Au cas où l’élection se tient en décembre 2018 et conformément à la Constitution qui interdit un troisième mandat présidentiel consécutif, Joseph Kabila devrait s’appeler ex-président dès janvier 2019. Et que fera-t-il après ?

Des signaux positifs qui incitent à l’optimisme. Calendrier électoral publié, fichier électoral nettoyé… En tout cas, cette fois-ci pourrait être la bonne. Après deux reports consécutifs, les Congolais pourraient enfin élire en décembre prochain le successeur de Joseph Kabila.

Arrivé au pouvoir en 2001 suite à l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila, tombeur du dictateur Mobutu, quatre ans auparavant, Kabila junior a géré une transition qui s’est soldée par une élection qu’il remporte en 2006, malgré les accusations de fraudes. Cinq ans plus tard, il est réélu pour un deuxième et dernier mandat au terme de la Constitution. Et en 2016, l‘élection qui devrait rimer avec son départ est repoussée à 2017. Là, non plus, pas d‘élection.

Pourtant, aujourd’hui, Kabila se montre prêt à quitter le majestueux et confortable Palais de la Nation. À en croire des sources proches citées par des médias, le président congolais serait même en train de chercher un dauphin. Et pas si facile de prendre une décision lorsqu’on a une liste de calibres tels qu’Aubin Minakou, Antoine Gizenga et Adolphe Muzito.

Or, quel que soit le dauphin, le grand problème et pas de moindres reste l’avenir de Joseph Kabila. En 2019, le chef de l’Etat congolais aura 48 ans. Il sera donc toujours fort. La nature ayant horreur du vide, il devra obligatoirement faire quelque chose pour se mettre à l’abri de l’ennui que lui imposera la retraite présidentielle.

Réintégrera-t-il les forces de la RDC ? Peut-être, mais, une hypothèse difficilement envisageable. En effet même si c’est loin d‘être le cas pour Kabila, certains acteurs politiques aiment plus présider qu‘être dirigés. Si c‘était un métier libéral, il offrirait ses services militaires partout.

Vers la première alternance pacifique ?

Restera-t-il en politique en continuant par exemple de gérer le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) dont il est le fondateur ? Ici, le probable futur ex-président congolais pourrait désormais se mettre dans la veste d’un coach dont les conseils devraient être fort précieux pour relever des défis politiques.

Et dans un pays où, excepté Joseph Kasa-Vubu, aucun ex-président n’a jamais vécu sur place, Kabila pourrait entrer dans l’histoire comme étant le premier à jouir de ce privilège. Un privilège au sens propre comme au sens figuré, car il pourrait être le tout premier président congolais à avoir permis une alternance pacifique en RDC. Quitte à devenir une référence non seulement pour les membres du PPRD, mais aussi pour l’opposition.

De la même manière que tous les Béninois ou presque se réfèrent aujourd’hui à Mathieu Kérékou. Lui qui avait compris à temps réel que la démocratie était devenue une obligation contextuelle et qu’il fallait rompre avec des méthodes. Lui qui est revenu au pouvoir et l’a quitté au moment opportun.

Après la présidence de la République, Kabila gagnerait à marcher sur les traces de Kerékou afin d’inscrire son nom sur les murs du Panthéon des grands hommes politiques de l’Afrique. À moins qu’il veuille faire comme certains Africains qui quittent le pouvoir avec des agendas cachés.

John Ndinga Ngoma
Africanews

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici