Nouveau rebondissement dans le procès de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, poursuivi pour un détournement présumé de plus de 19 millions de dollars américains. À l’occasion de la troisième audience publique tenue ce mercredi à la Cour de cassation, l’homme politique a pris tout le monde de court en réclamant la comparution de la Première ministre Judith Suminwa parmi les témoins appelés à éclairer la procédure.
Une requête inédite qui risque de sécouer les sommets du pouvoir, alors que le climat politique reste marqué par une série de procès sensibles visant d’anciens dignitaires.
La Cour rejette les requêtes de la défense
La séance de ce 30 juillet a été marquée par le rejet de deux requêtes en inconstitutionnalité formulées par la défense de Constant Mutamba. Celles-ci visaient à obtenir la surséance de la procédure, en s’appuyant sur l’article 162 de la Constitution, dans l’attente d’une décision de la Cour constitutionnelle.
Le ministère public, représenté à l’audience, a estimé que les requêtes de la défense n’entravaient en rien la poursuite de la procédure, puisque celles-ci s’attaquaient uniquement à des actes réglementaires de l’Assemblée nationale ainsi qu’à un arrêt de la Cour rendu antérieurement, le 23 juillet. La Cour de cassation a donc tranché en faveur de la continuité de l’instruction, renvoyant la cause à l’audience du lundi 4 août 2025.
Témoins-clés annoncés : des visages de l’administration attendus
Au cours de cette audience, la Cour a acté la liste des témoins et renseignants appelés à comparaître. Le ministère public a notamment cité :
- Le Directeur général intérimaire de la Direction générale des marchés publics (DGMP),
- Le Secrétaire général au ministère de la Justice,
- Le Directeur général de FRIVAO,
- Le gestionnaire de l’immeuble qui abriterait le siège controversé de la société Zion Construction.
De son côté, la défense de Mutamba entend frapper fort, en sollicitant la comparution de :
- La Première ministre Judith Suminwa,
- Le ministre des Sports,
- Le ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITPR),
- Le Secrétaire exécutif de la CENAREF,
- Et deux figures clés de l’Inspection générale des finances (IGF) : l’ancien chef de service Jules Alingete et son successeur.
L’objectif : faire la lumière sur l’ensemble de la chaîne décisionnelle et administrative qui aurait autorisé ou couvert les opérations suspectes au cœur de cette affaire.
Une audience sous tension
Avant de clore l’audience, Constant Mutamba a demandé une courte interruption, expliquant devoir prendre des médicaments à des heures précises pour des raisons de santé. Une demande acceptée par la Cour.
En toile de fond, le dossier prend une tournure de plus en plus sensible et politique, alors que les accusations de détournement de fonds publics touchent aux plus hauts niveaux de l’administration.
Conclusion : Une confrontation politique et judiciaire sans précédent
En réclamant la comparution de la cheffe du gouvernement en exercice, Constant Mutamba place la justice congolaise face à une épreuve de vérité inédite. L’audience du 4 août s’annonce explosive, avec une pression accrue sur les institutions et une opinion publique en attente de transparence et d’équité.

















