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D’ores et déjà, le Chef de l’Etat qui est rentré hier à Kinshasa, n’a que cette année pour relever les multiples défis vus en live lors de sa tournée, 2023 étant l’année électorale.

Heureux qui, comme Félix Tshisekedi, a effectué une tournée de neuf jours dans l’Espace Grand Kasaï, et puis est retourné à Kinshasa hier jeudi 6 janvier, avec plein d’usage. Au-delà de la standing ovation qui lui a été réservée, aux différentes étapes de son voyage ; c’est donc un chef de l’Etat qui s’est personnellement rendu compte de l’ampleur de la misère de ses compatriotes des provinces visitées.

Au terme de son périple dans le centre du pays, Félix Tshisekedi peut désormais dire : «J’ai vu la souffrance, mieux le calvaire multisectoriel de mon peuple». Bref, le chef de l’Etat ne devra plus se contenter des rapports administratifs de différents services, dès lors qu’il a été lui-même témoin des réalités parfois inimaginables et même inacceptables de la vie de plusieurs millions de Congolais dans l’arrière-pays.

Cependant, le Président de la république, tel un médecin généraliste, ne devrait pas se contenter du diagnostic posé. Il devra alors prescrire les produits spécifiques en mode d’urgence, pour guérir le malade. Dans cette métaphore, les provinces visitées sont exactement ces malades qui attendent du chef de l’Etat, des réponses concrètes à leurs attentes himalayennes. Pour ne pas dire plurielles. Il s’agit, principalement, de la construction des infrastructures de base. Ceci passe par la construction, des routes de desserte agricole, des écoles, des hôpitaux, des barrages hydroélectriques pour fournir de l’électricité aux grands centres commerciaux des provinces. S’ajoute à cela, l’épineuse et sempiternelle problématique d’adduction d’eau potable, restée une denrée inaccessible d pour des millions de ménages congolais.

LE GRAND KASAI, UN ECHANTILLON

Le Président Félix Tshisekedi doit-il sillonner tout le territoire national pour, finalement, mesurer l’ampleur des défis à y relever ? A priori, pas nécessairement tant l’Espace Grand Kasaï aura constitué un échantillon suffisamment représentatif de la situation générale du pays.

A ce jour, les données empiriques renseignent que toutes provinces dans leur ancienne configuration, ont en partage la misère et la pauvreté de leurs populations. La situation s’est aggravée à la suite de la nouvelle territoriale, qui a porté à 26, le nombre de provinces du pays en lieu et place des 11 traditionnelles. Tout le Problème, est que les nouvelles entités décentralisées issues du démembrement des anciennes provinces, font face à plusieurs défis. Comme dans le Grand Kasaï, ces nouvelles provinces dans l’ensemble enclavées, faute d’infrastructures routières adéquates.

Outre le manque de routes de desserte agricole, pourtant principal facteur de développement à la base, les provinces sont confrontées au problème réel d’absence d’infrastructures sanitaires et scolaires. Les quelques rares que l’ont peut retrouver dans les principaux centres urbains, sont généralement dans un piteux état et sans équipements.

Evidement, des projets en cascade sont lancés pour essayer de relever l’énorme défi. Question de mobiliser les ressources nécessaires et de mettre beaucoup plus de sérieux dans la gestion leur gestion. Les moyens étant limités, la sagesse conseille d’établir une échelle des priorités pour plus d’efficacité et d’efficience dans les actions à mener.

Si dans le Grand Kasaï, à Mbuji-Mayi principalement, le président Félix Tshisekedi a promis la relance des activités de la Mine de Bakwanga (MIBA), symbole de la province du Kasaï-Oriental, les provinces à vocation agricole, en plus de la construction des routes de desserte agricole, appellent très vivement à la réhabilitation progressive de leurs anciens domaines, considérés non sans raison, comme la plaque tournante de leurs économies. Il s’agit, par exemple, des très célèbres Plantations Lever au Zaïre (PLZ) dans l’ex-province du Bandundu, de la plantation de la vaste vallée de la rivière Nempoko dans l’actuelle province du Haut-Uélé, de la plantation d’Hévéas dans la même province…pour ne citer que ces deux provinces.

A priori, il n’existe aucune province de la RD Congo qui soit pauvre au premier degré de l’expression. Toutes ont chacune, leurs potentiel économique à exploiter et a faire valoir. Le plus grand handicap est la conception collective qui limite les richesses aux seules minerais ou pierres précieuses. Pourtant, l’expérience d’ailleurs renseigne, à suffisance, que le secteur primaire a fortement contribué à l’essor économique de plusieurs nations. Par secteur primaire, il faut comprendre l’exploitation forestière dans toute son extension.

Tout bien considéré, le Chef de l’Etat qui est rentré hier à Kinshasa, n’a que cette année pour relever les multiples défis qu’il vus en live lors de sa tournée dans le Grand Kasaï. 2023 étant l’année électorale. Le temps n’étant souvent pas le meilleur allié des gestionnaires, il serait prétentieux de dire que les multiples attentes des Congolais doivent trouver toutes leurs réponses au cours de cette dernière ou avant dernière année du quinquennat finissant du successeur de Joseph Kabila. Mais cela n’empêche pas de commencer quelque part pour redonner tant soit peu, une lueur d’espoir de vie normale à ces millions de Congolais désespérés.

Grevisse KABREL
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