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A la veille du discours de clarification ou de fixation (c’est selon) du chef de l’Etat, la tension ne cesse de monter au sein des parties à la coalition au pouvoir. Les sorties publiques du Fcc et du Cach, particulièrement l’Udps, se multiplient de part et d’autre sur fond d’invectives et de menaces de mort à l’endroit des leaders respectifs de la coalition. Qu’est-ce qui va se passer au lendemain de l’adresse du président Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la nation ? Survie de la coalition ? Nouvelle majorité parlementaire avec ou sans dissolution de l’Assemblée nationale ? L’opinion se perd en conjectures. C’est la fièvre de l’attente.

Le doute. Voilà le maitre mot qui est sur toutes les lèvres depuis que le Fcc et l’Udps (Cach) ont choisi de s’affronter sans relâche.

Devenus belligérants ou protagonistes à seulement quelques mois de la mise en œuvre de leur deal, d’aucuns se demandent sur l’avenir de la République Démocratique du Congo après des élections que l’on croyait mettre fin à la crise de légitimité au sommet de l’Etat. Depuis 2019, nombreux sont les observateurs qui ont l’impression que le pays tourne au ralenti à défaut de faire du sur place. Quel est le fond du problème ?

Sans aller par quatre chemins, il s’agit essentiellement du manque de sincérité entre le Fcc et le Cach après avoir accepté de convoler en justes noces au vu des résultats des élections de 2018. Les couacs entre les deux alliés sont apparus dès les premiers mois. Le gouvernement de coalition a vu le jour après plusieurs mois de discussions privant le pays du fonctionnement normal des institutions.

Les analystes ne sont pas surpris du tout de la crise qui sévit aujourd’hui. Selon ces derniers, un édifice ne peut pas résister longtemps aux intempéries du moment qu’il repose sur de fonds non solides.

Dans le cas d’espèce, le Fcc et le Cach ont accepté de diriger ensemble la Rd-Congo alors que tout les séparait. Ils se sont illustrés par l’incompatibilité d’approches relativement à la gouvernance politique. Hypocrisie, faux fuyants, suspicion mutuelle ont persisté jusqu’au constat inévitable de la crise fait par le chef de l’Etat dans son discours du 2 novembre 2020. Prenant le peuple congolais à témoin, Fatshi avait tout de suite annoncé des consultations nationales lesquelles devraient déboucher sur la constitution d’une Union sacrée de la nation.

Un concept qu’il devra expliciter dans les jours qui viennent à l’occasion de sa nouvelle adresse faisant office de nouvel an pour la marche de la république. La question fondamentale reste celle de savoir si les propositions ou décisions que Fatshi rendra publiques très prochainement pourront résorber la crise actuelle et permettre au pays de se remettre sur les rails.

D’ores et déjà, le Fcc a rejeté les consultations, les qualifiant de démarche en violation de la Constitution et de l’accord secret qui lierait les deux partenaires à la coalition. Il a proposé à la place un dialogue dans le cadre des institutions, et surtout de l’accord.

Du coup, il n’en acceptera pas les conclusions. Il serait peut-être trop tôt d’insinuer un saut dans le néant mais au vu de l’escalade verbale et autres menaces non voilées que se profèrent le Fcc et le Cach sous le couvert de l’Udps, il y aurait lieu de parler d’un saut périlleux que pourrait faire Fatshi en prenant le taureau par les cornes. N’est-il pas le garant de la nation ? Son discours, il en est conscient, sera un engagement devant la nation et le monde.

Bien plus, il s’agira d’une lourde responsabilité en rapport avec l’avenir d’un pays qui peine toujours à retrouver, de manière durable, le chemin de la démocratie, de la restauration de l’Etat de droit et de la mise du bien-être de la population au centre de l’action gouvernementale. Dans la foulée, le chef de l’Etat devra aussi dans discours rassurer tous les voisins et les autres partenaires internationaux sur les aspects sécuritaires et économiques tous azimuts.

Nyota / MCP

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