sa fonction ». Constant Omari, qui a succédé à Ahmad Ahmad par intérim, a convoqué par visio-conférence le Comité d’urgence de la CAF ce dimanche et a « pris acte de la décision du TAS ». Le communiqué ajoute que l’homme politique malgache « va saisir la Commission de gouvernance de la CAF dès ce lundi » 1er février, à propos de sa candidature aux élections du 12 mars pour la présidence de la CAF.
« Je remercie chaleureusement Constant Omari d’avoir assuré la présidence ces dernières semaines. Il a notamment mis en œuvre avec brio l’organisation du CHAN TOTAL Cameroun 2020. Je vais mener à son terme cette magnifique compétition, et permettre que le football, comme toujours, triomphe », déclare Ahmad Ahmad, qui avait succédé à Issa Hayatou à la présidence de la CAF en mars 2017.
L’Ivoirien Jacques Anouma, le Sud-Africain Patrice Motsepe, le Sénégalais Augustin Senghor et le Mauritanien Ahmed Yahya sont également en lice pour les élections du 12 mars. Des élections auxquelles Ahmad Ahmad, rétabli dans sa fonction de président, pourra peut-être prendre part. Le TAS doit examiner son cas le 2 mars et se prononcer avant le 12 mars.
Destiné aux cadres et membres du parti, ce séminaire va aborder plus au moins 5 matières entre autres l’évaluation de la situation économique, politique et sociale du pays, le contenu de la résistance pacifique, mise à niveau idéologique et politique des cadres du parti, enrichissement du projet de société du parti, esquisse du programme politique, économique et social du parti. Suivez Adolphe Muzito.
Pour l’Ambassadeur André-Alain Atundu, maintenant que le ciel des rapports entre FCC et les partis composants semble s’éclaircir, le moment est peut-être venu d’envisager un dialogue positif avec le Président Kabila pour mettre fin à la crise politique provoquée par les taupes dans le but de saboter l’alliance de gouvernance entre deux dignes fils de la République, unis par la passion du Congo. Dans un point de presse organisé samedi dernier en sa résidence, ce communicant du FCC pense que Kabila qui a le sens de l’Etat, une ouverture d’esprit à partir de son expérience de 18 ans en tant que chef de l’Etat et président de la République. Actuellement, il existe plutôt un malentendu profond entre le FCC-CACH, entre le Président Tshisekedi et le Président Kabila. C’est justement une des conditions pour que le dialogue puisse se tenir. Pour lui, la constitution l’a prévu et il faut qu’il y ait au moins une pensée autre de celui qui dirige. C’était le défi lancé par Kabila en s’associant avec son frère Tshisekedi pour gouverner ensemble. Malheureusement, les taupes nombreux au sein du FCC, probablement aussi au sein de CACH n’ont pas permis cette synergie d’action entre ceux qui partagent en commun la passion du Congo et ceux qui partagent l’idéal légué par Etienne Tshisekedi, le peuple d’accord.
Pendant que le contexte du pays est dominé par des vagues d’adhésions à l’union sacrée de la nation, vision développée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, l’ambassadeur André-Alain Atundu qui observe de loin cette situation a convoqué la presse, afin de donner son point de vue. Il estime que maintenant que le ciel des rapports entre FCC et les partis composants semble s’éclaircir, le moment est peut-être venu d’envisager un dialogue positif avec le Président Kabila pour mettre fin à la crise politique provoquée par les taupes dans le but de saboter l’alliance de gouvernance entre deux dignes fils de la République, unis par la passion du Congo. Pour lui, il justifie ce dialogue, notamment par le fait que Kabila a le sens de l’Etat, une ouverture d’esprit à partir de son expérience de 18 ans en tant que chef de l’Etat et Président de la République. Actuellement, explique-t-il, il existe plutôt un malentendu profond entre le FCC-CACH, entre le Président Tshisekedi et le Président Kabila. C’est justement une des conditions pour que le dialogue puisse se tenir. A ceux qui pensent que le FCC a été anéanti, Atundu se demande : « Pouvez-vous parler à un moment de notre histoire de l’anéantissement de l’UDPS, du MLC ou même du PALU ? Le FCC est un noyau des personnes de conviction décidées à se battre pour consolider notre démocratie. Une démocratie ne peut pas se consolider lorsque tout le monde chante la chanson de la saison. Notre constitution l’a prévu et c’est la nature de la constitution, il faut qu’il y ait au moins une pensée autre de celui qui dirige », dit-il, avant d’ajouter que c’était le défi lancé par Kabila, en s’associant avec son frère Tshisekedi pour gouverner ensemble. Malheureusement, les taupes nombreux au sein du FCC, probablement aussi au sein de CACH n’ont pas permis cette synergie d’action entre ceux qui partagent en commun la passion du Congo et ceux qui partagent l’idéal légué par Etienne Tshisekedi, le peuple d’abord. C’est la condition du développement de notre pays dans la sérénité et le calme.
User de sa liberté
Devant la presse, A. Atundu considère que la création des regroupements politiques ou le ralliement à d’autres, procède de la liberté garantie et juridiquement protégée par la Constitution de notre pays. D’ailleurs, ce droit à la liberté est une valeur fondatrice et légitimant de la démocratie en tant que valeur universellement reconnue, recherchée, garantie et protégée par la communauté des Nations. Mais que vaut un exercice de liberté qui se fait au mépris des valeurs morales comme l’honnêteté et la loyauté. Ce droit légitime, pour chaque individu et chaque groupe exercé de façon arbitraire, sans règle ni rationalité, ne risque-t-il pas alors de transformer en un instrument de légitimation de la prostitution politique ou de la surenchère opportuniste ? Cette frange de la classe politique qui semble constituer la Majorité, enlève à la liberté ses lettres de noblesse pour l’avilir au rang de recherche d’intérêt au ras-de-pâquerette. Si aujourd’hui, l’UDPS force l’admiration, c’est en fonction de la constance idéologique de ses convictions portées en toute circonstance par des militants, jusqu’au sacrifice suprême. Ainsi, grâce à son intransigeance idéologique, l’UDPS a contribué à l’implantation de la démocratie en rendant possible l’alternance politique, exécutée de main de maître par le Président Kabila. C’est pourquoi le Président Tshisekedi et les militants de l’UDPS méritent malgré tout la considération de la Nation.
Le FCC doit continuer sa marche
A en croire, ce Communicant du FCC, il appartient donc désormais à cette méga plate-forme de continuer à mener le combat pour la démocratie et la liberté, fort de ses convictions idéologiques. « A tous mes partenaires restés dans le FCC, je leur recommande de garder le cap déterminé par Kabila ; l’horizon va s’éclaircir bientôt », croit-il.
Et de renchérir qu’au lieu de claironner rageusement notre attachement à Kabila comme l’ont fait ceux qui ont traversé à la nage, selon l’expression prophétique de Kabund, posons plutôt dans le silence de l’action des actes qui démontrent notre attachement et notre engagement à accompagner la vision politique du Président Kabila dans la loyauté et l’abnégation. « Nous devons et nous allons nous battre jusqu’au bout même si cet effort court le risque d’être injustement payé par une non victoire, plutôt que d’abandonner et de survivre sans gloire dans l’errance comme une âme en peine, alors que la personnalité et la dignité de notre Peuple sont en cause. En effet, la victoire en politique n’appartient pas à ceux qui tournent opportunément casaque au moment de la confrontation, au lieu de défendre leur conviction; mais plutôt à ceux qui savent encaisser et continuer le combat jusqu’à la fin », promet-il.
La campagne électorale démarre ce lundi 1er février à l’Assemblée nationale, pour l’élection des membres du Bureau définitif. Tintamarre, discours propagandistes, affiches, mobilisation des militants des partis, vuvuzela, l’on s’attend à tout comme d’habitude. Mais il y a une chose à laquelle personne ne s’attendait : Christophe Mboso, candidat à la présidence du Bureau. Personne ne le voyait venir, il faut le reconnaître. Il est le ticket gagnant de l’Union sacrée au perchoir de la Chambre basse du Parlement. Pas de challenger en face. Il est le seul candidat validé à ce poste par la commission mise en place par le Bureau d’âge qu’il préside jusqu’ici.
S’il était peu connu du grand public jusqu’il y a moins de deux mois, Christophe Mboso dont le nom est désormais sur toutes les lèvres a plutôt une longue et riche carrière politique dans sa gibecière. Il a plusieurs fois été élu député national, nommé ministre ou vice-ministre, occupé de postes stratégiques depuis le régime du feu maréchal Mobutu, etc.
Mboso est l’un des artisans des nombreuses récentes victoires du Président Tshisekedi sur l’ancien Président Kabila. Deux ans durant, le programme d’action de Tshisekedi a eu du plomb dans l’aile. Lui-même le Président s’en est plaint, pointant publiquement du doigt ses partenaires ou, plutôt, ses anciens sociétaires avec qui il formait la Coalition FCC-CACH au pouvoir. Mais bien avant que le lion ne rugisse, l’on se souviendra combien des voix s’élevaient nuit et jour pour demander au Président de mettre fin à la coalition. En fin diplomate, Tshisekedi avait toujours fait comprendre à la population qu’il tenait à sa coalition. Mais comme le toit conjugal dégoulinait de plus en plus, le ras-le-bol ayant atteint son paroxysme avec le refus du camp Kabila d’assister à la prestation de serment des juges nommés à la Cour constitutionnelle par Tshisekedi, ce qui devait arriver arriva enfin : le président Tshisekedi annoncera dans son discours du 06 décembre, la fin de la coalition avec Joseph Kabila.
« Le Gouvernement de coalition institué au lendemain de l’alternance politique n’a pas permis de mettre en oeuvre le programme pour lequel vous m’avez élu et, d’autre part il n’a pas été capable de répondre aux attentes et aspirations de notre peuple », avait-il expliqué dans son discours. De fil en aiguille, il avait en même temps annoncé la désignation d’un “Informateur” pour tenter d’identifier “une nouvelle coalition réunissant la majorité absolue des membres au sein de l’Assemblée nationale”. Avec un plan B, bien sûr : à défaut d’identifier cette nouvelle majorité, avait-il précisé, il n’aura d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée nationale.
Cette décision a bouleversé les équilibres politiques en République Démocratique du Congo. La lune de miel du jeune couple unit à l’aube de l’alternance politique n’aura pas fait long feu.
La chute de Mabunda
Félix Tshisekedi se montrait de plus en plus déterminé à renverser définitivement la majorité à son avantage, et les évènements tournaient visiblement en sa faveur. Le 5 décembre 2020, plusieurs motions seront déposées contre le Bureau de l’Assemblée nationale “dirigée d’une main de fer”, selon les transfuges du FCC, par Jeanine Mabunda, l’un des verrous de Joseph Kabila. Verrou qui n’a pas mis longtemps à sauter. Très rapidement, un Bureau d’âge prend place pour examiner cette motion. Christophe Mboso est le doyen d’âge. Au lendemain de cette installation, il a été reçu en audience par le Chef de l’État pour lui faire part de l’évolution des travaux au sein de la Chambre basse. Au cours de cette audience, le Président de la République l’a remercié et encouragé à travailler pour l’intérêt de la Nation car, soulignait-il, il était en train d’écrire une page glorieuse de l’histoire du Congo.
Le 10 décembre marquera le tournant décisif. Les députés procèdent à l’examen ainsi qu’au vote de la motion. Avec 484 députés présents sur les 500, dont une majorité d’élus transfuges du FCC, 281 députés ont finalement voté en faveur du départ de Jeanine Mabunda et de son Bureau, confirmant ainsi la tendance qui semblait se dessiner. Mabunda présente publiquement des excuses à tous les élus qui se sont sentis d’une manière ou d’une autre déçus de sa gestion. Mais les carottes sont déjà cuites. Elle s’en va du Bureau. Elle va d’ailleurs plus loin, jusqu’à Dubaï. Le 30 décembre, il y a eu remise et reprise entre le Bureau Mabunda et le Bureau d’âge. Mabunda est absente ce jour-là. Malgré le bras de fer auquel elle s’est livré en allant jusqu’à saisir les instances judiciaires avant son voyage à Dubaï, Jeanine Mabunda va lâcher prise, cédant finalement la houlette à Mboso.
Jeudi 31 décembre, Félix Tshisekedi confia la mission d’information à Modeste Bahati Lukwebo, Président national du regroupement AFDC-A et ancien proche de Joseph Kabila. Bahati lui a amené une liste de 391 députés nationaux issus de 24 regroupements politiques et 1 député indépendant qui ont officiellement adhéré à l’Union Sacrée, ce qui confirmait que la majorité avait basculé.
La destitution du gouvernement Ilunga Ilunkamba
Le 5 janvier 2021, sous une forte tension entre les Pro-Kabila et les Pro-Tshisekedi regroupés dans l’Union sacrée s’ouvre la plénière de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Remontés, les députés Pro-Kabila ont protesté contre la lecture des points inscrits à l’ordre du jour de cette session extraordinaire. Ils ont fait savoir que le Bureau provisoire ne peut envisager la destitution du Premier ministre car cette compétence serait, d’après eux, réservée au Bureau définitif qui doit d’abord être élu.
Là encore, le Doyen Mboso joua un rôle remarquable en menant un bras de fer serré contre son ancienne plateforme politique, le FCC de Joseph Kabila. De la réception à l’examen de la motion de censure contre le Gouvernement Ilunga Ilunkamba, les députés du Front Commun pour le Congo fidèles à Joseph Kabila ont accusé Mboso de les priver de la parole en plénière. La moutarde leur montait au nez. À plus d’une reprise, les loyaux à Kabila ont claqué la porte aux plénières, dénonçant le caractère outrancier du pouvoir exercé par Mboso. Ils estiment que le Bureau d’âge n’avait pas qualité pour examiner une motion contre un Gouvernement investi par un Bureau définitif.
Tant pis. Le chien aboie, la caravane passe. Mboso et son Bureau, malgré les oppositions du FCC, ont décidé d’examiner cette motion de censure déposée le 22 janvier par le député Chérubin Okende d’Ensemble pour le changement, la plateforme de Moïse Katumbi. La motion est signée par plus de 300 députés. Le Premier ministre est invité au Parlement.
Le 27 janvier à l’issue du vote soit 5 jours plus tard, 367 sur les 382 députés présents se sont prononcés en faveur de la chute du Premier ministre et de son gouvernement. Sylvestre Ilunkamba a remis le 29 janvier, la lettre de démission de son gouvernement au Président.
Félix Tshisekedi enregistre maintenant trois belles victoires qui lui permettent de prendre totalement le contrôle du pouvoir : la Cour constitutionnelle, l’Assemblée nationale et récemment, la primature.
La présidence de l’Assemblée nationale pour remercier Mboso ?
Visiblement, oui. Alors que l’élection du Bureau définitif est prévue le 03 février prochain, Mboso est incontestablement le futur speaker de l’Assemblée nationale pour trois raisons. Il est candidat unique à ce poste. Il a le soutien de la nouvelle majorité parlementaire de l’Union sacrée à laquelle il appartient.
«Je suis là, pour déboulonner le système dictatorial qui était en place», avait déclaré Félix Tshisekedi le jeudi 4 avril 2019 à Washington, lors de la conférence au Conseil sur les Relations extérieures, atelier de réflexion sur la politique étrangère. Et d’ajouter : «Ma présence ici interpelle les Etats-Unis à nous accompagner dans cette belle aventure et le plus longtemps possible. Sans cet appui, nous aurons des difficultés à nous en sortir».
Plus d’une année après, la situation politique actuelle en RD Congo prouve à suffisance que Félix Tshisekedi est effectivement resté dans son dessein dévoilé depuis Washington, quelque trois mois seulement après son investiture, le 24 janvier 2019, à la tête de l’Etat congolais.
Premier épisode : Rupture de la coalition FCC-CACH en décembre 2020. Depuis, les deux anciens partenaires se sont résolument engagés dans une véritable épreuve de force, avec comme objectif le changement de la majorité à l’Assemblée nationale. Dès lors, tous les moyens qui lui permettraient d’atteindre cet idéal, semblaient être bons pour le Président Félix Tshisekedi !
Après le divorce d’avec le FCC, le bureau de l’Assemblée nationale dirigé par Jeanine Mabunda, tombe à la suite des motions individuelles contre les six membres, votées au cours d’une chaude plénière le 10 décembre 2020. Dans une Chambre basse très majoritairement FCC, avec plus de 300 députés nationaux sur les 500 qui composent la Représentation nationale, la déchéance de Jeanine Mabunda donnait ainsi les assurances du basculement effectif de la majorité. Et donc, un deuxième épisode qui se termine sur une victoire de Félix Tshisekedi.
L’Assemblée nationale étant la mandante du Chef du Gouvernement, le changement de la donne à l’hémicycle ne pouvait qu’emporter le Premier ministre. Sylvestre Ilunga Ilunkamba est déchu, le 27 janvier 2021 par 367 députés ayant voté pour sa motion de censure initiée par Chérubin Okenge, un ancien membre du FCC qui, par la suite, avait rejoint les rangs de «Ensemble pour la République», plateforme politique chère à Moïse Katumbi, gouverneur de l’ex-province cuprifère du Katanga et ancien membre de la famille politique de Joseph Kabila pendant la première législature (2006-2011).
Vu des analystes, la déchéance du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, est considéré non seulement comme deuxième chef de corps FCC vaincu, mais aussi et surtout, comme un troisième épisode de la bataille de Félix Tshisekedi contre son ancien allié et qui se solde par sa victoire. Mieux, une dernière séquence de l’opération de prise de contrôle de différentes institutions de pouvoir par le Président Félix Tshisekedi.
IL QUITTE LA TETE HAUTE, DIGNE ET CONSTANT
Cible de fortes pressions et des diatribes parfois assorties d’insultes à peine voilées des partisans du camp qui, sans cesse, le poussait à la démission, Sylvestre Ilunga Ilunkamba est resté imperturbable pendant plusieurs semaines. Il a donc attendu le moment opportun pour agir en âme et conscience. Et, c’est ce qu’il a finalement fait le vendredi 29 janvier, soit 48 heures après le vote de sa déchéance par la plénière de l’Assemblée nationale du Mercredi 27.
«Il faut savoir quitter la table quand elle est desservie», déclarait à la presse, l’ancien Premier ministre qui paraphrasait un chansonnier, au sortir de son audience le 29 janvier dernier avec le Président Félix Tshisekedi, à qui il remettait la démission de son Gouvernement. Dans cette même déclaration de 287 mots (y compris la ponctuation), Sylvestre Ilunga Ilunkamba ajoutait: «(…) Mais, je ne vais pas quitter la table desservie chez moi pour aller continuer chez le voisin».
Mais au-delà de la saga observée dans le camp de la nouvelle coalition estampillé Union sacrée de la nation, le comportement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba lègue plusieurs leçons à la classe politique du pays. La première, est que le Premier ministre congolais quitte ses fonctions la tête bien haute, dans la loyauté, la constance et la légalité La loyauté, parce qu’il a vu des membres de sa famille politique, quitter celle-ci pour rejoindre le camp du pouvoir. C’est donc ça, le sens à donner à sa métaphore de la table desservie.
En acteur politique digne d’un homme d’Etat, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a refusé de céder à la pression pour s’en remettre à son mandant, le FCC et son Autorité morale Joseph Kabila. Pourtant, il pouvait agir comme tous les autres membres de son Gouvernement qui ont quitté le FCC, dès lors qu’il avait pris conscience de l’état de leur table qui était desservie, pour aller à la mangeoire USN.
Dans un environnement politique où la loyauté a cessé d’être une valeur cardinale, comment ne pas encourager cet homme qui n’a pas quitté la table vide pour répondre à l’invitation du voisin dont la table est pleine de mets variés ? Surtout que sa place y était garantie.
On rappelle qu’un mois plus tôt avant le vote massif pour la déchéance du Premier ministre, les députés nationaux avaient massivement voté le budget présenté par le même chef de l’exécutif qu’ils ont désavoué. Si en démocratie, le vote d’un budget est l’expression d’appartenance ou d’adhésion d’une Assemblée nationale au Programme d’un Gouvernement, comment alors expliquer ce qui s’est passé le mercredi 27 janvier dernier à l’hémicycle, si ce n’est par la fameuse politique de la table bien garnie de mets alléchants qu’offre le voisin ?
CONSTANT DANS LA LEGALITE
La motion de censure contre Sylvestre Ilunga ilunkamba a été votée en son absence. L’opinion se rappelle que l’ancien Premier ministre avait refusé de se présenter devant les députés nationaux le jour du vote de la motion contre lui, au motif que le bureau d’âge de l’Assemblée nationale tenant office de bureau provisoire, n’avait pas la compétence légale d’examiner la motion de censure qui le visait.
Dans un communiqué de 125 mots, Sylvestre Ilunga Ilukamba a déclaré :«En date du 27 janvier 2021, l‘Assemblée nationale a adopté la motion de censure dirigée contre mon gouvernement. Tout en réaffirmant les observations que j’ai formulées sur la compétence du Bureau d’âge, en tant que républicain, respectueux de la Constitution et des Institutions de la République, je me dois de reconnaître la compétence de l’Assemblée nationale à examiner la motion de censure qui m’a été destinée dès lors qu’elle a été signée par 301 députés nationaux».
Et d’ajouter : «Etant donné que les Députés qui composent l’Assemblée nationale ont été élus lors des élections générales de 2018 et ont majoritairement voté le mercredi 27 janvier 2021 la motion de censure dirigée contre mon gouvernement, j’attends la notification de cette décision pour prendre mes responsabilités conformément à la Constitution », conclue le communiqué du premier ministre Ilunga Ilunkamba. Qui, pourtant, avait dénoncé une « manœuvre politicienne sans fondement factuel et au mépris des exigences de l’État de droit».
Ce communiqué qui avait force d’une correspondance implicitement adressée au président du Bureau d’âge de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso Nkodia Puanga, a effectivement produit les effets. Car, ce dernier a finalement notifié le Premier ministre, pour lui signifier la sentence de la plénière contre son Gouvernement. Dès lors, le Premier ministre avait 24 heures pour remettre la démission de son équipe au Président de la République, conformément aux prescrits de l’article 147 de la constitution. C’est ce qu’il a fait.
Vu sous cet angle, Sylvestre Ilunga Ilunga Ilunkamba est resté constant dans la légalité.
Face aux défis social, économique, sécuritaire et surtout sanitaire, beaucoup parlent déjà de la composition du prochain gouvernement. Après la déchéance puis la démission du gouvernement de coalition dirigé pendant 15 mois par le Premier ministre pro Kabila, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, l’heure est au redimensionnement des mesures. Félix Tshisekedi doit ainsi imprimer, selon son propre vœu, le réalisme pour réduire le train de vie de l’État. Ce qu’il faudrait, en fait, c’est supprimer carrément certains ministères pour réduire drastiquement les dépenses et mettre un coup d’arrêt à l’accroissement sans fin d’une bureaucratie inefficace en RDC. D’où l’appel lancé pour que le prochain gouvernement ne soit composé que « d’une quarantaine des ministres » en majorité « technocrates » pour relever la série de défis majeurs qui demeurent toujours pressants.
La situation socio-économique actuelle du pays, impactée comme partout ailleurs par les effets de la pandémie de Covid-19, nécessite des décisions politiques courageuses. Le chef de l’État, Félix Tshisekedi, en est bien conscient, lui qui a pris le risque d’engager une bataille politique qui a tourné en sa faveur, en vue d’appliquer sans accrocs sa vision de développement.
Des réformes structurelles attendues, le cinquième président de la RDC devra intégrer la donne inévitable dans le contexte mondial actuel. C’est celle d’un État modeste, mais efficace. Ce qui implique la réduction drastique du train de vie de l’État, en commençant par les institutions phares, à savoir le Président de la République, le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat. L’objectif sera sans doute de relancer l’économie nationale, en dégageant des ressources souvent très mal affectées. Mais aussi, de retrouver une administration compétente au service d’une plus grande justice sociale.
Pour bien des observateurs, il faudrait supprimer plusieurs postes ministériels pour réduire les dépenses publiques, tout en mettant également un coup d’arrêt à l’accroissement sans fin d’une bureaucratie inefficace.
Les révélations faites d’ailleurs par l’informateur, lors d’une émission spéciale sur la radio Top Congo, vont dans ce sens. Bahati Lukwebo a fait savoir que les propositions ont été faites pour que le prochain gouvernement ne soit composé que « d’une quarantaine des ministres ». C’est ici que les uns et les autres qui ont adhéré à l’Union sacrée de la nation doivent effectivement faire preuve de conviction, en oubliant définitivement les pratiques du passé, le pays n’étant pas un gâteau à partager.
Contourner l’hypocrisie politique
L’heure a donc sonné pour que l’hypocrisie politique soit contournée. Et la balle est dans le camp des acteurs institutionnels qui doivent prêcher par l’exemple. Ils sont appelés, contrairement au passé, à s’engager pour consacrer l’essentiel de l’effort national aux défis qui se posent.
Ainsi, le fonctionnement des institutions ne devrait en aucun cas consommer l’essentiel des ressources publiques. Une réalité qui a assez perduré depuis des décennies. Avec plus ou moins 40 membres de gouvernement, Félix Tshisekedi et son appareil gouvernemental vont disposer des moyens à même de faire des investissements pour l’avenir dans les domaines de l’éducation (construction des écoles), de la santé (construction des hôpitaux), des infrastructures routières, etc.
Par ailleurs, face aux multiples défis socio-économiques et sécuritaires dans un contexte de crise sanitaire du coronavirus, l’heure est à la mobilisation des compétences. Une synergie d’ensemble, souligne-t-on, doit être constituée pour sortir la RDC du tunnel et aller dans d’autres projections. C’est ainsi que de l’avis de plusieurs observateurs, le prochain gouvernement doit être technocratique pour corriger les ratés des politiciens. Tout en tenant compte, bien sûr, du paramètre géopolitique.
Pour rappel, la démission, vendredi 29 janvier, du Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, déchu la veille par l’Assemblée nationale, ouvre la voie à la nomination du nouveau Premier ministre au sein de la nouvelle majorité (Union sacrée de la nation) constituée derrière le président de la République, Félix Tshisekedi.
Ils passent à l’offensive. Les candidats invalidés dénoncent les dérives du bureau d’âge et craignent de la naissance de la dictature à l’Assemblée nationale.
Écartés de la course pour n’avoir pas rempli tous les critères, les invalidés de l’élection du 03 février 2021 se sont réunis désormais en Collectif pour mieux plaider leur cause.
Première décision, le Collectif annonce qu’il saisira le comité des Droits de l’homme de l’Union interparlementaire à Genève pour dénoncer cette grave violation des droits des parlementaires.
« Nous condamnons avec la plus grande énergie cette décision inique du bureau d’âge et allons user diligemment de toutes les voies légales pour être rétablis dans nos droits légitimes afin de permettre à la plénière souveraine de se choisir des membres du bureau de manière ouverte et transparente », ont-ils dénoncé dans une déclaration dimanche à Kinshasa.
La démarche semble pédagogique car elle n’aboutira qu’après l’élection du nouveau bureau et n’aura aucun moyen de contrainte pour faire annuler les résultats du vote. Malgré cette démarche, le bureau définitif restera en place sous la conduite du duo Mboso-Kabund.
La liste rendue publique par le bureau d’âge bannit tous les candidats autres que ceux repris sur le ticket de l’Union sacrée à l’exception du poste de rapporteur adjoint ou deux élues FCC vont compétir.
D’après le bureau Mboso, les invalidés n’ont pas répondu aux critères exigés. Ils n’ont pas présenté la lettre de consentement de leurs partis ou regroupements politiques pour certifier leurs candidatures et surtout leur non appartenance à la nouvelle majorité parlementaire.
La culture, c’est ce qui demeure en l’homme, lorsqu’il a tout oublié. Alors, quand on aura tout oublié d’Ilunkamba, sa citation empruntée à un célèbre chansonnier lui survivra : « Il faut savoir quitter la table quand elle est desservie ». Et le Premier ministre sur le départ d’ajouter, comme s’il enfonçait le clou: « Mais, je ne vais pas quitter la table desservie chez moi pour aller continuer à manger chez le voisin ».
Lâchée façon in cauda venenum, cette phrase d’Ilunga Ilunkamba est à très large spectre. Dans le landerneau politique, difficile de s’y piquer sans s’y frotter. Elle renseigne d’abord sur l’homme. Ilunkamba ne rime pas avec manger à tous les râteliers. Par conséquent, le chef du gouvernement démissionnaire n’entend pas se faire inviter à la soupe que l’on sert déjà à côté de sa table. Même si la carte d’invitation était dans l’air.
Tout le contraire ou presque de la norme dans l’écosystème politique zaïro-congolais. A preuve, -et c’est la deuxième leçon- la version rd congolaise de « la ruée vers l’or » que constitue en ce moment le départ à sens unique de Kingakati à Limete.
Premier ministre issu du FCC, Ilunga Ilunkamba voit en direct comment ses ministres et des députés qui, il y a peu, ont voté le budget, quittent la table desservie pour celle du voisin achalandée.
Professeur sur la « colline inspirée » à la belle époque, Ilunga Ilunkamba entend comme résonner en réminiscence le fameux « Pour la bouffe, nous mourrons ». Sauf que là, c’était des étudiants. Mais, ici il s’agit des hommes et femmes politiques qui connaissent les contours et le menu de leur table.
On peut n’avoir pas souscrit à l’action du Premier ministre Ilunkamba. Mais, on lui reprocherait difficilement de ne pas être au clair avec ses principes et ses convictions. Bref, avec une certaine idée, voire une idée certaine de l’éthique en politique.Dans un environnement où passer de sa table dégarnie à celle du voisin ne semble poser aucun remord, la leçon crépusculaire du « Vieux » administre la preuve que, même banalisée, la transhumance demeure une « antivaleur ». Pour des Congolais ayant grandi à une certaine époque, « manger chez le voisin sans l’autorisation des parents n’était pas bon ».
Le député national Mboso Nkodia est candidat unique pour l’élection du Président de l’Assemblée nationale. Ceci ressort de la liste définitive des candidats rendue publique ce dimanche 31 janvier 2021 après examen des candidatures. Le député national Jean-Marc Kabund va compétir seul au poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale. Il est en de même pour Banywesize Mukuza Muhini Vital au poste de deuxième vice-président. Le rapporteur du bureau d’âge de l’assemblée nationale l’a fait savoir ce dimanche 31 janvier 2021. Suivez Marius chez vous avec Marius Muhunga.
Guylain Nyembo, nouveau directeur de cabinet du Chef de l’État, dans un communiqué signé le samedi 30 janvier 2021, a pris une série de mesures conservatoires dans le cadre de l’exécution des affaires courantes par le gouvernement sortant jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement.
Il s’agit notamment de la suspension jusqu’à nouvel ordre, de recrutement, de nomination et de promotion du personnel à tous les niveaux, de la suspension de tout engagement, liquidation et de paiement de toutes dépenses autres que les charges du personnel.
Pour rappel, le gouvernement Ilunkamba a été déchu à la suite d’une motion de censure votée à une large majorité à l’Assemblée nationale.
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