Martin Fayulu Madidi a pris part à l’ouverture du Forum de haut niveau du consensus sur la réforme électorale efficiente en RDC initié par le Centre d’Appui politologique Afrique–Caraïbes (CAPAC) de l’Université de Liège (Belgique) qui s’est ouvert ce lundi 24 août à Kinshasa.

Le candidat de la coalition Lamuka à la dernière présidentielle dont il réclame toujours la victoire et pense également que le problème se situe plus au niveau de l’application des lois par ceux qui en ont la charge.

“Pour nous le faux corrompant tout, toutes les institutions actuelles et leurs animateurs sont illégitimes. L’urgence est donc de rechercher ensemble cette légitimité. La note d’orientation poursuit en disant que le projet de ce forum vise à améliorer le processus électorale et la proposition des réformes va se focaliser essentiellement sur la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI et la loi portant organisation des élections en RDC. Au demeurant depuis 2006, ces lois ont subi plusieurs modification sans véritablement résoudre les effets pervers du système électoral dans notre pays, de quoi s’interroger si le vrai problème se situe au niveau des lois plutôt au niveau de la culture, les valeurs morales et d’intégrité de ceux qui ont la charge d’organiser les élections dans notre pays, d’une part et ceux qui ont la responsabilité d’en assurer la sincérité d’autre part”, a dit Devos Kitoko, SG de l’ECIDE, qui a lu l’allocution de Martin Fayulu.

Et d’ajouter :

“Dans le même élan on peut se demander ce que vaut la réforme d’une loi organique si les principes fixés dans la loi mère, la constitution ne sont pas respectés. Nous considérons que l’approche adopté par les organisateurs de ce forum est malheureusement parcellaire car elle ignore le caractère transversal des questions électorales. Celle-ci touche à l’adhésion de tous au respect des valeurs contenues dans la constitution et les lois de république, la gouvernance, le pouvoir judiciaire dans son volet du contentieux, le rôle de l’armée, la police et les services de sécurité, le respect des droits humains ainsi qu’à la lutte contre la corruption. Ne point en tenir compte exposerait la souveraineté de notre peuple, ce qui pour nous est inacceptable car 60 ans d’indépendance aujourd’hui, il est inadmissible que nous en soyons encore aux questions sur la génétique du pouvoir, de son exercice et de sa dévolution alors que les règles constitutionnelles en la matières sont claires”.

Le président de l’ECIDE a insisté sur la prise en compte de sa proposition de sortie de crise proposée en février 2019 dans ces travaux dirigés par le professeur Bob Kabamba.

“En acceptant de participer à la première journée de ce forum, nous prouvons une fois de plus nos bonnes dispositions en trouvant ensemble un consensus sur toutes ces questions afin de remettre définitivement notre pays à la loi. Ce pourquoi dans la proposition de sortie de crise post électoral que nous avons mise en toute responsabilité à la disposition de toutes les parties prenantes et de la communauté internationale depuis février 2019 nous insistons sur le fait de rompre avec les fausses solutions, d’en finir avec des faux semblants et nous encourageons tous nos compatriotes, l’Union Africaine ainsi que la communauté internationale à ne pas demeurer indéfiniment dans le déni. Il y a effectivement une crise profonde dans notre pays, une crise de légitimité qui nécessite qu’on s’y penche sérieusement pour assurer la paix, la stabilité, la cohésion nationale afin de faire face aux grands défis qui importent véritablement notamment celui de la reconstruction de notre pays. Cette proposition de sortie de crise, à laquelle nous tenons et qui s’inspire du modèle de l’accord de la CENCO se présente comme une alternative globale dont la mise en oeuvre se situe précisément dans la responsabilité historique commune de toutes les parties prenantes. Ce pourquoi, au regard des observations ci-dessus, la poursuite de notre participation à ces travaux est sous réserve des garantis de prise en compte de cette approche globale, des garantis des bonnes fins et surtout des garantis d’opposabilité et de suivi des résolutions à travers la création du Haut conseil national des réformes institutionnelles et l’organisation des élections anticipées”, a-t-il insisté.

Annoncés, Aimé Boji (Secrétaire national a.i de l’UNC) ; Jean-Marc Kabund (Président national a.i de l’UDPS); et Mwilanya (Coordonnateur du FCC) n’ont finalement pas effectué le déplacement ni délégué leurs représentants comme Christophe Lutundula pour Moïse Katumbi, Eve Bazaïba pour Jean-Pierre Bemba et Kasongo Numbi pour Adolphe Muzito et Devos Kitoko pour Martin Fayulu. Adolphe Muzito et Martin Fayulu ont, tout de même, manifesté leur présence dans la salle.

Contexte

Les organisateurs expliquent que ce rassemblement vise entre autre à parvenir à un consensus entre les principales forces politiques sur les grandes options de la réforme électorale. Ils avancent que, tenant compte de nombreuses critiques émises aussi bien par les observateurs que les acteurs politiques sur l’organisation des dernières élections, il est nécessaire de procéder à une réforme en vue de recadrer le prochain cycle électoral de 2023 – 2028.

Les experts électoraux des principaux partis et regroupements politiques se réuniront du mardi 25 au samedi 29 août 2020 pour lever, de manière consensuelle, les grandes options de la réforme électorale.

Le consensus autour de la réforme électorale en RDC est encore loin d’être obtenue. Pour le FCC particulièrement, toutes les questions en rapport avec la réforme doivent être débattues dans le cadre institutionnel. C’est ainsi que les députés de la famille politique de Joseph Kabila demandent d’attendre la session parlementaire de septembre prochain pour parler de la réforme électorale. En attendant, un groupe de 12 personnalités de la société civile et des députés ont amorcé, depuis plusieurs semaines, des consultations auprès des parties prenantes en vue d’aboutir à ce consensus.

Fonseca Mansianga
Actualite.cd

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